Howl (2012) Rob Epstein et Jeffrey Friedman

par Neil 21 Février 2012, 06:14 En salles

Howl.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 15 février 2012
Genre : fragments biographiques
Durée : 1h24
Scénario : Rob Epstein et Jeffrey Friedman
Image : Edward Lachman
Musique : Carter Burwell
Avec James Franco (Allen Ginsberg), Jon Prescott (Neal Cassidy), Aaron Tveit (Peter Orlovsky), David Strathairn (Ralph McIntosh), Jon Hamm (Jake Ehrlich), Mary-Louise Parker (Gail Potter)…

Synopsis : En 1957, l'éditeur du poète américain Allen Ginsberg est poursuivi en justice à la suite de la publication du poème "Howl" considéré comme obscène. Peu connu à l'époque, l'auteur devient rapidement un des personnages marquants de la contre-culture américaine.

Mon avis : Le choc des mots face à une morale sclérosante

Porté par Gus Van Sant, producteur du film, Howl est un pur produit des circuits indépendants américains. Ses réalisateurs Rop Epstein et Jeffrey Friedman avaient réalisé il y a quinze ans le très bon documentaire The celluloïd closet, qui évoque la façon dont le cinéma d’Hollywood traite de l’homosexualité. Ils prennent ici pour sujet principal la figure d’Allen Ginsberg, poète américain qui avec Howl, publié en 1956, a lancé tout le mouvement de la Beat Generation avec des auteurs tels que Jack Kerouac ou bien William S. Burrough, qu’on retrouve d’ailleurs dans le Drugstore Cowboy de Gus Van Sant. La boucle est bouclée, c’est tout un pan de la contre-culture américaine qui est ici étudiée.

Interviewé en 1957 par un journaliste, Allen Ginsberg évoque le procès qui s’est déroulé deux ans auparavant autour de la publication de son œuvre Howl. Ce qui est reproché à l’auteur américain Est-ce qui fait l’essence et le caractère subversif de son œuvre. La mauvaise réputation du recueil de poésie lui avait valu de se voir retiré de la vente pour obscénité, et  l’avocat de la partie civile entend apporter tous les témoignages nécessaires des plus éminents spécialistes en littérature pour prouver la légitimité d’une telle interdiction. Parallèlement nous suivons en pointillés la vie amoureuse et militante du poète, qui aimait faire des lectures de ses œuvres et a eu des relations amoureuses parfois compliquées.

Le sujet de Howl est absolument passionnant : la vie d’un artiste comme Allen Ginsberg, qui nourrit qui plus est son œuvre de façon évidente, mérite tout à fait qu’on s’y penche de plus près. La nécessité de parler de lui nous pousser à saluer le courage et l’ambition des deux réalisateurs du film. Ils prennent leur sujet à bras le corps et en toute sincérité, tout comme James Franco qui s’investit, après Harvey Milk, dans pas mal de projets à dominante homosexuelle. La manière dont le film évoque les années cinquante, une période où il ne fallait pas déroger des normes est très intéressante, et le message du film a également le mérite de ne pas qu’être gay-friendly, mais plus une condamnation, par le mécanisme de la dérision (excellent choix), de la censure sous toutes ses formes.

Malheureusement Howl est structurellement bancal. Le film a le cul entre deux chaises, voire même trois, et n’arrive jamais à faire un choix de narration. Quatre parties sont constamment mélangées : l’une en 1957 où le journaliste interviewe Allen Ginsberg, une en 1955 déroulant le procès de l’écrivain, une autre retraçant sa biographie et une dernière où certains de ses poèmes sont mis en images. Les quatre niveau de narration ne sont d’ailleurs pas tous d’une même qualité, les épisodes de procès étant classiques mais efficaces, l’illustration des poème, exercice courageux mais assez vain, n’est pas très convaincant. L’ensemble de toutes ses parties manque clairement de cohésion et si l’on peut légitimement se passionner par plusieurs des fragments du film il ne réussit malheureusement pas être totalement homogène, ce qui nuit à son visionnage.

Ma note : **

commentaires

ffred 21/02/2012


J'ai été totalement conquis ! J'ai adoré toutes les parties et spécialement la partie animée... Et puis James est si...beau...

Marcozeblog 23/02/2012


J'avais acheté mon billet pour La Désintégration et je suis passé devant la salle de Howl qui commencait à la même heure. J'ai combattu pendant 5 vraies minutes pour ne pas aller voir Howl.
Le "sujet" était tout de même plus séduisant ;-)

David T 24/02/2012


J'hésite encore à aller le voir. Et ça ne m'aide pas que le fiml soit seulement visible au mk2 Beaubourg que je goûte peu...

Haut de page

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog