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Happy few (2009) Anthony Cordier

par Neil 28 Septembre 2010, 06:38 2010's

Happy_few.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 15 septembre 2010
Genre : libertés sexuelles
Durée : 1h43
Scénario : Julie Peyr
Directeur de la photographie : Nicolas Gaurin
Musique : Frédéric Verrières
Avec Marina Foïs (Rachel), Nicolas Duvauchelle (Vincent), Roschdy Zem (Franck), Elodie Bouchez (Teri), Jean-François Stévenin (Le père de Rachel), Alexia Strési (Diane)…

Synopsis  : Lorsqu’elle rencontre Vincent, Rachel est séduite par son franc-parler et décide d’organiser un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les deux couples ont à peine le temps de devenir amis qu’ils tombent presque aussitôt amoureux. Sans l’avoir cherché, spontanément, les nouveaux amants deviennent inséparables. (allocine)

Mon avis : L’amour physique est-il sans issu ?

Le premier film d‘Anthony Cordier était une belle surprise. Douches froides avait su capter l’essence de l’adolescence, où les corps changent et les identités se cherchent. Cinq ans plus tard, Happy few explore une fois encore les codes de la sensualité mais ici les personnages ne sont plus les mêmes. Aux adolescents tourmentés succèdent des adultes qui portent derrière eux des bagages parfois lourds à porter, des enfants, une vie. Ils sont eux aussi dans une recherche, mais celle-ci est différente : s’ils sont aussi innocents que les adolescents, leur quête est à la fois plus profonde et plus fragile.

Petite main dans une société fabriquant des bijoux, Rachel voit pour la première fois Vincent qui lui présente ce qu‘il a imaginé pour leur site Internet. Séduite et intrigué par ce jeune homme pourtant déjà marié et père de deux enfants, elle lui propose de venir dîner avec sa femme Teri avec elle et son mari Franck. La complicité opère immédiatement entre les quatre amis, et sans trop savoir ce qui se passe ils vont chacun se retrouver à embrasser le conjoint de l’autre. Ainsi spontanément se créé une relation à quatre où les couples se mélangent : Rachel et Vincent, Franck et Teri… ils se laissent aller à cette nouvelle forme de sensualité.

Une des chose les plus intéressantes de Happy few, ce sont des moments volés, des scènes, suspendues. En fait, Anthony Cordier est surtout un cinéaste de l’instantané. Il aime saisir ces petites scènes de la vie qui font basculer le quotidien, il croque des instants forts en intensité et cinématographiquement saisissants. Quelques scènes retiennent particulièrement l’attention : des corps roulants dans la farine, la visite enchantée d’un verger, une danse de portables et de bruits… tous ces petits moments qui pimentent le quotidien, qui rassurent en temps de blues et qui coupent la monotonie des couples. Malheureusement entre ces scènes, le vide a tendance à s’insinuer trop vite.

Et pourtant le début de Happy few est très intéressant, et l‘idée de base que défend Anthony Cordier est tout à fait pertinente. La liberté sexuelle a-t-elle aujourd‘hui sa place, quarante ans après mai 68 ? Et la façon dont le réalisateur présente les choses est attrayante: ses personnages n‘ont pas choisi cette situation, c‘est un état de fait qui s‘impose à eux naturellement. Ce sont quatre êtres libre et beaux, qui vont essayer un choix de vie alternatif, en dehors des normes et des pressions sociales. Seulement, comme dans Douches froides, le film patine à mi chemin, comme si il avait épuisé son discours et devait tourner en rond. Les acteurs, tous très bons (tout particulièrement Marina Foïs qui démontre encore une fois qu’elle n’est pas qu’une comique, blonde de surcroit), n’arrivent pas à rendre des crédibles des personnages pas assez épais. Des petits défauts qui gâchent un peu un film qui avait pourtant du potentiel.

Ma note : 6/10

commentaires

D&D 09/11/2010 11:56


Ah oui, pour patiner, je trouve que ça patine :-)
Impression d'un film où il ne se passe rien en fait : exécution d'un théorème.
Les comédiens n'y sont pour rien, mais n'y peuvent rien, nécessairement.
C'est dommage, je trouve. Pas très envie de voir "Douches froides", du coup...


Neil 11/11/2010 09:33



C'est vrai que le film donne cette impression au final. Douches froides était peut-être plus intéressant, captant le moment de l'adolescence de façon assez juste...



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