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La chatte sur un toit brûlant (1958) Richard Brooks

par Neil 13 Avril 2011, 05:49 1950's

Chatte_Toit.jpg
Fiche technique
Film américain
Date de sortie : 28 décembre 1958
Titre original : Cat on a hot tin roof
Genre : famille en crise
Durée : 1h48
Scénario : James Poe, d’après l’œuvre de Tennessee Williams
Image : William H. Daniels
Musique : Charles Wolcott
Avec Elizabeth Taylor (Maggie Pollitt), Paul Newman (Brick Pollitt), Judith Anderson (Big Mamma), Burl Ives (Big Daddy), Madeleine Sherwood (Mae), Jack Carson (Gooper Pollitt)…

Synopsis : Après le suicide de son meilleur ami, Brick se réfugie dans l'alcool et s'éloigne de sa femme, Maggie, qu'il soupçonne d'être la cause du drame. (allocine)

Mon avis : You can’t hide from the truth because the truth is all there is

Peu de dramaturges ont été aussi bien adapté que le fut Tennessee Williams, et La chatte sur un toit brûlant n’est pas une exception à la règle, malgré ce que certains peuvent penser. Et ce qui est fascinant c’est que toutes ces grandioses adaptations le furent durant son vivant. Il est ainsi étonnant de constater combien avec lui l’art théâtral et l’art cinématographique sont complémentaire. Les films adaptés de ses pièces n’ont ni l’éloquence guindée des pièces de théâtre classique, ni la trompeuse artificialité des pièces modernes. Ses histoires vivent, décrivent des être humains en souffrance et sont vibrantes d’émotion et de sensualité.

Dans leur chambre, Maggie et Brick font lit à part : lui préfère dormir sur le canapé tandis que sa plantureuse épouse dort dans le lit conjugal. Il faut dire que depuis quelques temps Brick boit, un peu trop au goût de Maggie qui l’a vu rentrer la nuit dernière une jambe dans le plâtre car il avait tenté de sauter des haies soûl. Malgré tout Maggie tente de sauver son mariage, et elle veut à tout prix convaincre son mari d’accueillir à bras ouvert le père de celui-ci qui fêtera bientôt son anniversaire.  Car Big Daddy est un homme influent, propriétaire terrien malade qui règne en despote sur sa petite famille.

Le personnage principal de La chatte sur un toit brûlant n‘est pas un homme, c‘est bien une femme. Et quelle femme : cette Maggie a un caractère certain, pour ne pas dire un sacré caractère. Elle sait ce qu’elle veut, que ce soit récupérer son mari ou obtenir sa part d’héritage, et elle entend bien le dire haut et fort. Une femme de la trempe d’une Scarlett O’Hara, qu’on aime autant pour son côté chipie que pour sa grandeur d’âme. Car à côté de la mesquine petite belle-famille qu’elle est obligée de se coltiner, voilà un personnage haut en couleur et en honnêteté. C’est bien de ça dont on parle dans le film, la sincérité et le courage de dire la vérité. Toutes les familles ont des cadavres dans le placard et une fois que la vérité commence à sortir on ne peut plus l’arrêter.

Et pourtant La chatte sur un toit brûlant élude le sujet principal de la pièce, et c‘est-ce que beaucoup lui reprochent. Si Brick se sent si mal depuis la mort de son meilleur ami, c’est qu’il était plus que ça pour lui. Le film ménage le suspens très longtemps pour ne jamais évoquer la question. Pourtant tous les signes sont là : l’über-sexualité de Paul Newman, la façon dont il rejette sa femme (et pourtant la sensualité d’Elizabeth Taylor est ultra mise en avant ici), la relation quasi-mystique évoquée entre les deux hommes… On peut arguer que nous sommes en 1958 et que la société de l’époque est trop prude, mais deux ans plus tard sortait Soudain l’été dernier. Seulement Richard Books n’a pas le talent de Mankiewicz, à qui les critiques de l’époques ont d’ailleurs reproché cette audace. Non, la qualité de la mise en scène et de l’interprétation est là, le sujet reste fort : ne boudons pas notre plaisir.

Ma note : ****

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commentaires

Phil Siné 14/04/2011 10:36


"über-sexualité" ? ;)
j'ai toujours trouvé le titre de ce film très rigolo... j'ai failli aller le voir à la filmo ces temps-ci... je devrais peut-etre finalement... surtout que je me rends compte que j'ai presque rien
vu avec elizabeth taylor...


Neil 14/04/2011 11:31



Et là je me rends compte qu'on écrit en fait "übersexualité". C'est un concept qui m'amuse ^^
Le titre du film est assez croustillant. Je l'ai vu à la filmothèque. Avec elle je peux également te conseiller Soudain l'été dernier, que je trouve remarquable.



Franka 13/04/2011 14:12


J'adore ce film, je l'ai vu au moins 10 fois ...Tout est magnifique, depuis la flamboyante Maggie jusqu'aux insupportables enfants sans cou.
A propose de l'homo(ou plutôt de la bi)sexualité de Brick-Paul Newman, je ne suis pas d'accord avec toi, je trouve qu'elle est parfaitement évoquée, tout en finesse, pas plus refusée ou déniée
qu'elle l'est dans la "vraie vie" . Nous avons tous des Brick dans notre entourage (en tous cas j'en connais), maris et pères, mais aux amitiés masculines très fortes,et pourtant pas plus
officiellement "lisibles". Le propos du film est là encore très juste : Brick ne peut pas évoquer plus clairement ce qu'il ne sait pas vraiment lui-même.
Et que dire de l'affection assez nettement libidineuse que Big Daddy porte à somptueuse belle-fille ? Parfait, là aussi, à peine évoqué dans uen seule phrase assez graveleuse toutefois pour qu'on
ait tout compris ("si j'étais à la place de Brick il y a longtemps que je t'aurais fait des enfants").
Et ciel, qu'ils sont beaux , Maggie et Brick ! Magique !


Neil 13/04/2011 22:09



Ce que tu dis là est très intéressant. J'avoue que je n'ai pas lu l'oeuvre de Tenessee Williams mais beaucoup de gens disent que le thème de l'homsexualité y est bien plus présente, et
que Richard Brooks l'a volontairement gommé. Il n'empêche que le film est somptueux et que, tu as raison de le souligner, de nombreux thèmes sous-jacents sont également évoqués.



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