Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L’ordre et la morale (2011) Mathieu Kassovitz

par Neil 28 Novembre 2011, 06:56 En salles

Ordre_Morale.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 16 novembre 2011
Genre : fait historique
Durée : 2h16
Scénario : Pierre Geller et Benoît Jaubert, d’après l’œuvre de Philippe Legorjus
Image : Marc Koninckx
Musique : Klaus Badelt
Avec Mathieu Kassovitz (Philippe Legorjus), Iabe Lapacas (Alphonse Dianou), Malik Zidi (JP Perrot),  Alexandre Steiger (Jean Bianconi), Philippe Torreton (Christian Prouteau), Sylvie Testud (Chantal Legorjus)

Synopsis : Avril 1988, Île d'Ouvéa, Nouvelle-Calédonie. 30 gendarmes retenus en otage par un groupe d'indépendantistes Kanak. 300 militaires envoyés depuis la France pour rétablir l'ordre. 2 hommes face à face : Philippe Legorjus, capitaine du GIGN et Alphonse Dianou, chef des preneurs d’otages. (allocine)

Mon avis : L’échec des négociations

Plus de trois ans après l‘échec monumental de son Babylon A.D., dont le documentaire Fucking Kassovitz fait beaucoup jaser en ce moment, Mathieu Kassovitz revient à la réalisation. Il prend pour l’occasion un sujet polémique à bras le cœur, les violences qui ont précédées les accords de Matignon en 1988. Une des scènes du film résume très bien le contexte politique de l’époque : une télévision retransmet le débat télévisé de l’entre deux tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac. Deux minutes sont octroyés aux deux hommes pour parler de la Nouvelle Calédonie, où une prise d’otage de gendarmes est en cours. L’un se déclare formellement pour les négociations, l’autre pour le maintien de l’ordre à tout prix. A une situation extrêmement tendue localement, la réponse de la Métropole se fait attendre.

En plein milieu de la nuit, le capitaine du GIGN Philippe Legorjus reçoit un coup de téléphone de son état major. C’est la crise en Nouvelle Calédonie, où un groupe de gendarmes a été pris en otage par des kanaks. Il doit partir sur place avec ses troupes pour régler la situation. Dans l’avion qui les mènes à Nouméa, le capitaine explique son plan d’attaque : retrouver les otages et privilégier le dialogue. En arrivant, il constate amèrement que l’armée a été envoyée sur place en renfort. Au camp, il demande des explications et on lui explique que Paris a délégué ses troupes armées pour maîtriser la situation au plus vite. Nous sommes à la veille de l’élection présidentielle et il faut absolument que l’incident soit résolu au plus vite. Constatant la différence de stratégie entre les deux équipes, Philippe ne peut que s’incliner devant la hiérarchie militaire.

Avec L’ordre et la morale, Mathieu Kassovitz éclaire une page de l’histoire de France qui est peu connue du grand public, et il en donne une version qui diffère quelque peu des explications officielles. Pour se faire, il travaille depuis dix ans à l’apation d’un livre de Philippe Legorjus, capitaine du GIGN et parti prenante du conflit. C’est un geste louable, compte tenu de la frilosité de certains réalisateurs à repenser l’histoire récente et de l’hypocrisie de certains hommes d’état qui sont prompts à donner des leçons de morale aux autres pays sans faire d’autocritique. Interdit en Nouvelle Calédonie, qui doit se prononcer d’ici deux ans sur son indépendance, le film fait donc office de petite bombe. Toute la question est maintenant de savoir quelle est la portée d’un tel exercice artistique, quelle est la part de neutralité dans les propos, et accessoirement quelle est la valeur cinématographique du film.

Car c’est bien cela qu’on est à même de diagnostiquer quand on voit L’ordre et la morale : en tant qu’œuvre, le film remplit-il son rôle ? En partie : si le film se distingue par une certaine qualité dans la forme, il laisse perplexe sur de nombreux points. Son rythme est tout d’abord un peu bancal : à un début poussif succède une seconde moitié plus intéressante. Il n’évite pas non plus les écueils de la pédagogie à outrance : verbeux, on voit bien que Kassovitz a voulu prendre les pincettes pour bien expliquer une situation complexe. Le problème est qu’il rend les choses très manichéennes, et entre les gentils négociateurs et les brutes épaisses de l’armée il n’y a pas grand-chose. Le film devient vite un objet à thèse qui multiplie les effets de mise en scène. Voulant montrer toute sa palette de metteur en scène, Kassovitz met en lumière un talent indéniable mais agace par son côté démonstratif et nerveux. On ressent certes l’urgence, et certaines scènes sont tout à fait efficaces, mais le réalisateur se regarde un peu trop filmer et paradoxalement dessert son sujet.

Ma note : *

commentaires

Gaffeur 27/08/2016 23:49

Sur la forme le film est excellent et parfois virtuose (le plan séquence racontant la prise d'otage, un des plus beaux de la décennie !) mais sur le fond on a une histoire qui traîne en longueur...

D&D 15/01/2012 00:10


A un moment, je me suis demandé si j'irais... Bon ben, décidément, c'est la journée, je continue à "passer mon tour" :-)


 

Neil 15/01/2012 17:49



Oh bah il est pas si mauvais  :Phil Siné l'a même mis haut dans son top 2011



Phil Siné 30/11/2011 13:44


re-pfffffff...

Neil 30/11/2011 17:33



Mdr : ça c'est de l'argumentation :p



ffred 30/11/2011 00:54


Une vraie catastrophe ! Aussi raté sur la forme que sur le fond, j'ai eu du mal à aller au bout...

Neil 30/11/2011 17:33



Non faut pas exagérer. C'est pas un grand film m'enfin bon...



CHRISTOPHE LEFEVRE 30/11/2011 00:42


Un film que j'ai plutôt apprécié, malgré ses défauts. Pas un chef d'oeuvre, mais intéressant quand même. La démarche me paraît aussi intéressante, au-delà de la polémique et des débats passionnés
sur la réalité de la vision de Kassovitz. On est tellement frileux en France, quand il s'agit d'aborder ce genre de sujets...

Neil 30/11/2011 17:32



C'est ça que je trouve aussi intéressant. Kasso n'a pas peur d'aborder frontalement un sujet de l'histoire récente. La réussite totale n'est pas là mais c'est pas mauvais non plus



Wilyrah 28/11/2011 22:31


Absolument pas tenté par ce film au casting digne de Sous le soleil. 

Neil 29/11/2011 13:35



Oh sur le casting ça va... Kasso est pas top mais y a Malik Zidi, Philippe Torreton ou Sylvie Testud. Certes sur des seconds rôles mais quand même...



Haut de page