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Laurence anyways (2012) Xavier Dolan

par Neil 14 Juillet 2012, 05:51 Avant-Première

Laurence Anyways
Fiche technique
Film canadien
Date de sortie : 18 juillet 2012
Genre : identité de genre
Durée : 2h39
Scénario : Xavier Dolan
Image : Yves Bélanger
Musique : Noia
Avec Suzanne Clément (Fred Belair), Melvil Poupaud (Laurence Alia), Nathalie Baye (Julienne Alia), Yves Jacques (Michel Lafortune), Monia Chokri (Stéfanie Belair), David Savard (Albert)…

Synopsis : Laurence Anyways, c'est l'histoire d'un amour impossible. Le jour de son trente-cinquième anniversaire, Laurence, qui est très amoureux de Fred, révèle à celle-ci, après d'abstruses circonlocutions, son désir de devenir une femme. (allocine)

Mon avis : C’est pas vraiment mon genre

C’est sur le tournage de son premier film que Xavier Dolan a eu l’idée de Laurence Anyways. L’une de ses technicienne lui racontait alors une anecdote qui lui était arrivée : son compagnon lui avait annoncé un jour qu’il désirait devenir une femme. Il écrit alors une première trame du scénario sans savoir que le film allait clôturer une trilogie. Les trois premiers films du réalisateur brodent des histoires autour de l’amour, qui commençait par l’amour filial pour J’ai tué ma mère et se poursuit avec le trio platonique des Amours imaginaires. En quatre ans, Dolan s’est ainsi imposé très vite comme une étoile montante du cinéma, débarquant dès son premier long-métrage à Cannes et décrochant de nombreuses récompenses, dont la Queer Palm et le prix d’interprétation féminine à Un certain regard pour ce film.

Professeur de littérature, Laurence Alia décroche un prix québécois pour son roman et ses collègues le félicitent. Il va bientôt célébrer ses trente-cinq ans auprès de sa compagne Frédérique, avec qui il partage un amour fusionnel. Il lui confesse un jour son sentiment profond de ne pas correspondre à son genre, et son désir d’entamer une transition pour devenir femme. Frédérique est choquée, elle ne sait pas comment réagir. Son premier réflexe est d’aller chez sa mère et sa sœur, qui lui conseille de le quitter. Laurence quant à elle décide d’en parler à sa mère Julienne, ne développant pratiquement aucune interaction avec son père depuis bien longtemps. Julienne, qui n’a jamais vraiment assumé son rôle de mère, prend la nouvelle avec recul mais signifie à Laurence qu’elle ne sera pas là en cas de besoin.


Certaines scènes de Laurence Anyways font partie des plus beaux moments de cinéma de ces derniers mois. On retiendra par exemple ce bal où d'extravagants personnages déambulent au rythme de Fade to grey. Le soin apporté aux costumes et aux musiques additionnelles est encore une fois à l'œuvre : Xavier Dolan est un esthète et il le revendique. Un peu trop, diront certains, mais qu'importe. La beauté visuelle de beaucoup de plans nous prend aux tripes et on pardonne le côté parfois un peu trop arty, un petit peu trop poseur. Le fait est que le jeune canadien possède une maîtrise de la mise en scène et du cadrage, un sens du rythme et de la théâtralisation qui peuvent irriter mais qui font mouche. On sent à la fois dans son œuvre un désir de capter les émotions dans l’instant ainsi qu’une urgence presque juvénile.

Pourtant Laurence Anyways marque un pas pour Xavier Dolan. On sent qu'il a pris du recul et qu'il a calmé ses ardeurs baroques. C'est le propos qui prime ici, l'histoire de Laurence qui s'est toujours sentie femme. C'est avec beaucoup de simplicité que le réalisateur nous montre les étapes successives qui vont l'amener à assumer pleinement sa féminité, et les réactions de son entourage. Il bénéficie de l'interprétation toute en nuance de Melvil Poupaud tandis que Suzanne Clément se révèle au public français, elle qui a commencé sa carrière au Québec dès le milieu des années 90. Les second rôles ne sont pas en reste : nous retrouvons avec plaisir Nathalie Baye dans un rôle de mère border line tandis que Monia Chokri imprime encore une fois sa belle silhouette sur la pellicule.

Ma note : ****

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commentaires

Claire 12/09/2012 12:52


Moi aussi j'ai beaucoup aimé la scène de Fade to grey.
Un film difficile, impressionnant.

Neil 14/09/2012 11:55



Un beau film, dont pas mal de scènes restent gravées dans ma mémoire.



marian 27/07/2012 11:21


Ah, cela me rassure ! Quand j'ai vu la scène, je n'ai eu aucun doute sur le fait que c'était un flashback sur leur rencontre, et à la sortie du cinéma, les deux personnes avec qui je suis allée
le voir avaient compris qu'il redevenait homme par amour pour Fred et renonçait donc à être une femme. Ce qui me paraissait abberrant !!


Très beau film en tout cas, comme tous les films de Dolan d'ailleurs...

Neil 28/07/2012 12:06



Oui je l'ai revu hier et j'ai eu la même impression, un très beau film.



Marian 26/07/2012 12:44


Bonjour,


Critique intéressante, aussi je me permets une petite question. Comment avez-vous interprété la scène finale, dans laquelle on voit Laurence en homme ? la scène juste après celle du bar. Un
flashback sur leur rencontre ? Ou juste la suite ?

Neil 27/07/2012 09:36



Bonjour, pour moi cette scène est clairement un flashback. Celui de leur rencontre, qui nous éclaire un peu plus sur leur relation à venir.



Marcozeblog 22/07/2012 19:29


Un bon film dont je n'ai pas fait encore le billet. L'actrice est exceptionnelle et j'ai adoré la scène Fade to grey comme toi. Le film carrément trop long par contre. @+

Neil 22/07/2012 19:44



Ah oui moi la durée ne m'a pas du tout importé. Je trouvais que cela collait bien à l'histoire qui nous est racontée. J'aime vraiment beaucoup le film.



pierreAfeu 22/07/2012 10:59


D'accord avec toi. Le cinéma de Dolan se densifie et gagne en profondeur. Les amours imaginaires (que j'ai beaucoup aimé également) restait léger malgré sa subtile peinture du sentiment
amoureux. On est ici dans quelque-chose de plus romanesque et de plus dramatique. Ce type a du talent !!!

Neil 22/07/2012 19:41



Le type a beaucoup de talent et clive pas mal, ce que je ne trouve pas déplaisant. Le film gagne en maturité depuis que je l'ai vu et j'ai déjà hâte de le revoir, ce qui est rare.



Phil Siné 15/07/2012 00:49


ah tiens, du coup tu l'as préféré au film précédent visiblement... moi c'est le contraire, mais je me demande si une 2e vision ne serait pas du coup nécessaire... ;)

Neil 19/07/2012 12:21



J'avais eu un tel coup de coeur pour Les amours imaginaires que je ne peux pas dire que j'ai préféré Laurence anyways. Mais je n'ai vu ces deux films qu'une
seule fois donc un revisionnage me parait également nécessaire.



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