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La part des anges (2012) Ken Loach

par Neil 28 Juin 2012, 05:02 2010's

Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 27 juin 2012
Titre original : The angels’ share
Genre : réhabilitation par l’alcool
Durée : 1h41
Scénario : Paul Laverty
Image : Robbie Ryan
Musique : George Fenton
Avec Paul Brannigan (Robbie), John Henshaw (Harry), Gary Maitland (Albert), William Ruane (Rhino), Jasmin Riggins (Mo), Roger Allam (Thaddeus)…

Synopsis : À Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Harry, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky ! (allocine)

Mon avis : Quand Ken Loach nous sert du cinéma frelaté

On peut sérieusement se demander pourquoi La part des anges a reçu le Prix du Jury au Festival de Cannes. Il convient tout de même de rappeler que ce prix a été créé en 1952 comme le deuxième trophée majeur cannois, jusqu’à ce que le Grand Prix fasse son apparition. Aujourd’hui, on l’attribue plus particulièrement à des jeunes cinéastes, comme un signe d’encouragement dans leur carrière. Mais lors des dates anniversaires du Festival, ce qui était le cas cette année, il est également de coutume de le donner à certains cinéastes pour rendre hommage à l’ensemble de son œuvre. En l’occurrence ce qui est étrange c’est que Ken Loach a déjà été plusieurs fois récompensé à Cannes, dudit même prix pour Hidden agenda et pour Raining stones, mais également de la Palme d’Or pour Le vent se lève. Mais aussi que La part des anges est loin d’être le meilleur film de son réalisateur.

Condamnés pour divers menus délits à des travaux d‘intérêt général, Robbie, Rhino, Albert et Mo se retrouvent ensemble pour repeindre une école municipale en Écosse. Ils croisent la route d’Harry, leur éducateur, qui se prend d’affection avec eux, et en particulier avec Robbie. Celui-ci vient d’avoir un enfant mais quand il arrive à la maternité il se fait alpaguer par les frères de sa compagne qui lui refusent l’entrée de la chambre. Ils l’emmènent dans un coin isolé et le tabassent, sous l’œil effaré d’Harry. L’éducateur emmène le jeune homme chez lui pour panser ses blessures et lui offre un verre de whisky. C’est une grande cuvée qu’il gardait pour une occasion, et la nouvelle paternité de Robbie sera celle-là. Il découvre alors le goût de la précieuse liqueur et une complicité s’établit entre les deux hommes.

Durant la première partie de La part des anges, on se demande quand le film va réellement commencer. L’intrigue principale n’est évoquée que tardivement, et puis finalement on se rend compte qu’elle n’avance pas vraiment, ou alors à petits pas. Souffrant d’un manque de rythme flagrant, le film déroule son histoire tranquillement, sans véritable enjeu ni fait d’arme particulier. On se croit dans un feuilleton du dimanche soir de la BBC, où rien n’est amené pour captiver l’attention du spectateur et où les personnages n’ont pas d’aspérité.

On voit bien l’intention du réalisateur de nous raconter l'histoire positive de la réhabilitation d'un personnage pas vraiment sympathique au premier abord mais l’émotion n’est pas là, et l’humour est tellement ténu qu’il ne nous fait pas vraiment rire, tout au plus sourire gentiment. En fait on se croirait avec La part des anges devant un épisode d’une série où, par manque de temps, les évènements se succèdent rapidement sans développement véritable. Ainsi l’apprentissage de Robbie est plié en deux temps trois mouvements et les relations avec sa belle-famille ou avec ses amis patibulaires mais presque ne sont jamais vraiment exploitées.

Le scénario de Paul Laverty, pourtant brillant habituellement, surprend par son manque de consistance et d’efficacité. Nous sommes chez Ken Loach donc les personnages principaux se doivent d’être mal lotis mais manque singulièrement la force de ses anciens récits. Ce n’est pourtant pas la faute de son personnage principal et de l’acteur qui l’interprète, Paul Brannigan, qui se révèle très bon pour son premier rôle, mais La part des anges, sagement mis en scène, n’emporte pas vraiment l’adhésion du spectateur qui l’oublie bien vite après la projection.


