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La femme du Vème (2011) Pawel Pawlikowski

par Neil 21 Novembre 2011, 06:56 En salles

Femme_Veme.jpg
Fiche technique
Film polonais
Titre original : The woman in the fifth
Date de sortie : 16 novembre 2011
Genre : femme troublante
Durée : 1h25
Scénario : Pawel Pawlikowski, d’après l’œuvre de Douglas Kennedy
Image : Ryszard Lenczewski
Musique : Max de Wardener
Avec Ethan Hawke (Tom Ricks), Kristin Scott Thomas (Margit Kadar),  Samir Guesmi (Sezer), Joanna Kulig (Ania), Geoffrey Carey (Laurent), Delphine Chuillot (Nathalie)

Synopsis : Tom Ricks, romancier américain, la quarantaine, vient à Paris dans l’espoir de renouer avec sa fille. Mais rien ne se passe comme prévu : démuni, logé dans un hôtel miteux, il se retrouve contraint de travailler comme gardien de nuit. Alors qu’il croit toucher le fond, Margit, sensuelle et mystérieuse, fait irruption dans sa vie. (allocine)

Mon avis : Perdu dans la traduction

Avant La femme du Vème, je n’avais jamais entendu parler de Pawel Pawlikowski, qui en est pourtant à son troisième ou quatrième long-métrage. Seul son précédent, Summer of love, est sorti en France en 2005, avec Emily Blunt dans le rôle principal et pas mal de bonnes critiques de la part de la presse. Il s’attèle ici à l’adaptation d’un roman de Douglas Kennedy, qui fait l’objet soit dit en passant de quelques adaptations dans l’hexagone : L’homme qui voulait vire sa vie est sorti l’an dernier tandis que La poursuite du bonheur d’Olivier Assayas semble pour l’instant encore à l’état de projet. En l’occurrence l’enjeu est autre puisque La femme du Vème est considéré par beaucoup (mais pas par moi) comme l’un des moins bons romans de l’auteur. Pawlikowski en fait d’ailleurs une adaptation toute personnelle.

Quand il arrive à Paris, Tom Ricks toque à la porte de son épouse. Il vient passer du temps avec sa fille et coller les morceaux avec sa femme. Celle-ci l’éconduit promptement, allant jusqu’à appeler la police pour le déloger. Sur le trottoir il croise sa fille qui est étonnée de le trouver ici. Mais la police arrive et il doit fuir subitement : il prend le premier bus qui passe. Arrivé au terminus, il se réveille et constate que sa valise lui a été volée. Il erre dans les rues, s’arrêtant dans un vague troquet pour boire un café. ; c’est là qu’il se rend compte qu’on lui a également volé son portefeuille. Il demande à parler au propriétaire, lui expliquant sa situation. Le gérant lui propose alors une chambre à louer à condition qu’il lui laisse son passeport en attendant qu’il trouve de l’argent.

En fait La femme du Vème n’est pas vraiment une adaptation du roman de Douglas Kennedy. On y trouve l’ossature principale du livre mais finalement Pawel Pawlikowski réussit à en faire un film personnel. On ne peut lui reprocher d’avoir trahi l’œuvre, puisque les évènements factuels principaux sont les mêmes dans le roman et dans le film. L’interprétation de faits et l’atmosphère, qui sont essentiels dans cette histoire, bougent légèrement de l’un à l’autre. C’est comme une variation sur un même thème, toute aussi intéressante que l’original. Ici on ne sait pas grand-chose de Tom Ricks, encore moins que dans le livre où son portrait était tout de même esquissé. Il en résulte un sentiment d’identification peut-être encore plus tenace, et un mystère plus prégnant : si le livre fonctionnait énormément sur cette ambiance étrange, le film navigue dans le flou en permanence.

C’est un des défauts qu’on peut attribuer à La femme du Vème : le film use et abuse du flou artistique, sans doute trop, ce qui en plus d’augmenter le caractère oppressant de l’intrigue finit par agacer le spectateur. Mais le film finit tout de même par distiller son petit charme, à l’image de son interprète principale Kristin Scott Thomas, royale comme toujours et mystérieuse comme jamais. A chacune de ses apparitions à l’écran elle semble irréelle, à l’image de son personnage principal. Si la fin du film peut décevoir, elle est à l’image de cette œuvre qui rechigne à tout expliquer. Ce qui est agréable, cela dit, de temps en temps. C’est peut-être une facilité pour un auteur qui n’a pas envie de s’encombrer de détails et qui laisse ainsi de nombreuses choses non résolues, mais ça laisse également place à l’imagination du spectateur, qui devient acteur de cette histoire pleine d’étrangetés et assez envoûtante.

Ma note : **

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commentaires

dasola 02/12/2011 08:50


Bonjour Neil, je compte bien faire un petit billet sur ce film vu le jour de sa sortie. J'ai été un peu perplexe devant cette histoire qui oscille entre le fantasmagorique et le "je ne sais
quoi". Ethan Hawke avec son charmant accent est vraiment bien et Paris a un air menaçant que l'on ne voit pas souvent au cinéma. Bonne journée.

Neil 02/12/2011 22:14



Bonsoir Dasola, l'ambiance du film est étrange, à l'image de celle du roman. Mais ça a son charme je trouve, même si le film n'est pas excellent non plus. Bonne soirée.



Marcozeblog 22/11/2011 17:07


Juste une question par simple curiosité. Deux étoiles, ça veut dire 3/5 en note pour Vance (qui a accepté ma candidature pour son palmarès) ?

Neil 25/11/2011 10:37



Ah oui en fait pour moi deux étoiles ici ça donne chez Vance entre 2,00 et 2,75, en passant par 2,25 et 2,5.



Marcozeblog 22/11/2011 17:03


Tu as bien pointé les mêmes défauts que moi, mais tu es globalement plus indulgent :-) J'ai trouvé que la fin, ça le faisait pas, alors que dans le roman un peu plus ...

Neil 25/11/2011 10:35



Justement je ne me souviens plus trop de la fin dans le roman. Ici c'est vrai qu'elle est un peu abrupte.



Wilyrah 21/11/2011 11:42


Je pense être en accord avec cet avis. Je pensais être le seul à avoir vu ce film vu que je ne tombais sur aucune critique sur la blogosphère et que ma fiche était restée dans l'ignorance la plus
complète ^^


Et nous sommes d'accord sur KST. 

Neil 21/11/2011 23:58



Si si, certains l'ont vu. J'irai lire ta fiche à l'occasion. ;)



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