Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La scandaleuse de Berlin (1948) Billy Wilder

par Neil 3 Novembre 2011, 06:17 1940's

Scandaleuse_Berlin.jpg
Fiche technique
Film américain
Titre original : A foreign affair
Genre : espionnage amoureux
Durée : 1h56
Scénario : Charles Brackett et Richard L. Breen, d’après l’œuvre de David Shaw
Image : Charles Lang
Musique : Frederick Hollander
Avec Jean Arthur (Phoebe Frost), John Lund (John W. Pringle),  Marlene Dietrich (Erika von Schlütow), Millard Mitchell (Rufus J. Plummer),  Stanley Prager (Mike), Peter Von Zerneck (Hans Otto Burgel)…

Synopsis : La très austère Phoebe Frost est envoyée à Berlin en 1946 pour enquêter sur la moralité des troupes américaines d'occupation. Elle ne découvre que marche noir et relations amoureuses entre soldats et jeunes Allemandes. Pis, une chanteuse de cabaret, au passé nazi, est protégée par un officier américain... (allocine)

Mon avis : Rivalité amoureuse dans les cendres de l’après-guerre

Peu de cinéastes se sont intéressés au destin de l‘Allemagne d‘après-guerre. Si Rossellini concoctait dans Allemagne Année zéro un film néo-réaliste qui avait pour ambition de décrire avec acuité l’atmosphère de l’époque, La scandaleuse de Berlin utilise le lieu pour y intégrer une histoire romanesque. Il faut dire que Billy Wilder est resté attaché à Berlin, où il a vécu quelques années. En 1948, il est en train de vivre avec Charles Brackett la fin d’une des plus riches collaboration que l’âge d’or d’Hollywood ait connu. Quasiment chacun des films qu’il coécrivent est un petit bijou de scénario, ils sont souvent couronnés de succès et considérés aujourd’hui comme des classiques.

Dans un avion qui survole les ruines de Berlin en 1946, plusieurs membres du Congrès américain regardent le paysage. La seule femme à bord est celle qui reste le plus concentrée sur son travail. Il s’agit du sénateur Frost, de l’Iowa, et elle rappelle à chacun des membres de l’équipage la raison de leur voyage. Ils sont là pour vérifier par eux-mêmes les rumeurs qui courent aux Etats-Unis : leurs troupes d‘occupation seraient démotivées. Les soldats n’auraient pas vraiment la tête à leur devoir, et passeraient leur temps aux divers loisirs que leur offre la ville allemande. Arrivée sur le tarmac, elle tient à rencontrer le soldat John Pringle, à qui elle offre un cadeau d’anniversaire envoyée par sa petite amie.

On éprouve devant La scandaleuse de Berlin un plaisir de spectateur très simple et jubilatoire. La trame est limpide à priori, elle se compose d’un triangle amoureux, d’une intrigue d’espionnage, d’une bonne dose de glamour et d’humour. Les ingrédients sont basiques, ils fonctionnent et on en redemande : les films de cette époque en regorgent d’ailleurs. Mais Billy Wilder n’est pas pour rien considéré comme le digne successeur d’Ernst Lubitsch, pour qui il avait d’ailleurs le plus grand respect. Le scénario du film contient donc un nombre savamment calculé de rebondissements et de faux semblants. Personne n’est jamais tel qu’on pouvait le supposer au départ, et les choses s’avèrent un tout petit peu plus compliqué que ce qu’on ne pourrait penser. La finesse de l’écriture, même si au fond tout ça est très codifié, a tout de même de quoi impressionner.

Alors bien sûr je vois le lecteur attentif bouillir : quoi, il ne parle pas de La scandaleuse de Berlin sans évoquer Marlene Dietrich. Mais si j’y viens : la vénus d’origine allemande obtient ici encore une fois un rôle à sa démesure. Une femme de tête qui fait inévitablement penser, de par l’ambiance de cabaret et de son charme vénéneux, à L’Ange bleu tourné avant-guerre. A ses côtés on retrouve l’une des grandes actrices du muet, qui a su parfaitement s’adapter au cinéma parlant. Jean Harlow a ainsi tourné dans plusieurs des films de Frank Capra, souvent dans le rôle de l’ingénue qu’elle maitrise également ici. Si on n’est pas en présence du plus grand film de son auteur, qui signe tout de même une mise en scène sobre et élégante, La scandaleuse de Berlin reste un très beau film, plein de charme et d’humour, avec un zeste de romantisme un peu naïf mais dont le propos, qui fustige tour à tour l’idéologie nazi et l’impérialisme américain, fait mouche .

Ma note : ***

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

CHRISTOPHE LEFEVRE 03/11/2011 20:43



Merci pour cet article ! Je me sens moi "seul" avec mes "vieilleries"... Curieusement, je ne l'ai pas vu, pourtant je l'ai, dans un de mes deux coffrets Dietrich... En tous cas, ton article me
donne très envie de le voir...



Neil 08/11/2011 18:16



J'aime bien également chroniquer des "vieux films". J'ai mis du temps également à le visionner celui-là mais n'ai pas regretté.



ideyvonne 03/11/2011 18:52



c'est un de ces films en N&B qui est sur ma "liste à voir" et en lisant ton article, je me dis que je découcrirai un bon cru. De toute façon, je n'ai jamais vu un mauvais film de Billy
Wilder, vu que sa filmo est remplie de chef-d'oeuvres!



Neil 08/11/2011 18:15



Tous les films de Wilder que j'ai vu sont quasiment des chef d'oeuvre, il avait un talent fou !



Haut de page