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Guerre et amour (1975) Woody Allen

par Neil 13 Juillet 2013, 05:58 1970's

Guerre_Amour.jpgFiche technique
Film américain
Titre original : Love and death
Date de sortie : 10 septembre 1975
Durée : 1h25
Genre : littérature revisitée
Scénario : Woody Allen
Image : Ghislain Cloquet
Musique : Sergei Prokofiev
Avec Woody Allen (Boris Grushenko), Diane Keaton (Sonja), Georges Adet (Old Nehamkin), Olga Georges-Picot (la comtesse Alexandrovna), Féodor Atkine (Mikhail Grushenko), Jessica Harper (Natasha)...


Résumé: Les tribulations comiques et les angoisses métaphysiques de Boris Grouchenko, un pacifiste plongé dans la campagne de Russie. (allocine)

Mon avis
: guerres napoléoniennes et adaptation décalée

Lorsqu’il réalise Guerre et amour, Woody Allen est à un tournant de sa carrière. Il a rencontré depuis peu Diane Keaton, avec qui il vient de sortir Woody et les robots. Il se lance avec elle dans ce quatrième et dernier film à sketch où il revisite le répertoire artistique russe. Car même si le film représente dès son titre une adaptation de Guerre et paix, on sent que ce qui intéresse le cinéaste est plus l’humour provoqué par ses gags qu’une interprétation stricto sensu de l’œuvre de Tolstoï. Après ce film, Woody accédera à une toute autre notoriété, à la fois publique et critique, avec en particulier Annie Hall, et il va peu à peu mettre de côté sa veine purement burlesque, même s’il gardera dans tous ses film son humour décalé et ses personnages loufoques. Reste qu’une page est en train de se tourner.

Amoureux transi de sa cousine Sonja, Boris est consterné d’apprendre qu’elle a reçu deux demandes de mariage : l’une d’un vieillard de 80 ans et l’autre d’un marchand de poissons. La guerre de Russie éclate et malgré lui Boris se trouve obligé d’y participer. C’est le moment que choisit Sonja pour annoncer qu’elle a choisi d’épouser le vieillard. Mais celui-ci, à cette annonce, succombe à une crise cardiaque.  Contre mauvaise fortune bon cœur, la jeune femme décide alors de se marier au riche marchand de harengs. Envoyé sur le front, Boris se fait houspiller par l’instructeur en chef pour ses piteuses capacités et se retrouve vite en plein cœur de l’action. Sa couardise le pousse à se réfugier dans la première cachette qu’il trouve : c’est un canon, et il va bientôt être propulsé par mégarde dans le camp adverse.

Une multitude de références peuplent Guerre et amour. Tout d’abord l’œuvre de Tolstoï, dont le film de Woody Allen reprend l’ossature du récit et les personnages principaux, pour mieux les détourner. Le réalisateur fait également appel aux grandes figures artistiques de la Russie du XXème siècle, comme Sergueï Eisenstein à qui il emprunte le thème musical d’Alexandre Nevski et dont il parodie une séquence du Cuirassée Potemkine. Car il ne s’en est jamais caché, Woody Allen aime à utiliser l'intertextualité, et il continuera à le faire tout au long de sa carrière. C’est ici réalisé peut-être de manière moins déguisée mais tout aussi jouissive, et avec à-propos. Il se permet également de jouer, de façon ludique et anachronique avec quelques figures fortes de l’Histoire, mettant ici en scène un Napoléon pathétique.

Les dialogues de Guerre et amour sont excellent. Woody Allen utilise ici son talent pour le stand-up afin de ciseler quelques perles qui émaillent le film scène après scène. Risquant parfois le catalogue de bons mots, les répliques sont cependant assénées de manière rythmée et font souvent mouche. On appréciera en particulier la manière dont il les utilise afin de tourner en dérision l’âme russe et leur romantisme, qui porte ici les protagoniste vers des comportements outranciers irrésistibles. Il est aidé en cela d’une Diane Keaton très en forme, donnant à sa Sonja une dimension grotesque presque malgré elle. On sent l’influence des comiques américains tels que les Marx brothers ou bien Bob Hope, tout comme certaines figures mythiques du muet. Le film n’en reste pas moins la patte de son auteur, sans doute un des meilleurs de sa première partie de carrière.

Ma note : ***

commentaires

troie 17/03/2014 11:56


Je ne savais pas que Jessica Harper avait joué dans ce film, j'aime beaucoup cette actrice, surtout dans Phantom of the paradise, le film dans lequel je l'avais découvert :)

Neil 18/03/2014 21:02



Si, si. Et l'année d'après elle tournait dans Supira, où elle était magnifique.



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