Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 06:37

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Fiche technique
Film américain
Titre original : The help
Date de sortie : 26 octobre 2011
Genre : tire-larmes
Durée : 2h26
Scénario : Tate Taylor, d’après l’œuvre de Kathryn Stockett
Image : Stephen Goldblatt
Musique : Thomas Newman
Avec Emma Stone (Skeeter), Jessica Chastain (Celia Foote),  Bryce Dallas Howard (Hilly Holbrook), Viola Davis (Aibileen Clarck),  Allison Janney (Charlotte Phelan), Sissy Spacek (Missus Walters)…

Synopsis : Dans la petite ville de Jackson, Mississippi, durant les années 60, trois femmes que tout devait opposer vont nouer une incroyable amitié. Elles sont liées par un projet secret qui les met toutes en danger, l’écriture d’un livre qui remet en cause les conventions sociales les plus sensibles de leur époque. (allocine)

Mon avis : De l’art et la manière d’enfoncer des portes ouvertes

En 2009 sort aux Etats-Unis The Help, premier roman de Kathryn Stockett. Le roman va surprendre par son succès et sera traduit en français sous le titre La couleur des sentiments - une traduction bien malheureuse : « the help » signifie en français « les petites mains ». Forte de son succès, l’auteure a pu envisager sereinement l’adaptation de son livre qui avait, pour la petite histoire, été refusé par une soixantaine d’agents littéraires. Et justement, son ami Tate Taylor (c’est qu’elle est un tout petit peu « FAP » la petite Kathryn) lui avait promis de mettre en scène son roman. En plus ça lui donne l’occasion de réaliser son premier film. : la vie est bien faite, n’est-il pas.

Dans une cuisine Aibileen raconte sa vie de domestique à la jeune Skeeter. Elle travaille pour Miss Elizabeth, et sa vie se partage entre la petite fille dont il faut s’occuper, la cuisine qu’il faut préparer et le ménage qui doit être fait. Il faut dire qu’Elizabeth n’est pas une femme au foyer des plus modèle : elle préfère largement organiser des parties de cartes avec ses amies aux câlins avec sa fille. La meilleure amie d’Aibileen s’appelle Minny, et elle aussi est domestique. Elle travaille pour Miss Hilly, qui a des idées bien arrêtées, en particulier en ce qui concerne les « gens de couleur ». Elle ne supporte d’ailleurs pas de devoir partager ses toilettes avec sa bonne, et décide donc d’en faire installer dans le garage au fond du jardin. Elle trouve même que c’est une très bonne idée, et envisage de faire passer une loi qui la généralise.

On a envie de défendre tout ce que raconte La couleur des sentiments. Le film brasse un bon nombre d’injustices qui gangrénaient le sud des Etats-Unis au milieu des années 60, et continuent de le faire dans bon nombre de ses Etats. Le racisme c‘est mal, la condition des femmes n’est pas brillante, certes. Mais quand on a dit ça, on a un peu tout dit. Sauf que le film dure près de deux heures et demie, et qu’il annone son laïus tout du long. Les scènes démonstratives se succèdent les unes après les autres sous un torrent de violons et de bons sentiments. On est en plein dans le politiquement correct qu’il est de bon ton d’adopter avec de tels sujets, tellement sacralisés qu’on les croiraient baignés dans du formol. La mise en scène plate n’arrange rien, et si la reconstitution de l’époque est très jolie, on peut largement lui préférer celle qui est opérée dans un objet pourtant télévisuel, à savoir Mad Men pour ne pas le nommer.

Une chose est cependant à sauver dans La couleur des sentiments, et c‘est son casting. D’aucuns loueront les prestations de la petite Emma Stone - très en verve depuis quelques temps -, de Bryce Dallas Howard qu’on reconnait à peine en peste odieuse, ou de Jessica Chastain - dont la performance est tout à fait remarquable. Mais les second rôles sont particulièrement réussis : Sissy Spacek est absolument formidable en grand-mère alcoolo qui fait semblant de plus avoir toute sa tête, Mary Steenburgen crève l’écran dans les trois ou quatre pauvres scènes dans lesquelles elle apparait et Allison Janney, qu’on avait remarquée l’an dernier dans Life during wartime, nous prouve une fois de plus son talent. Enfin côté masculin on notera la courte mais hilarante apparition de Leslie Jordan, un des comédiens de la mythique série Sordid lives. Mis à part ce casting, pas grand-chose à sauver de ce film dégoulinant et mielleux, important dans son discours mais qui n‘apporte rien de nouveau de ce qu‘on ne savait déjà.

Ma note : *

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