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L’assassin habite au 21 (1942) Henri-Georges Clouzot

par Neil 20 Octobre 2010, 05:55 1940's

Assassin_Habite.jpg
Fiche technique
Film français
Genre : énigme en chambre close
Durée : 1h24
Scénario : Henri-Georges Clouzot, d’après l’œuvre de Stanislas André Steerman
Directeur -de la photographie : Armand Thirard
Compositeur : Maurice Yvain
Avec Pierre Fresnay (Inspecteur Wencleslas), Suzy Delair (Mila Malou), Pierre Larquey (Colin), Noël Roquevert (Théodore Linz), Jean Tissier (Lalah Poor), Odette Talazac (Mme Point), Raymond Bussières (Turelot)…

Synopsis : Un mystérieux assassin commet des meurtres en série et laisse sur ses cadavres sa carte de visite au nom de "M. Durand". Le commissaire Wens trouve une piste qui le mène a Montmartre dans une pension de famille "les Mimosas". Il se déguise en pasteur et s'inscrit comme pensionnaire. (allocine)

Mon avis : Elégant suspense magistralement orchestré

Pour l’un de ses premiers films en tant que metteur en scène, Henri-Georges Clouzot choisit d’adapter l’auteur belge Stanislas André Steerman. Nous sommes en pleine guerre mondiale et Clouzot vient d’adapter un de ses romans, Le dernier des six, qui fut un succès. La Continental (dirigée alors par les Allemands) décide de lui commander une autre adaptation de l’auteur belge et ce sera L’assassin habite au 21. Ainsi, un an avant Le corbeau (œuvre magistrale), Clouzot analysait déjà, dans un climat fort tendu, les origines du Mal, tout en n’ayant l’air de faire un petit polar bien tranquille.

Un meurtrier sévit en plein cœur de Paris, signant ses méfait d‘une simple carte de visite mentionnant le nom : Monsieur Durand. Aux aguets, le garde des sceaux interpelle le préfet et lui intime l’ordre de régler cette affaire au plus vite. L’inspecteur en charge de l’affaire, Wencleslas, surnommé Wens, est connu pour son insubordination. Il vit avec la charmante Mila Malou, chanteuse de cabaret en quête d’une nouvelle salle pour se produire. Un jour est arrêté un démarcheur un brin malhonnête qui fait tomber de sa veste toute une pile de carte de visites au nom de Monsieur Durand. Intrigué, Wens l’interroge et il apprend que le suspect a récupéré ces cartes dans la pension Mimosa, au 21 de l’avenue Junot.

C’est relativement sur le tard (à 35 ans) que Clouzot s’est décidé à tourner son premier long-métrage. Il semble bien que cette attente a été productive, car il fait preuve dans L’assassin habite au 21 d’une grande maitrise dans l’art de la mise en scène. Le polar est en effet un des genres à la fois les plus ingrat et les plus jouissif du cinéma. Ingrat car s’il est mal réalisé, on s’y ennuie, et il n’y a rien de pire. Jouissif car s’il est réussi c’est un pur bonheur de le suivre, surtout lorsqu’il s’agit de démasquer le meurtrier. Et c’est le cas ici : très habilement Clouzot nous plonge dès le début dans le feu de l’action (avec une caméra subjective où l’on adopte le point de vue de l’assassin) pour ensuite nous faire suivre pas à pas le déroulement de l’enquête.

Comme la moyenne des films de cette époque, L‘assassin habite au 21 est assez court. Mais en un peu plus d’une heure vingt, un nombre impressionnant de rebondissements nous apparaissent. Clouzot cultive le mystère jusqu’à la dernière scène et se garde bien de nous mettre sur une piste ou sur une autre. Le spectateur est acteur et doit déceler lui-même les indices à glaner. Le travail sur l’ombre et la lumière effectué par le réalisateur est déjà exemplaire sur un noir et blanc mettant en valeur les sombres actions des personnages. Le film bénéfice d’un casting très riche, avec un Pierre Fresnay qui s’amuse follement dans son rôle d’inspecteur mené par le bout du nez. Noël Roquevert est une fois de plus prodigieux et Suzy Delair toujours aussi truculente et charmeuse. C’est un film d’une autre époque, certes, mais qui n’a pas vieilli (mis à part quelques dialogues et les tons empruntés des acteurs).

Ma note : 7,5/10

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commentaires

dasola 29/10/2010 19:05


Bonsoir Neil, c'est un film que j'ai en K7 VHS (oui, oui). Je ne l'ai pas revu depuis longtemps mais ton billet me donne envie et puis cela sera le plaisir de revoir Fresnay, Larquey et Roquevert
et les autres. C'est un Clouzot "mineur" mais de bonne facture. Bonne soirée.


Neil 30/10/2010 10:25



Bonjour Dasola, oui c'est un Clouzot mineur, mais un grand film quand même.



Eeguab 20/10/2010 20:06


Les cartes de visite de Monsieur Durand sont l'un de mes premiers souvenirs de cinéma(à la télé,il passait déjà quand j'étais jeune,c'est dire l'ancienneté).C'est l'un des films que j'ai vus le
plus souvent.J'adore le trio infernal,le mielleux Larquey,l'hypocrite Tissier et le raide Roquevert.Pierre Fresnay a repris le rôle de L'inspecteur Wens dans Le dernier des six,film très plaisant
aussi.A bientôt.


Neil 22/10/2010 08:23



Je regarderai un de ces quatre Le dernier des six. Bonne idée, merci.



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