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La désintégration (2012) Philippe Faucon

par Neil 9 Février 2012, 06:24 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 15 février 2012
Genre : endoctrinement fatal
Durée : 1h18
Scénario : Eric Nebot
Image : Laurent Fenart
Musique : Benoît Schlosberg
Avec Rashid debbouze (Ali), Yassine Azzouz (Djamel), Ymanol Perset (Hamza), Mohamed Nachit (Nasser), Zahra Addioui (La mère d’Ali), Kamel Laadaili (Le frère d’Ali), Keltoume El Hanafi (La soeur d’ Ali)…


Synopsis : Une cité dans l’agglomération lilloise, aujourd’hui. Ali, Nasser et Hamza, âgés d’une vingtaine d’années, font la connaissance de Djamel, dix ans de plus qu’eux. Aux yeux d’Ali et ses amis, Djamel apparaît comme un aîné aux propos acérés et au charisme certain. Habile manipulateur, il endoctrine peu à peu les trois garçons.

Mon avis : Comment je suis devenu un fanatique

Avec La désintégration, c'est le quatrième long-métrage que sort Régis Faucon, metteur en scène qui alterne projets cinématographiques et télévisuels. Nombreux de ses films parlent des banlieues, adoptant un point de vue absolument pas misérabiliste pour tenter de décrire la réalité des faits, sans stigmatisation ni parti pris. Ses films sont souvent bien accueillis par le Landerneau du septième art, en particulier son dernier long-métrage, La trahison. Ce film sorti en 2006 avait le mérite d’aborder un sujet souvent tabou, celui de la « Guerre sans nom » mené en Algérie. Ici également, le sujet est sensible, c’est celui du terrorisme et de ses liens avec les fondamentalistes religieux.

Au sein d’une banlieue de Lille, la famille d’Ali pratique un islam modéré. Son frère va bientôt épouser une non musulmane et sa sœur ne porte pas le voile. Leur mère suit bon gré mal gré ces évolutions, l’important pour elle est que ses enfants soient heureux. Elle va régulièrement voir son mari, hospitalisé et regarde d’un œil attristé la lente dérive de son fils. Ali est en formation professionnelle et cherche un stage de fin d’études. Sérieux, il envoie sa lettre de candidature et son CV à de nombreuses entreprises mais a du mal à décrocher un entretien. Il traine de plus en plus dans sa chambre et commence à perdre pied et à ne plus avoir beaucoup d’espoir.

Sans aucun doute La désintégration est-il un film qui aborde de façon très honnête son sujet. Aucun amalgame n’est à signaler dans l’histoire qui nous est racontée. On peut à la limite trouver caricatural ou factice cet antagonisme entre des personnages modérés et d’autres fanatiques. En même temps le réalisateur prend bien soin de nous dépeindre le parcours d’Ali et les étapes progressives qui le mènent à avoir un comportement extrême. La vision globale des banlieues qui en ressort est un portrait nuancé, avec divers points de vue qui ont tous autant d’importance dans le récit les uns que les autres.

On voit bien que le réalisateur sait combien son sujet est délicat et ne veut surtout pas être mal perçu ou qu’on interprète mal son propos. Tout ça, ce qui constitue La désintégration, on le perçoit tout à fait dans la note d’intention du réalisateur, mais ça ne reste trop souvent qu’un beau projet, presque un vœu pieux. La mise en scène ne fait que traduire lourdement cette volonté, accumulant les surinterprétation des faits, nous abreuvant d’un verbiage explicatif. La plupart des scènes se succèdent les unes aux autres pour appuyer la précédente.

Nous avons devant nos yeux un schéma du style thèse-antithèse-synthèse. Si on adhère au propos de La désintégration, le rendu est par trop didactique et fort peu cinématographique, les plans fixes se succédant les uns aux autres. Le casting est toutefois tout à fait appréciable : si le frère de Jamel s’en sort assez bien, on retient surtout la performance d’acteurs non professionnels comme celle de la mère du personnage principal.


Ma note : *

La désintégration (2012) Philippe Faucon
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commentaires

D&D 02/04/2012 03:04


Ah oui, j'aime bien : "l'intégrisme pour les nuls" !


(D'ailleurs, ça a un côté pléonasme :-))) )

Neil 02/04/2012 10:51



Exactement ^^



D&D 30/03/2012 17:28


Bien d'accord sur la mère qui est une belle trouvaille. En revanche : "En même temps le réalisateur prend bien soin de nous
dépeindre le parcours d’Ali et les étapes progressives qui le mènent à avoir un comportement extrême.". Précisément, je trouve qu'il le fait pas tout, que le basculement, en particulier, n'est
pas traité. Dommage, car voilà quelqu'un dont j'aurais comme "envie d'aimer" le travail, et là, je n'y arrive vraiment pas. C'est d'un scolaire...

Neil 31/03/2012 11:01



Je suis d'accord avec toi, c'est très scolaire, et c'est ce que j'essayais d'expliquer. Philippe Faucon nous explique bien avec moultes détails les tenants et les aboutissants, un peu à la
manière d'un "intégrisme pour les nuls", ce qui annihile son propos.



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