Ma note : *

D'ailleurs Fred n'a pas plus aimé le film que moi...

La part des anges (2012) Ken Loach
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commentaires

copa738 17/07/2012 21:47


Les critiques vont presque toutes dans ton sens. Pas la mienne :D


Je l'ai trouvé simple, doux, léger, anti prise de tête. Un très bon fell-good movie quoi :)


Et si tu as raison sur le non développement de certaines choses, je trouve le film très bien découpé, (le plus important n'est pas la relation entre Robbie et sa belle-famille, mais bien celle
entre ses amis et lui).

Neil 19/07/2012 12:22



Oui c'est un "feel good movie" mais un peu faible je trouve. Il me semble que l'accueil qu'il a reçu est un peu trop surestimé. Mais bon...



Wilyrah 13/07/2012 17:44


Oh non ce n'est pas du tout un grand crû ;)

Neil 19/07/2012 12:20



Non, pas vraiment... c'est dommage



Wilyrah 13/07/2012 15:44


J'ai trouvé ça plutôt sympathique et je te trouve sévère. 


Je suis sûrement bon client mais il y a davantage dans ce film. 

Neil 13/07/2012 16:33



Mouais, j'ai trouvé ça un peu gros quand même. Une part de ma petite colère provient du prix qu'il a eu à Cannes mais tout de même je ne trouve pas que ce soit du grand Loach



ASBAF 08/07/2012 12:48


Ma foi, il passe crème ce film. Pourquoi plus personne n'aime les films des réals septuagénaires ?

Neil 09/07/2012 09:42



Encore une expression de djeun's que tu m'apprends, Vincent... que ferais-je sans toi ?



dasola 04/07/2012 14:40


Bonjour Neil, et bien moi, je l'ai bien aimé, na! Bonne après-midi.

Neil 05/07/2012 13:09



Bonjour Dasola, oui j'ai vu ça. Et tant mieux qu'il plaise à certains et à certaines :)



Eeguab 30/06/2012 16:29


Ce n'est pas tant sur  Ken Loach le cinéaste que je tergiverse,pas du tout.Mais plutôt sur l'icône qu'il est devenu au point qu'il a été longtemps  impossible d'émettre lors d'un
débat la moindre critique sur lui.Je l'ai expérimenté dans les années 1998-2000.Mais là ca serait très long à détailler.Par contre il y a certains de  ses films que j'aime beaucoup.

Neil 01/07/2012 11:47



Ah oui au temps pour moi je n'avais pas compris. En effet, le côté "icône intouchable" est un peu agaçant.



Phil Siné 28/06/2012 23:09


oulah c'est à ce point ? j'avais lu de bonnes critiques pourtant... :'(

Neil 30/06/2012 10:58



Ah non moi j'ai vraiment trouvé que c'était pas un très bon Loach...



Eeguab 28/06/2012 20:24


Pour Loach je suis de mauvaise foi,et assez content de voir une critique défavorable.

Neil 30/06/2012 10:57



Arf... Il a fait quelques bons films tout de même ^^



Wilyrah 28/06/2012 12:27


Route Irish n'était pas très enthousiasmant. En revanche ses précédents m'avaient beaucoup plu, malgré la lassitude de certains spectateurs, je le trouvais plus frais que jamais. J'irai le voir
et je verrais si je vous rejoins ou pas, tant pis si je me retrouve encore contre la populasse blogueuse. ^^

Neil 30/06/2012 10:56



Je n'ai pas vu Route Irish mais avait bien aimé Le vent se lève (sans que je trouve que ce soit un grand film). Sinon concernant la populasse blogueuse ça me
rappelle mon point de vue sur Drive ^^



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