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Her (2014) Spike Jonze

par Neil 15 Mars 2014, 06:14 Avant-Première

Her.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 19 mars 2014
Durée : 2h06
Genre : bluette numérique
Scénario : Spike Jonze
Image : Hoyte Van Hoytema
Musique : Owen Pallett
Avec Joaquin Phoenix (Theodore Twombly), Amy Adams (Amy), Chris Pratt (Paul) Rooney Mara (Catherine), Matt Lescher (Charles), Scarlett Johansson (Samantha)...

Résumé
 : Los Angeles, dans un futur proche. Theodore Twombly, un homme sensible au caractère complexe, est inconsolable suite à une rupture difficile. Il fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. En lançant le système, il fait la connaissance de « Samantha », une voix féminine intelligente, intuitive et étonnamment drôle.

Mon avis
: HAL 9000 s’est transformé en bombe sexuelle

La genèse de Her fait tout de même un peu flipper : c’est en découvrant il y a déjà dix ans une « messagerie instantanée générée par intelligence artificielle » que Spike Jonze a eu l’idée du film. Il s’y est connecté et est parvenu à avoir une conversation plus ou moins cohérente avec ce programme informatique. C’était à l’époque de son deuxième film, Adaptation, qui on peut le dire a fait un joli petit flop. Il faut dire que le réalisateur sortait, trois ans auparavant, de Dans la peau de John Malkovitch, qui avait eu un succès d’estime et public assez surprenant pour des nouveaux venus dans l’industrie cinématographique. Pour l’anecdote, le film a également consacré Charlie Kaufman, qui participera plus tard au scénario d’Eternal sunshine of the spotless mind, et qui s’est ensuite essayé à la mise en scène, sans grand succès il faut bien le dire.

Une journée de plus se passe dans la vie de Theodore
, à dicter à un ordinateur des lettres censées être manuscrites, qu’il élabore à la demande de clients divers et variés. À la fin de la journée, il rentre chez lui en écoutant ses messages électroniques puis passe sa soirée à jouer à des jeux vidéos élaborés. En se couchant, il se connecte à un chat vocal où il effectue une séance de sexe virtuel avec une inconnue. Soudain, celle-ci lui demande des trucs vraiment bizarres, ce qui coupe toute son excitation. Le lendemain il se promène dans un mall quand il voit une publicité intéractive vantant les mérites d’un logiciel d’inteligence artificielle permettant d’établir un contact intime avec son acquéreur. Curieux, il achète le programme informatique et l’installe sur son ordinateur. Lors de l’initialisation, il répond à des questions plus ou moins farfelues censées sonder sa personnalité.

J'ai l'impression que si j'avais vu Her il y a une dizaine d'année je l'aurais plus apprécié. Le film a l'air calibré pour ces jeunes gens qu'on appelle geek ou bien no life, et qui aime se bercer d'illusions. Son scénario est habile dans le sens où il ne pouvait arriver qu'à sa conclusion - une fin que l'on prévoit tout de suite en prenant un tant soit peu de recul par rapport à ce que l'on voit. C'est là tout le paradoxe du film, qu'on apprécie sans doute plus en étant complètement impliqué émotionnellement mais dont on peut d'autant mieux observer sa belle mécanique si l'on en est extérieur. Son absence d'originalité déçoit alors, tandis que la sincérité de son propos ne le rend que plus aimable. En effet, il ne se montre jamais putassier, ne dérivant ainsi jamais vers des fantaisies inutiles comme pourrait l’être par exemple l’incarnation charnelle de Samantha.

Le scénario de Her n'est d'ailleurs pas qu'une de ses qualités. La photographie est soignée et la mise en scène de Spike Jonze remarquable. On peut s'attarder sur ce dernier point tant le monde virtuel que le réalisateur nous offre est élaborée et néanmoins crédible. Si le futur qu'il imagine est d'une si grande tristesse c'est qu'elle renvoie à une réalité amplifiée de notre monde contemporain. Peut-être est-ce là la morale qu'il tente de nous faire parvenir, à quel point nous sommes dépendant des nouvelles technologies. Mais rien qu'en écrivant ces mots je me rends compte à la fois de leur banalité, de leur obsolescence et de leur acuité. C'est un peu ce qu'est le film, une jolie réflexion sur la société contemporaine, servie par
Joaquin Phoenix, soit un acteur de qualité, qu’on ne se lasse pas de voir évoluer au gré de ses diverses interprétations.

Ma note : **

commentaires

Leo M 10/12/2014 11:02

Au début, j’ai trouvé le film lent et bizarre, mais ensuite, je me suis accroché à l’histoire.

neil 10/12/2014 19:44

J'ai tout de même trouvé le film assez lent tout du long

Ygor Parizel 21/06/2014 12:49

Véritablement ébloui par ce film

neil 21/06/2014 13:18

J'avoue que je n'ai pas été séduit personnellement.

Lucas Grévois 07/05/2014 20:31

Bonjour,
J’ai vu ce titre au cinéma et je l’ai trouvé vraiment bien. Il n’est pas hors du commun pour moi, cependant je pense qu’il est capable de faire passer à la plupart des gens un bon moment.

neil 08/05/2014 08:42

Oui, le film fait passer un bon moment. Après, je trouve qu'on l'oublie très vite.

dasola 27/03/2014 07:24


Rebonjour Neil, le sujet du film ne me tente pas du tout. Je passe. Bonne journée.

Neil 27/03/2014 19:25



Rebonsoir Dasola, le sujet du film en lui-même clive un peu, c'est vrai... Bonne soirée



mymp 19/03/2014 11:44


Je veux voir une photo ! Moi j'ai eu une tête de geek, mais sans être geek. C'était dur !

Neil 19/03/2014 21:16



Ah bah moi j'avais pas une tête de geek mais j'écumais les tchats, jeux et autres forums à longueur de journée



mymp 18/03/2014 09:09


Tu ne le sais pas, Neil, mais je pense que tu es un geek qui s'ignore !

Neil 18/03/2014 21:03



Ah mais j'ai été un geek durant longtemps, mon cher mymp. Seulement je le ne suis plus. Au contraire d'autres peut-être ? ^^



тном ряи 15/03/2014 18:59


Intéressante critique :)

Neil 15/03/2014 18:59



Merci m'sieur :)



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