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La piel que habito (2011) Pedro Almodovar

par Neil 18 Mai 2014, 05:39 2010's

Fiche technique
Film espagnol
Date de sortie : 17 août 2011
Genre : thriller chirurgical
Durée : 1h57
Scénario : Yuyi Beringola, d’après l’œuvre de Thierry Jonquet
Image : José Luis Alcaine
Musique : Alberto Iglesias
Avec Elena Anaya (Vera), Antonio Banderas (Robert Ledgard), Marisa Paredes (Marillia), Jan Cornet (Vicente), Blanca Suarez (Norma), Roberto Alamo (Zeca)…

Synopsis : depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau. (allocine)

Mon avis : voyage aux confins de la folie extraordinaire

Avec La piel que habito, Pedro Almodovar fait habilement du neuf avec du vieux. Ses derniers films cultivaient plus la veine du mélodrame, adapté à sa sauce bien évidemment. Ici on se rapproche plus de ses anciennes réalisations, excentriques et baroques, mais en les intégrant dans une trame policière. Car le film, encore plus que dans toutes ses réalisations antérieures, tient sur des secrets. Le passé ressurgit à point nommé dans l’histoire, quand les personnages nous sont présentés et leur univers familier. Une double narration s’installe alors, pleine de suspens, qui vient nourrir le temps présent du récit. Tout ça bien entendu avec les codes almodovariens habituels et ses personnages bigger than life. En y ajoutant une pointe de science-fiction et une réflexion sur la science on a une petite idée de ce qui nous est présenté.

Dans son immense maison au large de Tolède, le docteur Robert Ledgard tient enfermée une femme qu‘il regarde vivre nuit et jour au moyen d‘écrans de télévision. C’est sa domestique Marillia qui s’occupe de la jeune femme, lui envoyant ses repas et tout ce dont elle a besoin par le truchement d’un monte-charge. Lors d’une conférence, Robert fait part à l’assemblée de sa récente découverte : il vient de mettre au point une peau artificielle ultra résistante qu’il a testé efficacement sur des souris. Lors d’un cocktail organisé à l’issue de cet exposé, un de ses confrère lui demande des précisions : il connait la réputation peu scrupuleuse de Robert et s’inquiète de ce qu’il n’ait pas la tentation d’appliquer ses résultats sur un être humain.

Difficile de parler de La piel que habito sans évoquer son intrigue. Celle-ci est tellement riche en rebondissements et en retournements de situations qu’on est à tout instant captivé. Pedro Almodovar cultive l’art délicat du thriller et n’hésite pas à perdre le spectateur en de fausses pistes tout aussi réjouissantes les unes que les autres. Chaque personnage a son importance, et ils sont tous aussi bien traités les uns que les autres. Des histoires de familles sont bien évidemment au cœur de ce nœud gordien absolument terrifiant.

Et chaque rebondissement nous amène à remettre en question nos acquis, non seulement au niveau de l’intrigue mais aussi de nos convictions profondes. On est amené à se demander si on a bien vu ce qui vient de nous être montré, et à s’interroger sur notre propre réaction potentielle face à telle ou telle situation. Le spectateur est acteur de l’intrigue pour son plus grand plaisir. Et formellement La piel que habito est une petite merveille. On retrouve les couleurs criardes de chez Pedro Almodovar, sa mise en scène subtile et son goût pour les personnages barrés. Un film du réalisateur espagnol est reconnaissable entre cent, et c’est assez jouissif.

Des thèmes LGBTQI sont évidemment traités, sans militantisme aucun et avec une simplicité évidente. Sa direction d’acteur donne encore une fois des prestations remarquables de chacun des acteurs (et chacune des actrices). On y (re)découvre Elena Anaya, on est heureux de retrouver Antonio Banderas dans un rôle à sa mesure, on revoit avec un grand plaisir la grande Marisa Paredes et on suit avec grande attention l’arrivée d’un nouveau choupinou nommé Jan Cornet La piel que habito. est du grand cinéma, où les sentiments se mêlent à des interrogations sur la science et les dérives de la chirurgie esthétiques, mâtinés d’une belle paraboles sur l’aliénation et la folie vengeresse.


Ma note : ****

La piel que habito (2011) Pedro Almodovar
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commentaires
L
Ce long métrage que j’ai regardé sur cette application film en streaming : https://play.google.com/store/apps/details?id=virgoplay.vod.playvod m’a beaucoup plu. Il y a pas de mal de leçons à retenir de cette projection.
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N
C'est un assez bon film
Y
Machiavélique est le mot qui convient le mieux a ce film
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N
Assez machiavélique, et un scénario bien ficelé.
D
<br /> <br /> Un autre enthousiasme que nous partageons cette année ;-)<br /> <br /> <br /> Très surpris par Banderas que je ne connaissais pour ainsi dire pas.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Ah mais c'est festival cette année :)<br /> Banderas se révèle un peu plus de film en film je trouve.<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> <br /> Magnifique film. Je l'ai vu mercredi soir, et depuis j'y pense sans cesse. Banderas est magistral, dirigé tout en souplesse oar un grand Almodovar. Sans oublier Eléna, Marisa et Jan... Il n'y a<br /> que le Tigre que j'ai trouvé franchement outrancier : mais c'est  la petite touche de folie de Pedro  <br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Ah je suis content que tu aies apprécié le film. Effectivement Le tigre est un rôle outrancier dans la lignée des personnages baroques d'Almodovar, c'est marrant...<br /> <br /> <br /> <br />
D
<br /> <br /> Bonjour Neil, j'ai aussi beaucoup aimé surtout la deuxième partie qui est en plein dans le roman de Jonquet, Mygale (impressionnant). Antonio Banderas est très convaincant. Je ne l'ai pas trouvé<br /> monstre froid comme lu sur certains artciles. Elena Anaya est ravissante et en effet Jan Cornet est très regardable mais il joue un rôle de "p'tit con" qui paye cher sa bétise. Bonne après-midi.<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Bonjour Dasola, je n'ai pas lu le roman de Jonquet mais peut-être m'y mettrai-je. C'est sûr en tout cas que le prix à payer est radical pour le jeune homme. Bonne journée.<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Du grand cinéma. J'en sors, et suis conquis par ce nouvel Almodovar. on retrouve beaucoup de choses des Yeux sans visages. Et bien plus encore. Déjà deux grands films dans le Festival d'été !<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Oui effectivement l'influence de Franju est clairement là. Un film que j'ai beaucoup aimé, et qui fait démarrer le Festival d'été en fanfare, c'est sûr.<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> <br /> Il faut vraiment que j'aille le voir, il a l'air sublime... très bel article en tous cas !<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Merci. C'est un film absolument magnifique, ça fait plaisir de voir Almodovar aussi en forme.<br /> <br /> <br /> <br />

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