Partager l'article ! La piel que habito (2011) Pedro Almodovar: Fiche technique Film espagnol Date de sortie : 17 août 2011 Genre : thriller chirurg ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film espagnol
Date de sortie : 17 août 2011
Genre : thriller chirurgical
Durée : 1h57
Scénario : Yuyi Beringola, d’après l’œuvre de Thierry Jonquet
Image : José Luis Alcaine
Musique : Alberto Iglesias
Avec Elena Anaya (Vera), Antonio Banderas (Robert Ledgard), Marisa Paredes (Marillia), Jan Cornet (Vicente), Blanca Suarez
(Norma), Roberto Alamo (Zeca)…
Synopsis : Depuis que sa femme a été victime de brûlures
dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans
après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau. (allocine)
Mon avis : Voyage aux confins de la folie
extraordinaire
Avec La piel que habito, Pedro Almodovar fait habilement du neuf avec du veiux. Ses derniers films
cultivaient plus la veine du mélodrame, adapté à sa sauce bien évidemment. Ici on se rapproche plus de ses anciennes réalisations, excentriques et baroques, mais en les intégrant dans une trame
policière. Car le film, encore plus que dans toutes ses réalisations antérieures, tient sur des secrets. Le passé ressurgit à point nommé dans l’histoire, quand les personnages nous sont
présentés et leur univers familier. Une double narration s’installe alors, pleine de suspens, qui vient nourrir le temps présent du récit. Tout ça bien entendu avec les codes
almodovariens habituels et ses personnages bigger than life. En y ajoutant une pointe de science-fiction et une réflexion sur la science on a une petite idée de ce qui nous est
présenté.
Dans son immense maison au large de Tolède, le docteur Robert Ledgard tient enfermée une femme qu‘il regarde vivre nuit et
jour au moyen d‘écrans de télévision. C’est sa domestique Marillia qui s’occupe de la jeune femme, lui envoyant ses repas et tout ce dont elle a besoin par le truchement d’un monte-charge. Lors
d’une conférence, Robert fait part à l’assemblée de sa récente découverte : il vient de mettre au point une peau artificielle ultra résistante qu’il a testé efficacement sur des souris. Lors d’un
cocktail organisé à l’issue de cet exposé, un de ses confrère lui demande des précisions : il connait la réputation peu scrupuleuse de Robert et s’inquiète de ce qu’il n’ait pas la tentation
d’appliquer ses résultats sur un être humain.
Difficile de parler de La piel que habito sans évoquer son intrigue. Celle-ci est tellement riche en
rebondissements et en retournements de situations qu’on est à tout instant captivé. Almodovar cultive l’art délicat du thriller et n’hésite pas à perdre le spectateur en de fausses
pistes tout aussi réjouissantes les unes que les autres. Chaque personnage a son importance, et ils sont tous aussi bien traités les uns que les autres. Des histoires de familles sont bien
évidemment au cœur de ce nœud gordien absolument terrifiant. Et chaque rebondissement nous amène à remettre en question nos acquis, non seulement au niveau de l’intrigue mais aussi de nos
convictions profondes. On est amené à se demander si on a bien vu ce qui vient de nous être montré, et à s’interroger sur notre propre réaction potentielle face à telle ou telle situation. Le
spectateur est acteur de l’intrigue pour son plus grand plaisir.
Et formellement La piel que habito est une petite merveille. On retrouve les couleurs criardes de chez
Almodovar, sa mise en scène subtile et son goût pour les personnages barrés. Un film du réalisateur espagnol est reconnaissable entre cent, et c’est assez jouissif. Des thèmes LGBT sont
évidemment traités, sans militantisme aucun et avec une simplicité évidente. Sa direction d’acteur donne encore une fois des prestations remarquables de chacun des acteurs (et chacune des
actrices). On y (re)découvre Elena Anaya, on est heureux de retrouver Antonio Banderas dans un rôle à sa mesure, on revoit avec un grand plaisir la grande Marisa
Paredes et on suit avec grande attention l’arrivée d’un nouveau choupinou nommé Jan Cornet. C’est du grand cinéma, où les sentiments se mêlent à des interrogations sur la
science et les dérives de la chirurgie esthétiques, mâtinés d’une belle paraboles sur l’aliénation et la folie vengeresse.
Ma note : ****
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