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La bande des Jotas (2013) Marjane Satrapi

par Neil 4 Février 2013, 06:03 Avant-Première

Bande_Jotas.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 6 février 2013
Duré : 1h14
Genre : road-movie en Espagne
Scénario : Marjane Satrapi
Image : Cristian Pirjol
Musique : Denis Vautrin
Avec Matthias Ripa (Nils), Marjane Satrapi (La femme), Stéphane Roche (Didier), Maria de Medeiros (Maria), Ali Mafakheri (Jose)...


Synopsis: Nils et Didier arrivent dans le sud de l'Espagne pour participer à un tournoi de badminton. Arrivés à l'hôtel, ils se rendent compte qu'ils se sont trompés de valise. La femme qui possède le même bagage leur donne rendez-vous pour procéder à l'échange. Bouleversée, elle leur explique avoir de gros problèmes avec la bande de mafieux qui a tué sa soeur. Cinq tueurs dont les prénoms commencent tous par des “J” semblent être à ses trousses.

Mon avis
: la cinglée avec les deux garçons

Pour préparer La bande des Jotas, Marjane Satrapi tenait à donner libre cours à l’improvisation. Après avoir sorti Persepolis et Poulet aux prunes, deux projets qui lui tenait à cœur et qui étaient adaptées de ses bandes dessinées, la réalisatrice avait besoin d’un projet plus expérimental. Pour la première fois, elle s’essaye seule à la mise en scène, et c’est sans l’aide de Vincent Paronnaud qu’elle se lance dans cette aventure. Avec seulement une idée simple, elle part tourner en Espagne et se laisse guider par son inspiration. Au jour le jour, le scénario s’écrit et elle laisse l’œuvre se créer au fil de l’eau. Elle a bien conscience du caractère expérimental de son film, qu’elle souhaite intégrer dans une plus grande œuvre. Entre deux films aux budgets plus conséquents, elle réalisera des petits films aux quatre coins du monde, à la narration plus libre.

En arrivant dans sa chambre d'hôtel, une femme ouvre sa valise et se rend compte, en voyant deux raquettes de badminton avec des volants, que celle-ci ne lui appartient pas. Elle trouve le numéro de téléphone de son propriétaire, l'appelle et il arrive avec son ami récupérer son bagage. Quand ils rentrent dans la chambre, la femme est en pleurs au téléphone. À sa demande, ils s'asseyent en attendant qu'elle termine son appel. Elle les remercie de s'être déplacée et avant qu'ils s'en aillent leur demande ce qu'ils ont prévu de faire. Elle s'incruste alors avec eux pour aller boire un verre et dans la voiture apprend qu'ils y dorment, n'ayant pas les moyens de réserver une chambre d'hôtel. Elle leur propose de leur offrir à dîner, et arrivés à table, commence à leur raconter une théorie fumeuse qu'elle a élaborée autour des prénoms.


La fragilité du budget de La bande des Jotas se ressent fortement en voyant le film. Les images ne sont pas particulièrement léchées, le casting est restreint et la postsynchronisation laisse parfois à désirer. On se retrouve en face d’une sorte de brouillon qu’on pourrait croire fini à la va-vite. C’est sans doute la volonté de Marjane Satrapi, de se libérer des contraintes lourdes qu’elle a pu ressentir auparavant, mais il faut bien avouer que le résultat n’est pas très convaincant. On se demande à plusieurs moment du film où veut en venir la réalisatrice et quel est le sens de l’opération. Bien que le film soit court (moins d’une heure et demi), on se surprend à bailler et on se demande devant plusieurs plans ce qu’ils font là. Au mieux peut-on se dire que c’est agréable de voir le côté artisanal du processus, au pire on se dit que c’est franchement vain.

En gros, seul le premier quart d’heure de La bande des Jotas réussit vraiment à convaincre. Marjane Satrapi réussit parfaitement à nous présenter ses personnages, et le côté foutraque et bancal a quelque chose de séduisant. Sauf que très rapidement on se lasse d’être transporté de scène en scène, la réalisatrice répétant à chaque fois les mêmes running gags et les mêmes situations. La direction d’acteur est quasi inexistante et ils ont tous l’air de ne pas trop savoir ce qu’ils font là. Ils sont constamment en plein décalage et ont l’air d’ânonner leurs dialogues, pas très passionnants, sans grande conviction. Le scénario est non seulement maigre mais très prévisible et on n’es retient pas grand chose. Un petit coup dans l’eau, donc, pour cette expérience fragile qui ne laissera sans doute pas de marques.


Ma note : *

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