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Elle s’appelait Sarah (2010) Gilles Paquet-Brenner

par Neil 22 Octobre 2010, 05:14 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 13 octobre 2010
Genre : mémoire occultée
Durée : 1h51
Scénario : Serge Joncour, d’après l’œuvre de Tatiana de Rosnay
Directeur de la photographie : Pascal Ridao
Compositeur : Max Richter
Avec Kristin Scott-Thomas (Julia Jarmond) Niels Arestrup (Jules Dufaure), Mélusine Mayance (Sarah), Frédéric Pierrot (Bertrand Tezac), Dominique Frot (Geneviève Dufaure), Michel Duchaussoy (Edouard Tezac)…

Synopsis : Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv. En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942. Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial. (allocine)

Mon avis : La résilience et le devoir de mémoire

Signe des temps qui changent, tout du moins peut-on l‘espérer, la France se met de plus en plus à fouiller les plus sombres heures de son histoire. Avec Rachid Bouchareb ce sont les liens franco-algériens qui sont questionnés quand il évoque la participation, aux côtés des français, des algériens à la Seconde guerre mondiale dans Indigènes. Mais l’’attitude de la France et des dirigeants de l’époque, c’est aussi une collaboration, fut-elle passive, avec les autorités allemandes. Il faut d’ailleurs attendre le discours de Jacques Chirac du 16 juillet 1995 pour que soit officiellement reconnus responsables les instances de l’État d’alors, notamment au cours de la rafle du Vel d’Hiv. Plus de dix ans plus tard sortent les premiers films évoquant frontalement cet événement avec La rafle (dont la qualité artistique fut âprement discutée) et Elle s’appelait Sarah.

Sarah et son petit frère Michel jouent dans leur chambre quand la police vient les chercher avec leur mère en cet été 1942. La petite fille parvient à cacher son frère dans un placard, prenant soin de fermer à clé pour que personne ne le trouve. Plus de soixante ans plus tard, Julia Jarmond, journaliste américaine habitant en France emménage dans le marais avec son mari et sa fille. Après avoir visité l’appartement de famille appartenant à son mari, elle rend visite à la grand-mère de celui-ci, hospitalisée, qui lui fait part des circonstances durant lesquelles elle a acquis ce logement, durant la guerre.

Avec le nombre de films ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale, il est difficile de se renouveler. L’option prise par Gilles Paquet-Brenner dans Elle s’appelait Sarah est audacieuse : filmer en parallèle des scènes d’époque et des scènes se déroulant de nos jours. Le résultat n’est pas toujours concluant, et les transitions sont un peu lourdes. Cependant, une fois le cadre installé, le réalisateur réussit à nous captiver avec les deux histoires reliées par un fil conducteur. La charge émotionnelle apportée dans l’histoire de Sarah n’est pas appuyé et possède le mérite, avec des scènes chocs mais jamais tape-à-l’œil, de traiter un sujet potentiellement larmoyant avec délicatesse et pudeur. L’intrigue contemporaine n’est pourtant pas négligée et l’on suit avec intérêt (certes moindre) les problématiques auxquelles est confrontée Julia.

Ce sont véritablement deux histoires de vie qui nous sont narrées dans Elle s‘appelait Sarah. Et c’est l’atout du film que de prendre la grande Histoire par le bout de la lorgnette, la vie de Sarah devenant un symbole des existences d’alors et apportant un écho aux préoccupations de Julia. Quelquefois, le propos est un peu trop appuyé et les ficelles sont trop grosses (notamment avec la rencontre du fils de Sarah), mais les acteurs réussissent à donner chair à ces fragments d’humanités. Kristin Scott-Thomas est en particulier impériale, touchante et sincère dans un rôle de femme courage qui prend pour certains un peu trop les choses à cœur. Les seconds rôles comme Dominique Frot ou Michel Duchaussoy interprètent également très bien ces personnages hantés par un passé douloureux. Le film mérite d’aborder la résilience et le devoir de mémoire sans être trop pédagogique ni mièvre, mais assez juste.

Ma note : **

Elle s’appelait Sarah (2010) Gilles Paquet-Brenner
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commentaires

D&D 04/12/2010 02:56


Pas été tenté. Tu dois d'ailleurs me permettre ma première lecture sur ce film. Un jour, sans doute, ne serait-ce que pour KST. Je ne sais pas lui résister non plus ;-)


Neil 04/12/2010 19:59



Il faut dire qu'elle est assez irresistible, la reine Kristin... :)



dasola 22/10/2010 17:29


Bonsoir Neil, j'ai trouvé ce film honnête et modeste. La partie "1942 et après" est à mon avis plus réussie. Je recommande ce film où tous les acteurs sont bien. Bonne soirée.


Neil 22/10/2010 23:23



Tout à fait : honnête est le mot approprié je trouve aussi. Le film a beau avoir été dézingué au Masque et la plume, je continue de penser qu'ils ont été un peu durs à son égard... pour
encenser The social network qui plus est, que je n'ai pas aimé.



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