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Il était une fois en Anatolie (2011) Nuri Bilge Ceylan

par Neil 1 Octobre 2011, 05:29 2010's

Fiche technique
Film turc
Titre original : Bir Zamaniar Anadolu’da
Date de sortie : 2 novembre 2011
Genre : fausse enquête
Durée : 2h37
Scénario : Ercan Kesal et Ebru Ceylan
Image : Gökhan Tiryaki
Avec Muhammet Uzuner (Le docteur Cemal), Yilmaz Erdogan (Le commissaire Naci), Taner Birsel (Le procureur Nusret), Ahmet Mümtaz Taylan (Arab Ali), Firat Tanis (Kenan), Ercan Kesal  (Mukhtar)…

Synopsis : Au cœur des steppes d’Anatolie, un meurtrier tente de guider une équipe de policiers vers l’endroit où il a enterré le corps de sa victime. Au cours de ce périple, une série d’indices sur ce qui s’est vraiment passé fait progressivement surface.

Mon avis : C’est lent, Ceylan qui nous sépare, et nous laisse à part

Rendons à César ce qui appartient à César : ma phrase d‘accroche pour parler d‘Il était une fois en Anatolie m‘a été inspirée. Un célèbre blogueur que je ne nommerai pas m’avait prévenu que le film de Nuri Bilge Ceylan avait quelques coups de mou dans les ailes. Après avoir pu constater par moi-même de ce fait reconnu par beaucoup, j’ai pu vérifier qu’à Cannes certains blogueurs que je ne nommerai pas plus avaient déjà utilisé le subterfuge de la chanson de Laurent Voulzy pour évoquer le film. Comme quoi, on est nombreux à s’être un tout petit peu fait chier ennuyé durant le film, y compris mes camarades de Kaboom l’émission, que je salue au passage. Bref, le film a eu un Grand Prix à Cannes : tant mieux pour lui. Tant pis pour nous.

Trois hommes boivent ensemble. Puis l’on retrouve l’un des deux dans une voiture de police. Accompagné par un commissaire, un médecin et un procureur, il part pour une reconstitution. Un meurtre a été commis, et c’est lui le suspect principal : il doit montrer le chemin aux autres afin de retrouver le corps de la victime. Ils bavardent de tout et de rien dans la voiture, puis arrivent à un lieu supposé être celui du crime. Ils sortent de la voiture et inspectent l’horizon. Le commissaire rudoie Kenan, le suspect, qui est particulièrement mutique. Il parvient tout de même à dire qu’il n’est pas vraiment sûr que ce soit le lieu où il a enterré sa victime. On effectue quelques fouilles infructueuses avant de repartir en voiture vers un nouveau lieu.

On peut reconnaitre à Il était une fois en Anatolie une certaine science de la mise en scène. Nombreux sont les plans absolument magnifiques qui montrent les paysages d’Anatolie dans lesquels le film a été tourné. La photographie de Gökhan Tiryaki, chef opérateur de Nuri Bilge Ceylan depuis Les climats, est tout à fait magnifique. Elle met en valeur dans une pénombre quasi permanente, tout du moins durant la première partie du film, les plaines de Turquie que sillonnent les protagonistes. Chaque plan est réfléchi, pensé, peaufiné et on ne peut pas reprocher au réalisateur son laxisme.

Cette obsession de la perfection l’amène tout de même à diluer chaque scène de son film, qui s’éternisent les unes après les autres, et fait perdre ainsi le sens du film de sa force. Car Il était une fois en Anatolie dure beaucoup trop longtemps : une heure de moins n‘aurait pas fait perdre le film en qualité mais il y aurait énormément gagné en densité. Nombre de spectateurs risquent d’être déroutés par cette enquête qui n’en est pas une et ce voyage qui est plus symbolique et intérieur. On a l’impression que Nuri Bilge Ceylan creuse son sillon de metteur en scène pour lui-même, sans se soucier des autres qui pourtant vont recevoir son œuvre.

