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La guerre est déclarée (2011) Valérie Donzelli

par Neil 13 Août 2011, 05:14 Avant-Première

Guerre_Declaree.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 31 août 2011
Genre : tragédie maladive
Durée : 1h40
Scénario : Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm
Image : Sébastien Savine
Avec Valérie Donzelli (Juliette), Jérémie Elkaïm (Roméo), Michèle Moretti (Geneviève), Philippe Laudenbach (Philippe), Brigitte Sy (Claudia), Elina Lowensohn (Alex)…

Synopsis : Un couple, Roémo et Juliette. Un enfant, Adam. Un combat, la maladie. Et surtout, une grande histoire d’amour, la leur…

Mon avis : Faut pas qu’on réfléchisse ni qu’on pense, il faut qu’on avance

Portés par un sujet extrêmement sensible, les film qui traitent de la maladie sont parfois exécrables : à trop vouloir être dans l’empathie à l’extrême, ils deviennent mielleux et dégoulinants. Surtout si le personnage principal est un enfant, et que les auteurs ont vécu la même histoire. C’est dire si La guerre est déclarée partait avec de lourds a priori : Valérie Donzelli et son compagnon d’alors, Jérémie Elkaïm, ont vécu la maladie de leur bébé. Le temps a passé, ils ont souvent travaillé ensemble, notamment sur le premier film de la donzelle (elle est facile celle-là, je vous l’accorde), La reine des pommes, qui était parait-il pas mal du tout. Et en plus c’est leur fils qui joue le rôle d’Adam, l’enfant malade. Tout ça pour dire qu'au final le film est tout sauf sentimentaliste, bien au contraire.

Scène de la vie quotidienne : une femme accompagne son enfant de huit ans à l‘hôpital pour faire une IRM. Elle lui tient la main durant l‘examen pénible et se rappelle. Flash back : bien des années plus tôt, Juliette se trouve dans une fête techno. Elle s’ennuie un peu quand son regard tombe sur un jeune homme très mignon (on la comprend, c’est Jérémie Elkaïm). Ils se rapprochent, se présentent : il s’appelle Roméo. Coïncidence ou pas, les deux tourtereaux ne vont dès lors plus se quitter. Ils passent du temps ensemble, à se promener, sur des terrasses de cafés, dans des musées. Ils s’aiment et leur bonheur est total quand Juliette tombe enceinte. Le jeune couple va bientôt habiter avec le nourrisson dans un appartement offert par les parents de Juliette : ils entament alors les travaux.

On sort vidé de la projection de La guerre est déclarée. Il est de ces films qui vous prennent aux tripes, qui vous embarquent dans un tumultes d’émotions sincères, nées d’un scénario implacable. L’histoire d’Adam, Roméo et Juliette (des prénoms qui pourraient prêter au ridicule et qui pourtant passent très bien) n’est pas celle de ses scénaristes, c’est une parabole universelle qui interroge sur le fait d’être parent, sur l’attitude à adopter en cas de coup du destin. Personne n’a raison ou tort dans l’histoire, des parents parfois trop inquiets aux médecins parfois froids en passant par les grands-parents parfois trop encombrants. C’est un morceau de vie que nous décrit Valérie Donzelli, avec ses peines mais aussi avec ses moments de grâce, avec ses coups durs mais également avec ses moments d’espoir. Le tout est amené très simplement, par une mise en scène sobre et pudique, sans emphase ni grandiloquence.

Pourtant La guerre est déclarée possède ses moments d‘émotion intense, quelquefois accompagnés d‘une musique baroque renforçant les effets, d‘autres fois d‘un silence accablant tout aussi oppressant. Filmés dans les hôpitaux parisiens, parfois avec un appareil photo en lumière naturelle, certaines scènes sont saisissantes de naturelle. Le film n’est pas dénué d’humour et de gaîté, à l’image de cette séquence d'« open kiss » durant une soirée arrosée (petite annonce personnelle : j’aimerais bien en organiser une chez moi, ça a l’air sympa). L’ambition du film est donc à la fois simple et énorme, celle de filmer un instantané de vie, certes pas n’importe lequel, et de nous présenter des personnages qui se battent non pas pour eux mais pour leur enfant. Ce combat, ils le mènent par procuration et personne d’autre qu’eux ne pourrait le faire. C’est l’apprentissage violent de la vie d’adulte, avec ses bonheurs et ses désillusions, mais il faut continuer la lutte coûte que coûte.

Ma note : ****

commentaires

D&D 22/10/2011 16:52



Ah, je suis d'accord avec toi : la soirée "open kiss", ça me branche assez :-)



Neil 23/10/2011 09:39



Oui c'est sympa ce principe de "free kiss" c'est sûr. Et la place de cette scène dans le film est assez suprenante.



Marcozeblog 05/09/2011 15:25



Maintenant que je l'ai vu, je dis "Amen !". Juste pour info, il s'agit d'une scène d'Open kiss et non pas de free kiss LOL



Neil 06/09/2011 10:11


Yessss tu as raison, je cherchais le terme en écrivant ma chronique : je vais changer ça de suite lol


Squizzz 04/09/2011 19:20



Que dire si ce n'est que ce film est une pépite de lumière, d'espoir et d'émotions. Bouleversant !



Neil 04/09/2011 20:52



Vraiment bouleversant, et étonnant. Un succès mérité.



Christophe 03/09/2011 02:12



Tout ce que tu dis est fort juste ! J'ai moi aussi beaucoup aimé...



Neil 03/09/2011 10:25



C'est bien, le film a très peu de détracteurs et tant mieux :)



Marcozeblog 24/08/2011 12:01



Ce film semble incontournable. Et Donzelli une actrice que j'aime beaucoup. Vivement que je trouve le temps de le voir. Tu es vraiment devenu cinévore, Neil ;-)



Neil 24/08/2011 23:30



Oui, je pense que ce sera l'un des temps forts de la rentrée cinéma, qui est très riche. Tellement riche qu'en effet je vois pas mal de films tous plus intéressants les uns que les autres en ce
moment :)



Phil Siné 16/08/2011 18:29



décidément, le film emporte tout (et tout le monde !) sur son passage... et c'est tant mieux !


donzelle donzelli : comment n'y ai-je pas pensé moi même ?! arf...


et sinon, content de voir que je ne suis pas le seul à tomber amoureux de jerem'...



Neil 17/08/2011 21:45



Oui le film fait vraiment l'unanimité et ça fait plaisir.
Bon je suis pas tombé raide de du petit Elkaïm mais c'est vrai qu'il a une bonne bouille ;)



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