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La princesse de Montpensier (2010) Bertrand Tavernier

par Neil 11 Mai 2013, 05:58 2010's

Princesse_Montpensier.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 3 novembre 2010
Durée : 2h19
Genre : adaptation fidèle
Scénario : Jean Cosmos et François-Olivier Rousseau, d'après l’œuvre de Madame de La Fayette
Image : Bruno de Keyzer
Musique : Philippe Sarde
Avec Mélanie Thierry (la Princesse de Montpensier), Gaspard Ulliel (le Duc de Guise), Judith Chemla (Catherine de Guise), Grégoire Leprince-Ringuet (le Prince de Montpensier), Florence Thomassin (la Marquise de Mézières), Raphaël Personnaz (le Duc d'Anjou)...

Synopsis
: 1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage. Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. (allocine)

Mon avis
: le cœur a ses raisons que les parents ignorent

Sélectionné au Festival de Cannes en 2010, La princesse de Montpensier marque le retour de Bertrand Tavernier aux films d’époque, qu’il avait laissé de côté depuis une bonne quinzaine d’années. Il s’inspire ici d’une nouvelle de Madame de La Fayette qui vaut sa renommée par son originalité. En effet, à l’époque les romans historiques avaient pour cadre principalement l’Antiquité ; ici, l’auteure choisit d’ancrer son intrigue un siècle auparavant, en pleines guerres de religions. Les personnages ont existé et même si Madame de La Fayette s’autorise quelques interprétations l’essentiel de son récit est globalement vraisemblable. Pour garder cette fraîcheur, Bertrand Tavernier s’entoure, pour incarner les rôles principaux de son film, de la jeune garde du cinéma français : c’est sa façon d’insister sur le caractère universel des situations dépeintes.

Des adolescents s’amusent dans le jardin de mademoiselle de Mézières. On y trouve Marie de Mézières et trois des enfants de Lorraine : Charles, le plus jeune, Catherine et Henri, appelé à devenir duc de Guise. Marie est promise à Charles mais batifole avec Henri ; mais le père de Marie voit les choses autrement, et la somme d’épouser un des cousins de la famille de Lorraine en la personne de Philippe de Bourbon, jeune prince de Montpensier. Marie s’en émeut auprès de sa mère, qui la convainc d’accepter ce que lui demande son père, pour le bien de la famille. Les deux jeunes hommes, se retrouvant ainsi rivaux amoureux, en tirent une grande inimitié. Le mariage a lieu et les deux jeunes époux convolent vers Champigny où se trouve le château de famille. Là Philippe rencontre par hasard le comte de Chabannes, avec qui il s’était lié d’amitié quelques années auparavant.

Vouloir moderniser La princesse de Montpensier est une idée intéressante. Nous nous retrouvons dans une intrigue amoureuse à plusieurs personnages, où plusieurs hommes convoitent la même femme. Dans ce triangle amoureux complexifié, puisque intervient en filigrane les sentiments du comte de Chabannes, que l'on pourrait presque comparer à un teen movie contemporain. Ce que nous signifie ici Bertrand Tavernier, c'est l'intemporalité des intrigues de cour, qui, comme dans le roman de Madame de Lafayette, sont censé guider les desseins politiques des personnages. Mais le réalisateur garde le contexte de l'époque, où les guerres de religion ont une part primordiale et où le destin des femmes est assujetti à celui des hommes. Encore une fois, ceci est plus compliqué que cela n'y paraît puisque même maintenues sus leur joug elles parviennent un tant soit peu à influer sur leurs actions.

Le résultat à l'écran de ce qui nous est offert dans La princesse de Montpensier est mi figue mi raisin. D'une part la reconstitution historique est sans faille , tant au niveau des décors que des costumes. Le film est baigné d'une lumière en clair-obscur assez réussi et sa mise en scène, classique, sert son propos. Cependant on ne peut s'empêcher de rester un peu sur sa faim, tant le film est d'une facture classique qui étouffe un peu l'émotion. La direction d'acteurs n'est pas formidable, et bien que le casting soit alléchant les interprètes sont assez décevants. Mélanie Thierry n'a pas beaucoup d'expressions dans son visage et acteurs masculins manquent singulièrement d'aspérité. L'idée est intéressante, et la volonté de Tavernier de vouloir renouveler le genre ne manque pas d'attrait, mais l'objet cinématographique qui en découle n'est pas complètement satisfaisant.

Ma note : **

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commentaires

Gaffeur 27/08/2016 23:48

Pour moi l'un des films français les plus réussis de ses dernières années. La reconstitution est réussie, la réalisation au poil avec des plans longs pendants les batailles et duels, de jeunes acteurs talentueux (Raphael Personnaz est impeccable) mais effectivement un rythme un peu lent ... Et puis cette faute de continuité aberrante à la fin sur la position du corps de Wilson, comment peut on laisser passer ça ?

princesse 17/10/2014 12:20

Mi figue mi raisin, c'est une expression qui convient parfaitement avec ce film. Je me rappelle que lors de sa projection à Cannes, pour certains c'était un chef d’œuvre, pour d'autre un navet...reste à savoir lequel des deux fruits est le mauvais :). En tout cas, moi c'est de l'indifférence que j'ai ressenti lorsque je l'ai vu ensuite...

neil 17/10/2014 19:06

C'est un peu le problème. Alors oui, au niveau historique ça peut être intéressant, et assez bien retranscrit. Mais le romanesque n'est pas là...

Leo M 08/07/2014 15:32

Je trouve que ce long métrage a pas mal de bonnes idées qui auraient pu être mieux développées.

neil 11/07/2014 18:43

Un sentiment d'inachevé reste après le visionnage de ce film, de bonne facture tout de même.

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