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Jaurès (2012) Vincent Dieutre

par Neil 16 Octobre 2012, 05:54 Avant-Première

Jaures.jpgFiche technique
Documentaire français
Date de sortie : 3 avril 2013
Durée : 1h23
Genre : fin d'une liaison
Scénario : Vincent Dieutre
Image : Vincent Dieutre
Musique : Reynaldo Hahn
Avec Vincent Dieutre et Eva Truffaut

Résumé
 : "Elle est venue voir. Je n'ai aucune photo de Simon à lui montrer, aucune trace que ces plans volés, pris des fenêtres de chez lui, du côté du métro Jaurès : le canal, les voitures, la vie de quartier et cette poignée de réfugiés afghans confinés sous la voûte Lafayette...

Mon avis
: Fragment d'une histoire terminée

Présenté au Festival Chéries-Chéris, Jaurès a également bénéficié d'un prix spécial aux Teddy Awards du Festival de Berlin. Il ne bénéficie pas encore de date de sortie mais devrait arriver sur les écrans au courant de l'année 2013. Son réalisateur est un artiste que l'on peut qualifier de complet, qui interroge l'objet cinématographique et ses relations avec d'autres formes artistiques, en particulier l'art contemporain. Parfois proches de captations ou bien de performances, ses œuvres dégagent un aspect très particulier, qui peut déranger. En l’occurrence ici une succession de plans fixes défilent à l'écran, filmés d'un caméscope. Au travers d'une fenêtre nous nous comportons un peu comme des voyeurs qui scrutons la vie des réfugiés de l'autre côté de la rue, tandis que deux personnes discutent en voix off.

Dans un studio d'enregistrement, Eva Truffaut regarde avec Vincent Dieutre des images qu'il a filmées avec son caméscope. Il les a prises par la fenêtre de son ancien amant Simon, et lui raconte en visionnant ce film son histoire d'amour. Tout a commencé dans une boîte gay, plus précisément dans une backroom. Simon et Vincent font l'amour, s'y retrouve le lendemain et se donnent bientôt rendez-vous chez Simon, à proximité du métro Jaurès. Bientôt Vincent va s'y retrouver trois fois par semaine et une relation durable s'engage entre les deux hommes. Devant la caméra nous voyons le ballet des réfugiés afghans qui campent sur les berges du Canal Saint-Martin. Simon est travailleur social et il s’occupe en particulier des demandeurs d'asiles, les aidant à instruire leurs dossiers administratifs.

Il faut bien avouer que le début de Jaurès est assez déroutant. Le fait de voir des images prises par un caméscope, à la limite de l'amateurisme, rend assez perplexe le spectateur. A l'image de Caché, le spectateur devient voyeur et scrute ainsi les moindres détails du cadre. Sauf qu'ici c'est quasiment l'ensemble du documentaire qui propose ces images, pas spécialement belles, et qui n'ont sans doute pas le but d'être particulièrement esthétiques. Seuls quelques éléments dans certains plans sont rajoutés numériquement, comme des petites pastilles d'animation dans un cadre réaliste. Cela nous rend captif et curieux, nous sommes ainsi invités à être attentifs à tous les détails, Le procédé est intéressant mais n'est pas non plus révolutionnaire : l'ensemble reste tout de même assez expérimental.

Le propos de Jaurès ne manque cependant pas d'originalité. Vincent Dieutre nous raconte une année de sa vie, de son histoire d'amour avec Simon, et met en parallèle ces fragments de vie avec le quotidien des réfugiés afghans. La conversation avec Eva Truffaut, fille de François et amie du réalisateur, passe de l'un à l'autre sans transition, accentuant le parallélisme. On éprouve parfois de la gêne d'écouter la vie intime du documentariste, également un peu d'ennui il faut l'avouer car son histoire n'a rien d'extraordinaire. Bien sûr la toute fin du film met en perspective l'ensemble et donne de la profondeur a tout ce que l'on vient d'entendre, mais ces petites anecdotes ne sont pas transcendantes. Elles permettent toutefois d’appréhender la psychologie de Simon, qui semble heureux en couple mais qui a du mal à assumer son homosexualité.

Ma note : *

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