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House of boys (2010) Jean-Claude Schlim

par Neil 4 Novembre 2012, 06:30 Avant-Première

House BoysFiche technique
Film luxembourgeois
Date de sortie : 7 novembre 2012
Genre : amour tragique
Durée : 1h45
Scénario : Christian Thiry
Photographie : Jean-Louis Schuller et Carlo Thiel
Compositeur : Gast Waltzing
Avec Layke Anderson (Frank), Benn Northover (Jake), Eleanor David (Emma), Udo Kier (Madame), Stephen Fry (Dr. Marsh), Michael N. Kuehl (Christopher)…

Synopsis : Amsterdam, 1984. Frank a 18 ans et décide de quitter le domicile familial pour s'émanciper et vivre sa vie comme il l'entend. Pour survivre, il devient alors danseur dans le club "House Of Boys". Très vite, il noue une relation avec un autre danseur, Jake, un garçon mystérieux.

Mon avis : Chronique d'un amour dans les années SIDA

Comme beaucoup de premiers films, House of boys est un peu, voire beaucoup, autobiographique. Le réalisateur Jean-Claude Schlim est né au Luxembourg mais n'y est pas resté longtemps. Il a fait des études de cinéma à Paris pour s'orienter vers le journalisme puis la production cinématographique. Dans sa vie personnelle, il voit mourir son compagnon du SIDA en 1995 et ce choc l'a motivé à réaliser son premier long-métrage. Il désire mettre des images sur une maladie dont on parle vaguement, surtout en ce moment où les traitements évoluent mais où la prévention se relâche. Dire que le SIDA est un syndrome qui n'est pas anodin, et parler d'un temps que les moins de vingt ans n'ont pas connu, voilà un des arguments du film.

Vivant au Luxembourg, Frank a fait son coming-out et s'assume pleinement en tant qu'homosexuel. Mais cela ne va pas sans brimades quotidiennes, en particulier de la part de ses camarades de classe. Il décide donc de quitter son pays et d'aller avec sa meilleure amie vivre à Amsterdam. Là il y découvre une vie de fête et d'insouciance mais son amie d'enfance se lasse vite de ses extravagances et décide de le quitter. Sans abri, il erre dans la ville jusqu'à ce qu'il découvre House of boys, un club gay qui recherche un barman. Il y est engagé et se sent très vite adopté dans cet univers où se mêlent transformistes et strip-teaseurs, dont son compagnon de chambre, le beau Jake, un hétéro qui se prostitue à l'occasion et dont il tombe bien vite amoureux.

Nous sommes avec House of boys en présence d'un film gay qui revendique ce que d'aucuns nommeraient son communautarisme et qui agacera d'autres, ceux qui trouvent que tous les films gays sont tristes. Car ici encore nous avons une histoire qui se finit mal, aucun spoiler puisque le thème est annoncé d'entrée. Et pourtant le thème principal du film n'est développé qu'à la toute fin. Découpé en trois parties, le film développe d'une façon très classique son scénario. La première partie présente les personnages et l'intrigue, la deuxième partie, assez lumineuse, déroule une histoire d'amour qui se conclue de façon dramatique dans la troisième partie. C'est un peu démonstratif mais l'effet et garanti, et quand les images dures à l'hôpital nous sont montrées, l'émotion est au rendez-vous.

Seulement House of boys n'est pas exempt de défauts. Les interprètes sont des très jolis garçons mais n'ont pas un charisme formidable. L'acteur principal est un mannequin à l'origine, il a travaillé notamment avec Pierre et Gilles et ça se voit : on peut compter le nombre d'expressions de son doux visage. Évidemment Udo Kier est formidable et mère maquerelle sévère mais juste et on regrette de ne pas voir assez Stephen Fry. Le film possède également un côté démonstratif assez déplaisant à la longue : sous un déluge de violons franchement lassant, les images plus que significatives nous faisant partager les sentiments des personnages s'enchaînent. Reste que le film remplit son contrat, à savoir nous montrer les images d'une époque qu'il ne s'agit pas d'oublier, en des temps où la contamination du VIH ne faiblit pas.

Ma note : **

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