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Interior. Leather bar. (2013) James Franco et Travis Mathews

par Neil 30 Octobre 2013, 06:13 Avant-Première

Interior_Leather.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 30 octobre 2013
Durée : 1h
Genre : faux documentaire
Scénario : Travis Matthews

Image : Keith Wilson
Musique : Santiago Latorre
Avec Val Lauren (Steve), James Franco (James), Christian Patrick (Maître Avery), Travis Mathews (Travis), Brenden Gregory (Brenden), Brad Roberge (Bradley)...


Résumé
: les réalisateurs James Franco et Travis Matthews décident de recréer les 40 minutes de séquences hard coupées au montage de Cruising de William Friedkin. C'est le point de départ d'une réflexion plus large sur les limites de la sexualité et de la liberté de création artistique. Une aventure audacieuse explorant certaines thématiques gays.

Mon avis
: j'veux du queer

La volonté initiale des réalisateurs d'Interior. Leather bar est de s'approprier quarante minutes censurées de Crusing. Ces bobines perdues sont quasiment devenues un mythe, chacun se demandant ce à quoi aurait pu ressembler le film si, par peur de la classification pornographique, William Friedkin ne les avaient pas coupées au montage. Travis Mathews et James Franco, couple artistique pas évident sur le papier mais qui a pourtant l'air de bien fonctionner, sont ainsi partis de cette base pour « fictionniser » un documentaire abordant plusieurs thèmes. Si le caractère naturaliste transpire, quelques scènes, en particulier ces fameuses ré-créations, ont droit à un traitement esthétique particulièrement léché, donnant au film cet aspect entre documentaire et fiction, que Travis Mathews affectionne particulièrement.

Dans un appartement, James Franco et Travis Mathews parlent du mariage gay. Le premier raconte qu'il a entendu un conférencier expliquer que si le projet égalitaire a du sens, il risque de pousser les homosexuels à adopter la norme hétérosexuelle, voire à stigmatiser ceux qui ne voudraient pas s'y conformer. Un acteur, Val, entre alors dans la pièce, c'est un ami de James qu'il a contacté pour interpréter le personnage d'Al Pacino dans Cruising. L'idée serait de s'approprier les quarante minutes du film qui ont été censurées, non pour les recréer mais pour imaginer leur propre version. Val ne parvient cependant pas très bien à comprendre le geste artistique, il a en particulier peur que le film ne verse trop dans la pornographie : il refuse en tout cas fermement de reproduire des scènes explicitement (homo)sexuelles.

Mieux vaut, avant de voir Interior. Leather bar, avoir déjà visionné Cruising. En effet, le film co-réalisé par James Franco use et abuse des références au film de William Friedkin. C'est d'ailleurs tout à fait naturel, vu que la base même du moyen-métrage est de "refaire le film", mais ça peut perdre un spectateur non averti. En même temps, le film est plus intéressant que ça, et il ne s'agit pas stricto sensu de recréer les fameuses quarante minutes de Cruising qu'on ne verra sans doute jamais. Il s'agit plutôt pour ses réalisateurs de disserter sur de nombreux sujets relatifs à la création cinématographique. Que peut-on, que doit-on filmer et dans quelle(s) mesure(s), comment rendre à l'écran certaines pratiques, à qui sont destinées ces images, tels sont les sujets plus ou moins longuement évoqués dans le film.

Et plus encore, Interior. Leather bar aborde des sujets pas du tout inintéressants. Pour exemple, la place de la culture queer, en marge ou bien dans le mainstream, y est débattue, qui plus est par un hétérosexuel. Nous avons ainsi l'occasion de découvrir la personnalité de James Franco, acteur qui se montre assez bluffant. Déjà il montre en tant que réalisateur un second degré appréciable, gardant à l'écran une conversation très drôle entre plusieurs acteurs discutant du fait que nombre de gays seraient excités à l'idée de le voir apparaître nu à l'écran. Mais en plus une de ses scènes le montre au cours d'une discussion passionnante où il explique à l'acteur principal du film combien sont esprit est truffé de principes héteronormés. Bref, on ne s'ennuie pas du tout, et si le principe du film peut dérouter on s'y embarque très facilement.

Ma note : ***

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