Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 06:51

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Fiche technique
Film allemand
Date de sortie : 20 avril 2011
Titre original : Die Fremde
Genre : destin de femme
Durée : 1h59
Scénario : Feo Aladag
Image : Judith Kaufmann
Musique : Max Richter et Stéphane Moucha
Avec Sibel Kekilli (Umay), Settar Tanriögen (Kader), Derya Alabora (Halime), Florian Lukas (Stipe), Tamer Yigit (Mehmet), Serhad Can (Acar)…

Synopsis : Pour protéger son fils de son mari violent, Umay, une jeune femme turque d’origine allemande, quitte Istanbul et retourne vivre dans sa famille à Berlin. Mais les membres de sa famille, prisonniers des valeurs de leur communauté, ne l’accueillent pas comme elle l’espérait. (allocine)

Mon avis : Jamais sans mon fils

Comédienne assez connue en Allemagne, Feo Aladag réalise avec L‘étrangère son premier film. Militante féministe, elle s’est inspirée de quelques faits divers qui ont malheureusement émaillé l’actualité outre-Rhin ces dernières années. Ceux-ci avaient pour protagonistes des femmes victimes de meurtres « pour l’honneur » commis au sein même d’une famille. Des histoires de femmes empêchées de conquérir leur indépendance  par des codes ancestraux et des morales pudibondes. A une époque où l’on entend critiquer l’individualisme qui nait de nos sociétés capitalistes et libérales, le propos mérite notre intérêt et éclaire le débat d’une manière risquée mais intéressante.

Autour d‘Umay gravitent pas mal de connards. Connard numéro un, c’est son mari qui la bat quand elle rentre de la clinique d’avortement et qui met en péril l’équilibre de leur fils. A cause de lui elle fuit Istanbul et part rejoindre sa famille à Berlin. Là elle retrouve Connard numéro deux, alias son père. Celui-ci l’accueille froidement quand elle lui explique la situation, et lui intime l’ordre de retourner chez son mari. Quand elle persiste dans sa volonté de rester chez eux, apparait Connard numéro trois, son frère, qui programme en secret le kidnapping de son fils pour qu’il aille retrouver son père. A bout, Umay se décide à fuir de nouveau et se retrouve seule avec son fils.

La force de L‘étrangère se ressent dès les premières scènes du film. Il réussit à nous happer dès les premières images et on est embarqué d’emblée dans l’histoire de cette femme courageuse qui brave tous les interdits. C’est impressionnant de voir tout ce que cette femme ose, uniquement pour être heureuse et pour l’amour de son enfant. Certaines scènes poussées à l’excès frisent le ridicule, on se dit que non, ce n’est pas possible, elle n’ira pas jusque là. Mais si, et c’est peut-être ce jusque-boutisme qui rend ce personnage si singulier. Elle est persuadée d’avoir raison, et même si c’est dur elle ne dévie pas de sa trajectoire et de son but : réussir sa vie de femme tout en restant soudée à sa famille et à sa communauté.

Et L‘étrangère évite habilement pas mal de poncifs. On pourrait tomber facilement dans l’intolérance primaire et le mépris de ces étrangers. Or ce n’est pas le cas : le fait de choisir un destin individuel de femme donne une portée général au sujet, et même si on frise parfois les clichés, l’intelligence de la mise en scène évite le pire. L’actrice principale est en particulier admirable, elle porte en elle ce personnage de femme forte et innocente qui se bat contre des préjugés et les lourdeurs de certains principes. Le seul bémol qu’on puisse apporter au film est qu’il est un petit peu trop chargé et qu‘il en devient presque outrancier, particulièrement à la fin. Reste qu’il est très émouvant, brûlant parfois, et son discours est particulièrement important.

Ma note : **

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