Partager l'article ! L’exercice de l’état (2011) Pierre Schoeller: Fiche technique Film français Date de sortie : 26 octobre 2011 Genre : arcan ...

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 26 octobre 2011
Genre : arcanes du pouvoir
Durée : 1h52
Scénario : Pierre Schoeller
Image : Julien Hirsch
Musique : Philippe Schoeller
Avec Olivier Gourmet (Bertrand Saint-Jean), Michel Blanc (Gilles), Zabou Breitman (Pauline), Laurent Stocker (Yan), Didier
Bezace (Woessner), Jacques Boudet (Le sénateur Juillet)…
Synopsis : Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean
est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odysée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus
complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique… tout s’enchaîne et se percute.
Mon avis : On ne fait pas de politique avec de la
morale, mais on n’en fait pas davantage sans
Présenté à la sélection Un certain regard au Festival de Cannes 2011, L’exercice de l’état
y reçu le prix Fipresci. C’est un prix décerné par un jury constitué de critiques de cinéma internationaux. Il existe depuis 1962 et a également récompensé entre autres L’ange
exterminateur de Bunuel, La maman et la putain de Jean Eustache, Le sacrifice de Trakovski ou bien Exotica d’Atom Egoyan. Ce qui n’est pas forcément un gage de qualité mais donne une belle mesure de
l’attente qu’il peut générer. Le film n’est d’ailleurs par réalisé par un cinéaste débutant puisque Pierre Schoeller avait déjà mis en scène Versailles, avec
Guillaume Depardieu, en 2008. Son premier film avait déjà mis la puce à l’oreille de la critique.
Dans un luxueux bureau, d‘étranges hommes en capuches préparent les lieux. Une femme nue arrive, fière et mystérieuse. Elle se
dirige d’un pas décidé vers un crocodile et s’allonge en face de lui, les jambes écartées. Soudain elle s’avance et se glisse tête la première dans la gueule de l’animal. C’est le téléphone qui
réveille Bertrand Saint-Jean de ce rêve érotique qui l’a troublé. Un accident vient de se produire et son directeur de cabinet l’en informe sur le champ. La réalité stoppe sur le champ une petite
sauterie organisée au ministère des transports, et les collaborateurs de Saint-Jean improvisent le déplacement du ministre sur les lieux du drame. Il s’y rend avec son attachée de presse qui le
suit partout.
On regarde L‘exercice de l'état avec une fascination qui monte crescendo. Est-ce uniquement par son sujet ou
par sa mise en scène que le film nous tient en haleine si brusquement, sans doute un peu des deux. C’est à la fois captivant et terrifiant que de suivre au jour le jour les tourments de ceux qui
nous gouvernent. Sans aucun doute réaliste dans sa façon de présenter les personnages et les situations potentielles auxquelles ils ont affaire, le film n’occulte pas non plus une certaine idée
du romanesque, ménageant quelque scène spectaculaire et n’hésitant pas à nous offrir de beaux portraits d’hommes et des femmes dans toute leur complexité.
Enfin, L‘exercice de l‘état est surtout le portrait d‘un homme, et pas n‘importe lequel puisque c‘est un
homme de pouvoir. C’est peut-être le défaut mineur que l’on peut concéder au film que de ne pas creuser davantage les personnages secondaires, tout aussi important dans la pratique de la
politique. Mais en se centrant sur ce personnage clé, le film permet de l’analyser sous toutes ses coutures : il se montre froid et calculateur mais également en proie aux doutes et profondément
humain. La justesse de l’interprétation de l’énorme acteur qu’est Olivier Gourmet joue énormément à donner de la chair à cet homme en plein milieu de conflits internes mais également en
porte à faux face à ses électeurs potentiels. Si les questions partisanes ou d’appareil politique ne sont pas évoquées, le film est en plein dans la modernité et nous présente un état des lieux
assez glaçant des sphères de pouvoir.
Ma note : ***
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