Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Jimmy P. (2013) Arnaud Desplechin

par Neil 8 Septembre 2013, 05:53 Avant-Première

Jimmy_P.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 11 septembre 2013
Durée : 1h56
Genre : traitement novateur
Scénario : Julie Peyr et Kent Jones, d’après l’œuvre de Georges Devereux
Image : Stéphane Fontaine
Musique : Howard Shore
Avec Benicio Del Toro (Jimmy Picard), Mathieu Amalric (Georges Devereux), Gina McKee (Madeleine), Larry Pine (Karl Menninger), Joseph Cross (Dr. Holt), Michelle Thrush (Gayle Picard)...


Résumé: Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis à l’hôpital militaire de Topeka, au Kansas, spécialisé dans les maladies du cerveau. Il souffre de nombreux troubles. En l’absence de causes physiologiques, le diagnostic qui s’impose est la schizophrénie. La direction de l’hôpital décide toutefois de prendre l’avis d’un ethnologue et psychanalyste français, spécialiste des cultures amérindiennes, Georges Devereux. (allocine)

Mon avis : naissance de l’ethnopsychanalyse

Le projet de Jimmy P. mûrit dans l’esprit d’Arnaud Desplechin depuis plusieurs années. Le réalisateur s’est passionné par le livre semi autobiographique de Georges Devereux, Psychothérapie d’un indien des plaines et souhaitait l’adapter depuis les années 1990. Mais il se concentre sur d’autres projets, qui l’amèneront à aborder des sujets souvent autobiographiques sur le mode fictionnel. Ses films seront toujours présentés dans des festivals, à des rythmes plus ou moins resserrés, et Jimmy P. ne contredit pas cette règle. Le choix d’adapter l’ouvrage de Devereux est assez audacieux, d’une part par ce que l’anthropologue n’est pas très connu et d’autre part parce que le sujet se prête difficilement à un traitement cinématographique. Et pourtant, l’œuvre du psychanalyste mérite largement cet éclairage passionnant.

Une fois de plus, Jimmy Picard éprouve un mal de tête carabiné, combiné avec une vision altérée de son environnement et des vertiges persistants. Inquiète, sa sœur Michelle avec qui il habite dans son ranch du Montana, décide de l’emmener en consultation à l’hôpital militaire de Topeka, dans le Kansas. C’est là que ce vétéran de la seconde guerre mondiale, qui a combattu en France, a été déclaré invalide après une balle reçue dans le crâne. Les médecins décident de le garder pour lui faire subir une batterie de tests, et Michelle le laisse seul. Mais les nombreux examens qu’ils lui font subir n’aboutissent à aucun diagnostic fiable à part une suspicion de désordre psychiatrique. Un spécialiste est donc appelé à la rescousse : Georges Devereux, ethnologue et psychanalyste, s’est spécialisé dans l’étude des différentes ethnies indiennes.

Contrairement à ce que son sujet pouvait laisser le supposer, Jimmy P. n’est absolument pas ennuyeux, bien au contraire. Le film a le mérite de s’adresser à la fois au novice, qui n’aurait jamais entendu parler de Georges Devereux, et au spécialiste, qui dans leur majorité ont approuvé le traitement apporté par Arnaud Desplechin à son sujet d’étude. Plusieurs indices sont évoqués à propos de la biographie de Devereux, que l’on comprendra ou non sans que cela nuise à la compréhension générale du film. Car celui-ci se concentre avant tout sur la figure de Jimmy Picard, comme le faisait l’ouvrage de l’ethnopsychiatre, et sur la relation du thérapeuthe avec l’indien dont il cherche avant tout à sonder les méandres du subconscient et les raisons de sa prétendue folie. Une amitié en découle, issue de ces séances impressionnantes où la parole tente de délier les blessures intérieures.

Mais Jimmy P. n’est pas un film inutilement bavard. Bien sûr, son outil de travail premier sont les dialogues ou les monologues qui font peu à peu avancer l’intrigue. Cependant, Desplechin parvient à rendre cinématographique ce duel verbal en insérant les reconstitutions filmées des rêves du patient (procédé somme toute classique mais efficace) et au travers d’une mise en scène ciselée, que d’aucuns trouveront statique mais qui convient parfaitement à son propos. Il bénéficie également de deux interprètes excellent, qu’il dirige d’une très belle façon : Mathieu Amalric incarne avec la folie douce qui lui appartient ce médecin excentrique cherchant sa place dans la société tandis que Benicio Del Toro livre une fois de plus une prestation remarquable, jamais dans l’excès, toujours dans la justesse.

Ma note : ****

commentaires

Cecile 08/11/2013 20:23


Je viens de parcourir tout le contenu de ton blog, et j’ai bien apprécié. Le prochain film que j’irai voir c’est celui-ci.


N’hésite pas à partager d’autres films.


 


Bon week-end. 

Neil 10/11/2013 10:42



Merci beaucoup. Jimmy P. est un de mes favoris de l'année. Bon week-end :)



Haut de page