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J. Edgar (2011) Clint Eastwood

par Neil 17 Décembre 2011, 06:45 Avant-Première

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Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 11 janvier 2012
Genre : portrait complexe
Durée : 2h15
Scénario : Dustin Lance Black
Image : Tom Stern
Musique : Clint Eastwood
Avec Leonardo DiCaprio (J. Edgar Hoover), Naomi Watts (Helen Gandy), Armie Hammer (Clyde Tolson), Judi Dench (Anne Hoover), Josh Lucas (Charles Lindbergh), Dermot Mulroney (Le colonel Schwarzkopf)

Synopsis : Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, il était craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie. (allocine)

Mon avis : Retour sur les origines du Federal Bureau of Investigation

Le scénario de J. Edgar a été écrit par Dustin Lance Black, et ce n’est pas qu’anecdotique. Le jeune scénariste et réalisateur ne s’est en effet pas rendu célèbre que par une sex tape rendue publique par Perez Hilton. Il a également réalisé quelques films et s’est surtout fait connaître grâce au scénario d’Harvey Milk, pour lequel il a reçu un Oscar. Qu’il s’intéresse aujourd’hui à l’une des figures clés des Etats-Unis, dont l’homosexualité est encore l’objet de débat, n’est donc pas si étonnant que ça. Et c’est finalement assez logique que Clint Eastwood choisisse un tel sujet, lui qui est un pur produit des Etats-Unis une telle figure ne pouvait que l’intéresser. La complexité du personnage rendait l’aventure encore plus excitante.

A la fin de sa vie, J. Edgar Hoover décide de dicter ses mémoires afin de laisser une trace dans l‘Histoire de son pays. Il raconte ses premiers pas au Bureau of Investigation, quand il avait une vingtaine d’années. Tout commence en 1919, quand des attentats sont perpétrés contre des membres du Congrès et des Officiels. Les bolchéviques sont alors en pleine révolution et des activistes tentent de déstabiliser le pouvoir américain. Profondément marqué par ces évènements, Hoover décide de traquer un par un tous ces criminels qu’il considère comme des dangers pour la Nation. Il vit alors avec sa mère, qui l’éduque de façon stricte et dans le culte de son père. Elle a beaucoup d’ambition pour son fils qui, elle en est persuadée, fera de grandes choses pour son pays. Et petit à petit, Edgar se fait remarquer par ses méthodes efficaces.

La première partie de J. Edgar est assez laborieuse. Trop bavarde, elle s’avère didactique et brouillonne. Les aller-retour incessants entre les années 20 et les années 70 compliquent inutilement un récit qui a du mal à se mettre en place. Puis vers la moitié du film (un peu longuet, il faut l’avouer) les choses deviennent de plus en plus intéressantes. Paradoxalement, c’est quand le réalisateur se concentre sur la vie privée de J. Edgar Hoover que l’intérêt du spectateur augmente, alors qu’on ne sait en fait pas grand-chose sur la vie de l’homme. Il a fait en sorte de demeurer opaque sur son existence de son vivant et même après sa mort peu de choses ont filtré. C’est pourquoi la relation qu’il entretient avec Clyde Tolson peut avoir tendance à agacer au début du film : en pur homme de son temps, il gardait secret ce genre d’accointance.

On s‘intéresse donc à l‘humain dans J. Edgar : au-delà de l‘homme public et de ses réalisations, Clint Eastwood cherche à percer le mystère derrière cet homme complexe. Le trio qu’il entretient avec sa mère (une Judi Dench absolument parfaite en maîtresse femme, dure et exigeante), sa secrétaire (Naomi Watts, méconnaissable) et son probable amant, en tout cas son plus fidèle collaborateur (le choupinou Armie Hammer, qu’on avait pu remarquer en jumeau dans The social network), est absolument passionnant et très bien traité. La performance de Leonardo DiCaprio est encore une fois à saluer, on sent tout l’investissement qu’il a pu avoir dans ce projet, et si ça fait un peu trop actor studio ça n’en est pas moins remarquable. Quant à la mise en scène de Clint Eastwood elle est parfaitement maîtrisée, et les soins apportés à tous les moindres détails accentuent l’intérêt que l’on porte au film.

Ma note : ***

commentaires

D&D 06/02/2012 15:28


Je trouve aussi Di Caprio assez bluffant. Je me sens moins enthousiaste que toi sur le film en revanche. Enfin ça va, mais c'est pas la fête, quoi... Je le reverrai sans doute.

Neil 09/02/2012 14:50



Ah oui, DiCaprio est très bon, je ne comprends pas qu'il ne soit pas nommé aux Oscars. Je suis un peu minoritaire sur ce film, mais je maintiens que je l'aime bien.



Jérémy 19/01/2012 22:17


Je pense aussi que le meilleur aspect du film est sa dimension strictement humaine et affective. La performance d'acteur est vraiment bonne.


Si les qualités du film sont évidentes, je n'ai pas accroché au schéma du film et je me suis quand même un peu ennuyé pour être franc.

Neil 20/01/2012 15:31



C'est exactement ça : j'ai du mal à comprendre les réactions de ceux qui déplorent le peu d'intérêt historique du film, ce n'est pas son sujet.



ASBAF 15/01/2012 15:56


C'est quoi ces teubés qui parlent de Marc Dugain dans les comments d'un film du grand Clint ?

Neil 15/01/2012 17:49



Mouarf. En même temps il commence à se faire vieux le père Clint... :-x



CHRISTOPHE LEFEVRE 13/01/2012 18:48


Je suis moins enthousiasme, tout en partageant l'essentiel de tes remarque. C'est assez brouillon, l'interprétation de Léo fait trop performance à Oscar... Et si Eastwood maîtrise sa mise en
scène, je me suis quand même un peu ennuyé...

Neil 15/01/2012 17:47



Je comprends tes réserves même si j'avoue que personnellement je ne me suis pas ennuyé et que la performance de DiCaprio m'a plus bluffé qu'autre chose.



Flow 12/01/2012 19:33


On est d'accord sur tous les points. Long à démarrer mais un des meilleurs personnages de ces dernières années tant sa richesse psychologique est immense.

Neil 15/01/2012 17:46



Tout à fait. Un film qui laisse des traces, même après sa projection.



dasola 18/12/2011 22:58


Bonsoir Neil, comme eeguab, je te conseille la Malédiction d'Edgar de Marc Dugain, se lit d'une traite. A mon avis, le meilleur de son auteur. Quand au film d'Eastwood, j'irais sûrement même si
je pense que Di Caprio n'est pas encore assez mûr pour un tel rôle. Bonne soirée.

Neil 21/12/2011 11:01



Bonjour Dasola, merci pour le conseil. Quant à DiCaprio, justement il m'a assez impressionné par sa maturité dans le film. Bonne journée.



Eeguab 18/12/2011 07:47


As-tu lu le très bon roman de Marc Dugain La malédiction d'Edgar?

Neil 18/12/2011 10:05



Ah non je ne savais même pas qu'il avait écrit un livre sur Hoover. Je le note, thanks.



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