Partager l'article ! Et maintenant on va où ? (2011) Nadine Labaki: Fiche technique Film libanais Titre original : Ou Halla La Weyn ? Date de sortie ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film libanais
Titre original : Ou Halla La Weyn ?
Date de sortie : 14 septembre 2011
Genre : guerre des nerfs
Durée : 1h50
Scénario : Jihad Hojeily et Rodney Al Haddad
Image : Christophe Offenstein
Musique : Khaled Mouzanar
Avec Nadine Labaki (Amale), Claude Msawbaa (Takla), Leyla Fouad (Afaf), Antoinette El-Noufaily (Saydeh), Yvonne Maalouf
(Yvonne), Julian Farhat (Rabih)…
Synopsis : Sur le chemin qui mène au cimetière du village,
une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d’autres une croix, mais
toutes partagent le même deuil, conséquence d’une guerre funeste et inutile. (allocine)
Mon avis : La paix est déclarée
Avec Et maintenant on va où ?, la réalisatrice Nadine Labaki réalise son deuxième long-métrage.
J’avais beaucoup aimé son premier, Caramel, qui avait pour cadre un institut de beauté à Beyrouth. Il faut dire qu’ayant des origines libanaises, je suis assez sensible à
l’ambiance qui se dégage de ces films. En même temps, on ne peut pas dire que le cinéma libanais soit copieusement représenté sur la scène internationale. Voir donc éclore une femme réalisatrice
qui évoque dans ses films des histoires se déroulant dans le pays des cèdres ne peut que me réjouir. Le ton qu’elle adopte est d’ailleurs assez frais : sans briller par leur mise en scène, ses
films décrivent des situations originales et pittoresques qui rendent compte de façon pertinente de cet environnement moyen-oriental.
Un groupe de femmes toutes de noir vêtu se dirigent d‘un même pas cadencé vers un cimetière. Elles se séparent alors et vont
fleurir les tombes de leurs maris ou de leurs fils, des deux côtés du cimetière, l’un chrétien l’autre musulman. Dans le village, les hommes préparent le grand évènement qui va les faire entrer
dans le 21ème siècle : à cette occasion la seule télé disponible va être mise à contribution. On cherche alors le meilleur emplacement pour l’installer de façon artisanale. Le soir venu, chacun
s’habille sur son 31 et la foule bigarrée se mélange. Tous se connaissent et se taquinent, le maire du village remercie les représentants religieux des deux confessions et le berger dont la
chèvre morte sur un éclat de mine participe au festin d’un soir.
Un climat léger derrière un propos sérieux, voilà la marque de fabrique de Et maintenant on va ou ?. L’humour
transparait dans de nombreuses scènes où se côtoient diverses figures très typiques. Et comme dans son premier film, Nadine Labaki réussit très bien ce savant mélange de dérision et
d’attachement envers ses personnages. Pour bien connaître ce milieu oriental, j’ai reconnu quelques figures, en particulier féminines, qui en font partie et sont parfaitement campées. Les
solutions originales que trouvent ces femmes finalement assez courageuses pimentent d'ailleurs habilement le récit. Car au final le discours de la réalisatrice est peut-être une tautologie, mais
ne faut-il pas de temps en temps enfoncer des portes ouvertes : ce sont les femmes de ces pays les victimes premières des affrontements masculins, et souvent elles constituent la clé de voûte de
ces sociétés trop souvent machistes.
Alors on peut reprocher à Et maintenant on va où ? de ne pas faire dans la dentelle. Le discours œcuménique
est banal et la réalisation n’est il faut bien l’avouer pas très soignée. Les archétypes sont nombreux, on est plus en présence de plusieurs scénettes quelquefois très drôles d’autres un peu
moins. Nadine Labaki se donne le beau rôle, agrémentant le film d’une histoire d’amour qui n’est pas nécessaire et qui occasionne quelques scènes chantées dispensables. C’est vrai, et
c’est dommage car plusieurs des scènes du film sont fortes, tant dans l’humour que dans l’émotion. La scène d’introduction frappe les esprits, les dialogues sont souvent savoureux (il faut avouer
que la faconde orientale m’est familière). C’est un film engagé, même s’il n’est pas très fin ni original dans son propos, qui mérite d’exister.
Ma note : **
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