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Habemus Papam (2011) Nanni Moretti

par Neil 23 Août 2011, 05:15 Avant-Première

Habemus_Papam.jpg
Fiche technique
Film italien
Date de sortie : 7 septembre 2011
Genre : crise existentielle
Durée : 1h43
Scénario : Franceso Piccolo et Federica Pontremoli
Image : Alessandro Pesci
Musique : Franco Piersanti
Avec Michel Piccoli (Le Pape), Nanni Moretti (Le psychanalyste), Jerzy Stuhr (Le porte-parole), Renato Scarpa (Cardinal Gregori), Franco Graziosi (Cardianl Bollati), Margherita Buy (La psychanalyste)…

Synopsis : Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité.

Mon avis : Crise de foi et doutes salutaires

En voyant Habemus Papam, je me suis souvenu d‘une blague d‘enfance. « Le Pape est mort : un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée, quel drôle de nom pour un Pape, pourquoi pas libellule ou papillon ? ». Eh oui, pourquoi pas d’ailleurs : le souverain pontife est un être humain, et il peut sembler tout à fait légitime de sa part de ne pas vouloir s’assigner au rôle que tous voudraient lui faire porter. C’est sur ce postulat que Nanni Moretti est parti pour développer son film, qui se veut non pas une féroce critique de l’institution vaticane mais plutôt une parabole sur l’humanité, tout en restant une comédie absolument savoureuse.

Une foule se masse sur la place Saint-Pierre du Vatican : le Pape vient tout juste de mourir. Ses obsèques à peine terminées, une centaine de cardinaux venus du monde entier partent se réunir en Conclave dans la Chapelle Sixtine pour élire son successeur. De nombreux journalistes sont là pour immortaliser l’évènement, et l’un d’entre eux tente d’apostropher les cardinaux pour leur soutirer des informations. C’est peine perdue : le porte-parole du Vatican s’interpose et signifie au journaliste qu’ils sont tous tenus au silence. Le lieu sacré ne pourra pas être filme, même en plan large. Les cardinaux se réunissent ensemble et commencent à voter en leur âme et conscience pour désigner le futur guide de la religion catholique.

Un humour dévastateur emplit la première partie d‘Habemus Papam. De nombreux gags ponctuent l’élection, dont une panne de courant tout à fait délicieuse et cette idée géniale de nous montrer chacun des cardinaux terrifié à l’idée d’être potentiellement choisi par ses comparses. Puis Nanni Moretti nous offre une très bonne idée de scénario : faire entrer au Vatican un psychanalyste, ennemi désigné de la religion, et laisser sortir ce futur Pape encore inconnu pour le faire évoluer dans un environnement extérieur qu’il ne maîtrise plus depuis fort longtemps. On est ainsi balloté entre un confinement sacré, que le réalisateur détourne à des fins humoristiques (les scènes du tournoi de volley-ball sont charmantes), et la ville de Rome montrée sous le regard ébloui d’un jeune premier plus tout à fait pimpant mais débordant d‘envies.

Et c‘est là qu‘Habemus Papam révèle sa symbolique. Le vieil homme absolument terrifié à l’idée d’endosser une charge si lourde se rend tout d’un coup compte de ce dont il est passé à côté, et retrouve les désirs qui ont baigné sa jeunesse. Le film pourrait ainsi prendre pour personnage principal n’importe quel homme de puissance soudain accablé par son statut. L’interprétation de Michel Piccoli est ici absolument prodigieuse, l’acteur de 85 ans se montrant profondément humain, pétrifié de peur au début puis mutin quand il redécouvre les joies du théâtre qu’il a tant aimé. Le film de Nanni Moretti ne manque pas d’égratigner les rituels catholiques ou les pratiques de la psychanalyse, sans toutefois se montrer virulent envers l’une ou envers l’autre. Le film est ainsi drôle et subtil, jamais méchant mais débordant de vie, paradoxalement.

Ma note : ****

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commentaires

Eeguab 01/11/2011 20:28



Remarquable mais j'aime tant Nanni Moretti...Et ce trublion de Nanni n'oublie jamais la tendresse.Je vais le commenter plus longuement prochainement.



Neil 08/11/2011 18:12



Ah intéressant, j'irai voir quand j'aurai plus reconnecté avec la blogosphère...



