Partager l'article ! J’ai tué ma mère (2009) Xavier Dolan: Fiche technique Film canadien Date de sortie : 15 juillet 2009 Genre : crise d’adole ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film canadien
Date de sortie : 15 juillet 2009
Genre : crise d’adolescence
Durée : 2h00
Scénario : Xavier Dolan
Directeur de la photographie : Nicolas Canniccioni
Musique : Nicholas Savard-L’Herbier
Avec Xavier Dolan (Hubert Minel), Anne Dorval (Chantal Lemming), François Arnaud (Antonin Rimabaud), Suzanne Clément (Julie
Cloutier), Niels Schneider (Eric), Patricia Tulasne (Hélène Rimbaud)…
Synopsis : Hubert Minel n'aime pas sa mère. Du haut de ses
16 ans, il la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitsch et les miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà de
ces irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice. (allocine)
Mon avis : Portrait d’un écorché vif
Les premiers films sont souvent autobiographiques, ou tout du moins en partie. Pour Xavier Dolan, c’est même une
grande partie de sa vie personnelle qu’il a mis dans J’ai tué ma mère. En même temps, comme ça il l’aura fait : s’il y a bien un sujet que les plus grands réalisateurs (et même
auteurs en général, il n’y a qu’à voir ces sublimes citations de Maupassant ou de Musset qu’il met en exergue) évoque au moins une fois dans leur carrière c’est leur mère. Ici,
c’est à vingt ans, en sortant tout juste de sa période adolescente, que Dolan décide de battre le fer tant qu’il est encore chaud : autant mettre les choses à plat tout de suite et
régler des comptes pas encore tout à fait soldés.
Une confession débute le film : Hubert, jeune homme de 16 ans aux cheveux ébouriffés, nous avoue qu‘il n‘aime pas sa mère. Il
l’a aimé pourtant, mais il n’y arrive plus, elle l’insupporte. Dès le matin au petit déjeuner, il est exaspéré par sa façon de manger, sa façon de s’habiller, tout. La moindre conversation entre
les deux personnages à fleur de peau finit systématiquement en querelle. C’est que Chantal élève seul son fils : le père les a abandonné quand Hubert avait 7 ans, et il ne le revoit que quelques
rares fois par ans. Non, ce qu’il préfère, Hubert, c’est passer son temps chez son copain Antonin : là, avec sa mère cool et son appartement sympa il peut enfin être lui-même. Et consommer son
amour avec Antonin.
Pour un film d’écorché vif, J’ai tué ma mère se tient bien là. Le spectateur se prend en pleine gueule les
engueulades pas piquées des hannetons que se livrent sans cesse Hubert et sa mère. Au début on ne comprend pas très bien d’ailleurs ce désamour : Chantal a l’air d’être une femme bien, on
s’imagine qu’Hubert fait sa petite crise d’ado. Puis petit à petit des éléments de réponse nous apparaissent : l’homosexualité du fils qu’il n’a toujours pas révélée à sa mère, le père absent qui
a tout délégué, un quotidien lourd à porter quand on cherche à s’émanciper… tous ces petits détails, Xavier Dolan a tenu à les incorporer par touches. Ce faisant, il humanise
parfaitement cette relation œdipienne qui ne dit pas son nom.
Il y a beaucoup de morgue dans J‘ai tué ma mère : on aime ou on déteste mais ça pose un personnage.
Xavier Dolan s’aime bien, ou en tous les cas il aime bien se filmer, en gros plans de préférence. La mise en scène est d’ailleurs très intéressante : ces personnages limite hors cadre,
ces quelques ralentis, ces clichés d’objets qui se succèdent. L’ambiance générale du film est très bien rendue, mise en évidence par les décors des différents appartements qui dénotent
parfaitement. Anne Dorval, qu’on a pu voir dans la cultissime série Le cœur a ses raisons, interprète très justement cette mère par défaut mais ô combien aimante et
désemparée. Ultra référencé (de Rimbaud à Cocteau en passant par Wong Kar Waï), J’ai tué ma mère a bien entendu les défauts d’un premier film, mais
laisse présager (et Les amours imaginaires l’ont bien montré) d’une
belle carrière au beau Xavier Dolan.
Ma note : 7/10
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