Partager l'article ! La guerre est déclarée (2011) Valérie Donzelli: Fiche technique Film français Date de sortie : 31 août 2011 Genre : tragéd ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 31 août 2011
Genre : tragédie maladive
Durée : 1h40
Scénario : Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm
Image : Sébastien Savine
Avec Valérie Donzelli (Juliette), Jérémie Elkaïm (Roméo), Michèle Moretti (Geneviève), Philippe Laudenbach (Philippe),
Brigitte Sy (Claudia), Elina Lowensohn (Alex)…
Synopsis : Un couple, Roémo et Juliette. Un enfant, Adam. Un
combat, la maladie. Et surtout, une grande histoire d’amour, la leur…
Mon avis : Faut pas qu’on réfléchisse ni qu’on pense, il
faut qu’on avance
Portés par un sujet extrêmement sensible, les film qui traitent de la maladie sont parfois exécrables : à trop vouloir être
dans l’empathie à l’extrême, ils deviennent mielleux et dégoulinants. Surtout si le personnage principal est un enfant, et que les auteurs ont vécu la même histoire. C’est dire si La
guerre est déclarée partait avec de lourds a priori : Valérie Donzelli et son compagnon d’alors, Jérémie Elkaïm, ont vécu la maladie de leur bébé. Le temps a passé, ils
ont souvent travaillé ensemble, notamment sur le premier film de la donzelle (elle est facile celle-là, je vous l’accorde), La reine des pommes, qui était parait-il pas mal du
tout. Et en plus c’est leur fils qui joue le rôle d’Adam, l’enfant malade. Tout ça pour dire qu'au final le film est tout sauf sentimentaliste, bien au contraire.
Scène de la vie quotidienne : une femme accompagne son enfant de huit ans à l‘hôpital pour faire une IRM. Elle lui tient la
main durant l‘examen pénible et se rappelle. Flash back : bien des années plus tôt, Juliette se trouve dans une fête techno. Elle s’ennuie un peu quand son regard tombe sur un jeune homme très
mignon (on la comprend, c’est Jérémie Elkaïm). Ils se rapprochent, se présentent : il s’appelle Roméo. Coïncidence ou pas, les deux tourtereaux ne vont dès lors plus se quitter. Ils
passent du temps ensemble, à se promener, sur des terrasses de cafés, dans des musées. Ils s’aiment et leur bonheur est total quand Juliette tombe enceinte. Le jeune couple va bientôt habiter
avec le nourrisson dans un appartement offert par les parents de Juliette : ils entament alors les travaux.
On sort vidé de la projection de La guerre est déclarée. Il est de ces films qui vous prennent aux tripes,
qui vous embarquent dans un tumultes d’émotions sincères, nées d’un scénario implacable. L’histoire d’Adam, Roméo et Juliette (des prénoms qui pourraient prêter au ridicule et qui pourtant
passent très bien) n’est pas celle de ses scénaristes, c’est une parabole universelle qui interroge sur le fait d’être parent, sur l’attitude à adopter en cas de coup du destin. Personne n’a
raison ou tort dans l’histoire, des parents parfois trop inquiets aux médecins parfois froids en passant par les grands-parents parfois trop encombrants. C’est un morceau de vie que nous décrit
Valérie Donzelli, avec ses peines mais aussi avec ses moments de grâce, avec ses coups durs mais également avec ses moments d’espoir. Le tout est amené très simplement, par une mise en
scène sobre et pudique, sans emphase ni grandiloquence.
Pourtant La guerre est déclarée possède ses moments d‘émotion intense, quelquefois accompagnés d‘une musique
baroque renforçant les effets, d‘autres fois d‘un silence accablant tout aussi oppressant. Filmés dans les hôpitaux parisiens, parfois avec un appareil photo en lumière naturelle, certaines
scènes sont saisissantes de naturelle. Le film n’est pas dénué d’humour et de gaîté, à l’image de cette séquence d'« open kiss » durant une soirée arrosée (petite annonce
personnelle : j’aimerais bien en organiser une chez moi, ça a l’air sympa). L’ambition du film est donc à la fois simple et énorme, celle de filmer un instantané de vie, certes pas n’importe
lequel, et de nous présenter des personnages qui se battent non pas pour eux mais pour leur enfant. Ce combat, ils le mènent par procuration et personne d’autre qu’eux ne pourrait le faire. C’est
l’apprentissage violent de la vie d’adulte, avec ses bonheurs et ses désillusions, mais il faut continuer la lutte coûte que coûte.
Ma note : ****
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