D&D 31/10/2011 11:30



Tiens, je viens juste de le revoir lui. J'ai encore plus aimé que la première fois... et la première fois, ça ressemblait bien à ce que tu décris déjà ici :-)



Neil 08/11/2011 18:09



Je ne l'ai vu qu'une fois mais il m'a comme tu as pu le lire assez fortment marqué. :)



Bastien 17/09/2011 16:54



Une fois n'est pas coutume, je ne suis pas vraiment d'accord avec toi ^^ en fait je rejoins plutôt Squizz : décevant et un peu à côté de la plaque. Je viens de poster mon avis sur mon blog, qui
reprend vie après 2 mois de pause (travail scolaire oblige). Tu y trouveras plus de détails mais dans l'ensemble, je trouve que Moretti se perd un peu dans son traitement d'une idée de base somme
toute géniale. Et pas spécialement convaincu par Piccoli j'avoue, mais là je pense être le seul.



Neil 18/09/2011 21:20



Bon retour alors ! Je vais aller lire ça. En tout cas sur Piccoli je suis bluffé, moi sa prestation toute en finesse m'a absolument convaincu.



Christophe 16/09/2011 22:43



Comme tu le devines, je ne peux qu'être d'accord avec toi... Et c'est vrai que Moretti est génial en psychanalyste ! Un des trois grands films de ce dernier mois, avec Melancholia et La guerre
est déclarée !



Neil 17/09/2011 11:00



Mais je suis entièrement d'accord avec toi, y compris pour le classement que tu mentionnes. J'y ajouterais La piel que habito, Les bien aimés et
Restless (qui sort mercredi).



Squizzz 16/09/2011 21:45



C'est rare, mais là, je suis en total désaccord avec toi. J'ai trouvé le film plat. Le Pape est un homme comme les autres, oui d'accord, mais on le savait déjà avant. Après Moretti meuble comme
il peut sur son postulat de départ. L'humour n'est pas spécialement bien amené (à part quelque fois) car trop déconnecté de l'histoire. Grand moment d'ennui pour moi, heureusement qu'il y avait
Piccoli pour donner un peu de force à l'ensemble.



Neil 16/09/2011 21:54



Ah tiens c'est marrant ça. Je ne me suis pas ennuyé une seconde, et j'ai beaucoup ri. Comme quoi, on ne peut pas être d'accord sur tout (et heuresuement d'ailleurs).



Tching 14/09/2011 23:50



Une sacré belle surprise ; tout est maîtrisé, drôle, et surtout très réfléchi, sans jamais tomber dans l'intellectualisme. Du coup, de beaux sujets abordés - critique du pouvoir "à l'envers", de
la psychanalyse, de la fiction aussi - mais de manière légère, décalée... J'ai trouvé ça non seulement pertinent, mais adorable.



Neil 16/09/2011 09:45



Oui, exactement : c'est intelligent sans être trop intello, et très bien réalisé. De l'humour, du décalage, quelques critiques bien senties : j'adhère.



Marcozeblog 12/09/2011 14:45



Je ne suis pas aussi enthousiaste que toi. Je sors de la séance et il faut que ça murisse . Seule chose :
Piccoli mériterait le prix d'interprétation masculine au festival d'été.



Neil 12/09/2011 22:11



C'est un film qui ne s'apprivoise pas forcément tout de suite. Mais c'est clair que Piccoli y est excellent.



Thomas Grascoeur 11/09/2011 19:01



Beaucoup aimé !



Neil 12/09/2011 22:10



Ah, voilà qui me fait plaisir :)



bahri nohad 09/09/2011 18:27



 


désolée, ai vu le film, très beau scénorio, belle interprétation, mais décevant à l'arrivée, très décousu! ça aurait pu être un grand film, comme les moines de tibéri...



Neil 09/09/2011 22:12



Ah mais pas de souci. Le film n'a pas la force émotionnelle de certains autres, c'est vrai.



Vincent 08/09/2011 13:53



Mouais pas mal, bonne analyse, mais venant de Moretti, c'est gentil voire niais. Le Vatican et la Chappelle Sixtine, pour les avoir visité pas plus tard que ya 10 jours, sont affreusement mal
filmé.



Neil 08/09/2011 23:14



J'ai découvert comme toi le Vatican et la Sixtine il y a peu, et effectivement ils ne sont pas mis en valeur dans le film. C'est tout de même intéressant de voir évoluer les
personnages dans des lieux si célèbres, qui les laisse pourtant indifférents.



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