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Keep the lights on (2012) Ira Sachs

par Neil 8 Juin 2012, 05:13 Avant-Première

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Fiche technique

Film américain
Date de sortie : 22 août 2012
Genre : chronique amoureuse
Durée : 1h41
Scénario : Maurício Zacharias
Photographie : Thimios Bakatakis
Musique : Arthur Russel
Avec Thure Lindhardt (Erik), Zachary Booth (Paul), Julianne Nicholson (Claire), Sebastian La Cause (Russ), Aylam Orian  (Locksmith), Justin Reinsilber  (Dan)…

Synopsis : Erik est réalisateur de documentaires, Paul est avocat. Ils sont new-yorkais, homosexuels, l'un assumant, l'autre pas. A mesure que se développe leur relation, chacun de son côté continue de combattre ses pulsions et dépendances.

Mon avis : Scènes de la vie conjugale

Avec Keep the lights on, le réalisateur Ira Sachs nous raconte pratiquement une partie de sa propre vie. Pour ce film sélectionné au Festival de Sundance et qui a reçu au Festival de Berlin le Teddy Award, il s’est inspiré de plusieurs de ses histoires de couple. Le réalisateur de Forty shades of blue ou bien de Married life a en particulier voulu parler de sa dernière relation : une sorte d’exutoire en somme. Avec l’aide de son coscénariste Mauricio Zacharias il rassemble plusieurs éléments pour élaborer l’histoire d’amour d’Erik et Paul, une histoire d’amour simple et universelle. A noter au passage que lors de la séance était projeté un court-métrage remarquable, Rue des Roses, de Patrick Fabre : si vous avez l’occasion de le visionnez, n’hésitez-pas.

La rencontre d'Erik et de Paul se fait par l'intermédiaire d'un réseau téléphonique. Le courant passe très vite entre les deux hommes mais après une nuit passée ensemble Paul conseille à Erik de ne pas trop s'attacher car il est en couple avec une femme. Ils poursuivent cependant leur liaison et commencent à mieux se connaître. Cela ne va pas non plus sans heurt : entre l'addiction de Paul aux drogues et à l'alcool et ses absences prolongées, Erik ne sait plus trop à quel saint se vouer. Il continue pourtant à croire à cette relation et essaye d'achever son documentaire sur un personnage un peu oublié de la scène gay new-yorkaise.

Ce que tente de raconter Keep the light on est à la fois hyper simple et très compliqué. Il s'agit de nous dépeindre , à l'instar d'un Week-end, une histoire d'amour ordinaire entre deux hommes. Une chose qui paraît banale mais qui fait du bien. Parler d'un couple gay sans insister sur l'homosexualité, sans vouloir sombrer dans le communautarisme ni dans le tragique est assez louable. Erik et Paul sont simplement deux hommes en proie à leurs doutes et à leurs démons, et leur couple devra être fort pour survivre non pas au regard des autres mais à ces obstacles du quotidien. Comme n'importe quel autre couple en somme : une façon honorable de vouloir "normaliser" (oui je sais, le terme est à la mode en ce moment...).

Cette simplicité qui caractérise Keep the lights on est cependant dangereuse : nous ne sommes pas à l'abri de l'ennui. Il n'est jamais facile de faire transparaître à l'écran les gestes de tous les jours sans jouer la carte de l'anecdotique, ce que le film fait malgré lui au détour de quelques scènes. C’est peut-être dû à a mise en scène d'Ira Sachs, sobre, sans effet, et qui ne nous transporte pas vraiment. Cependant, l’interprétation tout en nuances des deux acteurs, en particulier Thure Lindhart qui porte le film sur ses épaules, est tout à fait remarquable. Nous assistons ainsi sans déplaisir aucun à ces petites tranches de vie d'un couple ordinaire. Tout en étant conscience de ne pas avoir vu un grand film, on sort de la séance en ayant passé un très bon moment, plein d'émotions et de touches de finesse.

Ma note : ***

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commentaires

Marcozeblog 05/09/2012 09:19


Oublie mon commentaire précédent sur 'Piégée'. Ta page n'était pas rafraichie et je n'avais pas tes derniers articles à l'écran. LOL. J'ai vu 'Keep the lights on' et j'ai plutôt aimé. Moi, j'aime
bien les traitements banals. Sauf que cette histoire n'est pas si banale, je trouve. Sortir avec une personne toxico, perso ça m'est jamais arrivé ;-)

Neil 05/09/2012 17:15



Oui je suis d'accord avec toi. Sauf que des films étiquetés "gay" qui évoquent le sujet, i y en a beaucoup. Sinon j'ai plutôt aimé le film même s'il n'est pas excellent non plu...



ffred 02/09/2012 15:53


Je trouve qu'en tant que gay nous avons droit à une double peine ! Faire durer un couple au quotidien comme tout un chacun ET le faire durer dans un monde hétéro pour qui cela ne sera jamais la
norme quoi on en dise...

Neil 04/09/2012 10:23



Mais tout à fait mon cher Fred. Le militant qui fait plus que sommeiller en moi ne peut qu'approuver ce que tu viens d'écrire :)



mymp 30/08/2012 09:15


Un peu déçu finalement, mais peut-être m'attendais-je à un film du niveau de Week-end... Les acteurs sont biens, l'ambiance apaisée, mais bizarrement on s'ennuie à la longue et je n'ai pas réussi
à être touché par leur histoire, peut-être parce qu'à la fin, ça devient lassant leurs dérobades et leurs conflits sur 10 ans. Au moins dans Week-end, ça durait que 2 jours !

Neil 04/09/2012 10:17



Je ne me suis pas vraiment ennuyé personnellement. Je trouve que les ellipses temporelles sont assez bien faites et que les personnages sont émouvants. Un petit film certes mais tout de même
assez bien fichu.



aziliz 22/08/2012 19:20


Malgré de très bonnes critiques, le film n'est pas à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre. Le scénario semble un peu décousu, je n'ai vu qu'une juxtaposition de scènes sans réel lien
entre elles. C'est malheureusement assez ennuyeux. Dommage l'histoire telle qu'elle était décrite méritait beaucoup mieux.

Neil 24/08/2012 15:19



C'est vrai que le scénario est un peu décousu, c'est dommage. Reste que le film possède un certain charme qui m'a quand même bien plu dans l'ensemble.



mymp 11/06/2012 16:27


La b-a donne envie je trouve, une sorte de Week-end bis en plus "arty". J'ai vu Hors les murs dimanche, c'était vraiment pas terrible, et je me dis que celui-ci va relever le niveau en termes
"d'histoire d'amour gay contrariée".

Neil 11/06/2012 16:42



Oui on peut qualifier le film de "Week-end arty", si on veut.
C'est con ce que tu me dis là, j'ai très très envie de voir Hors les murs...



Phil Siné 09/06/2012 15:48


mais ça a l'air pas mal oui...


ce que tu appelles ennui, ce n'est pas parce que c'est contemplatif quand même ? c'est tellement beau le contemplatif... ;)


bon, j'irai lorsqu'il sera sorti, puisque personne ne m'invite à venir le voir avant... ;o)

Neil 10/06/2012 18:37



Oui c'est très bien, je le conseille vivement. C'est pas un flm contemplatif, juste une histoire simple qui dans son quotidien peut ennuyer parfois. Je l'ai vu au Champs-Elysées Film
Festival, en avant-première :)



ASBAF 08/06/2012 18:52


Parait que c'est vachement bien pour un film de gay.

Neil 09/06/2012 11:18



Ah tiens t'as pas dit "un film de pédé" :p. Mais oui c'est carrément bien, je te le conseille vivement.



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