Mardi 5 avril 2011 2 05 /04 /Avr /2011 06:25

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Fiche technique
Film sud-coréen
Date de sortie : 16 mars 2011
Genre : histoires d’amour(s)
Durée : 1h56
Scénario : Hong Sangsoo
Image : Park Hong-yeol
Musique : Jeong Yong-jin
Avec Kim Sang-kyung (Jo Mun-kyung), Moon So-ri (Wang Seon-gok), Jun-Sang Yu (Bang Jung-shik), Ye Ji-won (An Yeon-ju), Kim Kang-woo (Kang Jeon-gho), Kim Gyu-ri (No Jeong-wa)…

Synopsis : Un réalisateur coréen émigré au Canada revient en Corée du Sud et rencontre un ami critique de cinéma. Ils rencontrent une jeune femme... (allocine)

Mon avis : Deux hommes coréens

La pauvreté de ma connaissance du cinéma coréen est encore une fois mise à nue. Quand j’ai entendu parler de Ha ha ha, j’étais persuadé qu’il était réalisé par Im Sang-soo. Je me disais que le réalisateur de The housemaid (film qui fut l’occasion pour moi de découvrir sur le tard ce réalisateur) était bien productif. Que nenni : Ha ha ha est le dernier opus de Hong Sangsoo, dont je n’avais pour l’instant vu aucun des films. Pourtant j’avais bien entendu parler de son Conte de cinéma ou bien de sa Woman on the beach. Décidément, la nouvelle vague sud-coréenne me réserve bien des surprises.

Jo Mun-kyung va bientôt partir de Corée pour aller s‘installer au Canada. Avant son départ, il retrouve son ami Bang Jung-shik pour boire quelques verre. Les deux amis se racontent le voyage qu’ils ont chacun fait dans la même ville balnéaire. Jo, cinéaste, y est allé pour dire au-revoir à sa mère. Il y rencontre une jeune guide touristique et décide de la séduire. Bang, quant à lui, s’est rendu à Tongyeong avec sa maîtresse. Il a toutefois quelques scrupules à la présenter à ses amis, culpabilisant d’avoir délaissé sa femme et sa petite fille.

Le schéma narratif de Ha ha ha est assez intéressant. Les histoires de mœurs des deux protagonistes nous sont racontées à travers quelques saynètes imbriquées les unes aux autres. On passe de l’une à l’autre des histoires grâce à quelques « santé » ou « à la tienne » qui ponctuent le récit de manière amusante. Si ce procédé a tendance à perdre le spectateur, surtout au début où les personnages ne sont présentés que brièvement, il a le mérite de l’originalité et d’apporter une certaine fraîcheur. Le ton est d’ailleurs badin, on rit souvent des anecdotes souvent pittoresques qui nous racontées, même si la plupart du temps elle n’apportent pas grand-chose à l’histoire.

Il faut dire que l’histoire en elle-même de Ha ha ha n’a rien de bien original. Hong Sangsoo se situe ici dans la droite ligne des réalisateurs de la nouvelle vague française qui l’ont inspiré. On le qualifie souvent d’Eric Rohmer coréen et ce qualificatif n’est pas volé. Si il  n’atteint pas la légèreté et la grâce des meilleurs œuvres du réalisateur, son film se laisse voir avec plaisir et réussit à nous peindre le portrait d’une Corée moderne, actuelle. Les relations entre les hommes et les femmes et la psychologie des personnages sont finement analysés, les acteurs arrivent à nous attacher à des personnages complexes et pas forcément aimables au premier abord. Sans être un choc cinématographique, Ha ha ha est un film intéressant.

Ma note : **

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