Certes, il y a quelques réflexions sur la vie, qui ne manquent pas d’ambiguïté par ailleurs : songeons à l’histoire de cette femme qui peut être reçue comme misogyne. Certes, Il était une fois en Anatolie est une belle confrontation qui nous est offerte entre un cartésien et un homme plus mystique, mais même là le trait est assez grossier. Qui plus est, le film n’apporte pas grand-chose de nouveau : si ce n’est une qualité artistique, voire technique, indéniable, on reste sur le carreau.


Ma note : *

Il était une fois en Anatolie (2011) Nuri Bilge Ceylan
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commentaires

D&D 10/12/2011 13:19


Bon ben c'est la journée du désaccord :-)


Celui-là, je l'ai déjà revu, et, s'il me semble inégal, et s'il n'est pas nécessairement plaisant à découvrir (y a une sorte de misanthropie chez Ceylan, voire aussi de misogynie latente, qui
tendent à me rebuter), y a vraiment des choses qui m'assoient et son rapport à Tarkovski m'émeut beaucoup (ne le trouvant pas mortifère).

Neil 11/12/2011 12:12



Le rapport à Tarkovsky pour moi il est très lointain. J'ai beaucoup de mal à accrocher avec le regard de Nure Bilge Ceylan, et ses films ont vraiment tendance à m'ennuyer profondément. Même si
intellectuellement j'arrive à comprendre ce qu'il veut dire.



Chris 07/10/2011 20:17



J'ai visionné Uzak hier soir et après une période d'adaptation au rythme très lent et à l'absence de dialogue, j'ai trouvé ça magnifique. Je dirais, plutôt qu'Antonioni, un mélange de Tarkovsky
et de Kiarostami. La photo et le cadre sont exceptionnels.



Neil 08/10/2011 19:54



Je devais pas être dans de bonnes conditions pour le voir, il faudrait que je réessaye un jour... c'est du bel ouvrage c'est sûr mais bon...



Eeguab 02/10/2011 15:43



Salut Neil.Je ne connais pas du tout le cinéma de Ceylan.Je sais seulement qu'on a parfois évoqué Antonioni,l'un de mes phares transalpins.Que me conseillerais-tu pour un premier film?



Neil 02/10/2011 19:36



Salut Eeguab, je n'ai vu que deux film de Ceylan : Uzak et celui-ci, qui m'ont tout deux déçus. Mais de ce que j'ai entendu dire, je crois que Les
climats est intéressant...mais qui en a dérouté certains également (cf le message de Benoît ^^)



Benoît 02/10/2011 02:29



J'ai pas vu ce film de Ceylan. De lui, je n'ai vu que Les climats que j'ai vraiment pas aimé. Y a juste une chose incroyable, c'est la qualité des images et des photos, comme tu l'as si bien dit.



Neil 02/10/2011 11:25



Pour ma part je n'ai pas vu Les climats (celui-ci ne sort qu'en novembre). C'est sûr, les images sont très belles, mais un film ce n'est pas que de la technique...



Jujulcactus 01/10/2011 17:31



La BA m'a moi aussi laissé sceptique, les images ont l'air sublimes et il semble avoir une réelle ambiance mais je sais pas (et ta critique le confirme) ça a l'air chiant...



Neil 02/10/2011 11:24



Une ambiance certainement. Faut-il rentrer dedans, ce qui est bien difficile en effet...



mymp 01/10/2011 12:43



J'aime assez le cinéma de Ceylan (Uzak et Les climats surtout), mais là je dois dire que la b.-a. refroidit carrément et ne met pas en valeur le film, ce que semble confirmer ta critique. Du
coup, me voilà encore plus hésitant... Quant à ton "infâme" jeu de mots sur Ceylan avec du Voulzy en filigrane, j'en reste coi ;)



Neil 01/10/2011 15:05



Oh la la... Uzak... Qu'est-ce qu'il m'avait emm*rdé... Je dois pas être ait pour son cinéma.
Sinon pour le jeu de mot c'est bête ça marche même pas avec l'accent turc o_O



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