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Hunger (2008) Steve McQueen

par Neil 26 Mai 2013, 05:49 2000's

Hunger.jpgFiche technique
Film irlandais
Date de sortie : 26 novembre 2008
Durée : 1h40
Genre : prisonniers politiques
Scénario : Enda Walsh
Image : Sean Bobbitt
Musique : David Holmes et Leo Abrahams
Avec Michael Fassbender (Bobby Sands), Stuart Graham (Raymond Lohan), Laine Megaw (l'épouse de Raymond), Brian Milligan (Davey Gillen), Liam Cunningham (Dominic Moran), Karen Hassan (la petite amie de Gerry)...

Résumé
: Prison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Raymond Lohan est surveillant, affecté au sinistre Quartier H, celui des prisonniers politiques de l'IRA qui ont entamé le "Blanket and No-Wash Protest" pour témoigner leur colère. Le jeune Davey Gillen, refuse de porter l'uniforme car il ne se considère pas comme un criminel de droit commun. Rejoignant le mouvement du Blanket Protest, il partage une cellule répugnante avec Gerry Campbell. (allocine)

Mon avis
: droits bafoués et honneur à gagner

Pour Hunger, le réalisateur Steve McQueen a obtenu la caméra d'or aufestival de Cannes en 2008. Originaire de l'univers de l'art contemporain, où il a réalisé quelques installations vidéo prestigieuses, une chaîne de télévision britannique lui propose de réaliser un long-métrage, et il choisit alors comme thème l'épisode marquant de la vie de Bobby Sands. Cet activiste irlandais s'est fait connaître au début des années 1980 en entamant une grève de la fin pour acquérir, avec ses codétenus, le statut de prisonniers politiques. C'est alors Margaret Thatcher qui est premier ministre au Royaume-Uni, et au début de son mandat Lord Mountbatten a été assassiné par l'IRA. La tension est à son comble et la dame de fer se montrera comme dans bien des cas inflexible sur cette affaire.

Surveillant à la prison de Maze, en Irlande du Nord, Raymond Lohan a les jointures des doigts meurtries. Ces stigmates sont le fruit de nombreux passages à tabac de prisonniers qu'il tente de mater. Ce sont en majorité des détenus qui ont entamé une grève de l'hygiène, le « dirty protest » : ils refusent de se laver, et enduisent les murs de leurs cellules de leurs propres excréments et urine. Quand il arrive dans cette prison, Davey Gillen se déclare solidaire de ses camarades et refuse l'uniforme qu'on lui propose, se couvrant le corps d'une simple couverture. Il découvre la vie carcérale et ses petits trucs pour survivre au quotidien, sympathisant avec le leader du groupe, Bobby Sands. Celui-ci déchire les pages de la Bible pour se faire son propre papier à cigarette, avec du tabac qu'il récupère en douce.

La première partie de Hunger nous présente des images d'une force sidérante. D'une façon naturaliste, Steve McQueen nous montre le quotidien de ces prisonniers à qui l'on refuse le statut de prisonniers politiques. La caméra s'attarde sur des corps souvent déjà décharnés et sur les conditions d'hygiène déplorables dans lesquelles ses hommes se forcent à vivre. Il faut avoir en particulier le cœur bien accroché pour supporter rien que la vision de ces murs recouverts d'excréments ou de ces traces de saleté incrustée. Majoritairement silencieuses, ces images parlent d'elles-mêmes et nous font ressentir d'une manière d'autant plus criante l'injustice que subissent ces détenus que les surveillants n'hésitent pas à frapper et à humilier de façon incessante.

Puis Hunger se mue en film encore plus militant, nous exposant une confrontation d'idée entre deux fortes personnalités. Dans une prise impressionnante de 22 minutes, dont un quart d'heure en plan fixe, Bobby Sands explique à un prêtre le combat qu'il s'apprête à mener, pourquoi et comment il compte le faire. Un échange d'idées bouillonnant s'ensuit, où le spectateur suit médusé cet échange au risque de perdre son attention dans ce flot de dialogue. Le prestation de Michael Fassbender devient à partir de cet instant une vraie performance d'acteur : même en sachant qu'il avait perdu 14 kilos pour le rôle, on ne peut qu'être bluffé en voyant à quel point il prend à cœur son personnage. La mise en scène est sèche et âpre, tout comme le propos que le réalisateur fait passer dans ce film assez impressionnant.

Ma note : ***

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commentaires

Claire 27/05/2013 19:42


Je suis d'accord avec toi et Dasola, un film qui m'avait secouée lorsque je l'avais vu, et qui m'avait fait découvrir cet acteur.

Neil 27/05/2013 20:02



Le film semble faire l'unanimité, et c'est bien :)



dasola 27/05/2013 15:40


Bonjour Neil, j'avais écrit tout le bien que je pensais de ce film http://dasola.canalblog.com/archives/2008/12/29/11852301.html . C'est un film vraiment très fort avec la découverte de Michael
Fassbinder: vraiment bien. Bonne après-midi.

Neil 27/05/2013 19:40



Bonsoir Dasola, je suis curieux d'aller voir ce que tu en écrivais. Un très bon film en tout cas. Bonne soirée.



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