Le grand soir (2012) Benoît Delépine et Gustave Kervern

par Neil 14 Juin 2012, 05:50 En salles

Grand_Soir.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 6 juin 2012
Genre : persistance des punks
Durée : 1h32
Scénario : Benoît Delépine et Gustave Kervern
Image : Hugues Poulain
Avec Benoît Poelvoorde (Not), Albert Dupontel (Jean-Pierre Bonzini), Brigitte Fontaine ( Marie-Annick Bonzini), Areski Belkacem (René Bonzini), Bouli Lanners (Le vigile), Yolande Moreau (La mère de la punkette)…

Synopsis : Les Bonzini tiennent le restaurant 'la Pataterie' dans une zone commerciale. Leur fils ainé, Not, est le plus vieux punk à chien d'Europe. Son frère, Jean Pierre, est vendeur dans un magasin de literie. Quand Jean Pierre est licencié, les 2 frères se retrouvent. Le Grand Soir, c'est l'histoire d'une famille qui décide de faire la révolution... à sa manière. (allocine)

Mon avis : On va tout faire péter

L’univers atypique de ses auteurs se retrouve pleinement dans Le grand soir. C’est dans le charmant pays imaginaire de Groland que se sont rencontrés Benoît Delépine et Gustave Kervern. Ils décident de passer tous les deux à la réalisation en 2004 avec Aaltra et enchaînent ensuite tous les deux ans un film, engrangeant de plus en plus de notoriété. Cela dit, déjà pour leur premier film ils avaient attiré quelques célébrités comme Bouli Lanners ou bien Aki Kaurismäki. Pour le deuxième, Mathieu Kassovitz était à la production et Claude Chabrol venait montrer le bout de son nez. C’est Yolande Moreau et Philippe Katerine qui s’incrustent dans leur troisième film tandis que leur quatrième mettait en scène Gérard Depardieu et Isabelle Adjani. Ici ce sont Benoît Poelvoorde, Albert Dupontel et Brigitte Fontaine qui s’y collent. La classe internationale, quoi.

Traînant dans la zone commerciale où ses parents tiennent le restaurant La Pataterie, Benoît croise son frère Jean-Pierre qui lui dit de ne pas venir faire du grabuge dans son magasin. Il faut dire que Jean-Pierre est un vendeur de literie bien consciencieux et que Benoît, qui veut qu’on l’appelle Not, est un punk à chien. Il est d’ailleurs non sans fierté le dernier punk à chien d’Europe, et s’en vante volontiers auprès de ses parents. Ceux-ci écoutent les diatribes de leurs fils sans sourciller mais sont las de se rendre compte qu’ils n’arrivent pas à s’assumer. Jean-Pierre a du mal à s’occuper de son bébé, qui vit avec son ex femme, et Not n’a pas de domicile et ne rêve que d’une chose, faire la révolution : il ne supporte plus cette société consumériste.

Le discours du Grand soir est à la fois à la mode et original. A la mode car il reprend les idées en vogue contre la société de consommation actuelle, dont les dérives en cas de crise ne sont plus supportables. Original car le film n’évite pas son sujet, qui est de nous parler des punks. Le mouvement punk a été créé entre les années 70 et 80, ses plus célèbres représentants étaient les Sex Pistols et ils mettaient en avant une culture contestataire. On en voit peu au cinéma et Benoît Poelvoorde interprète ici un héritier totalement légitime : cheveux en crête, doigt d’honneur, bière et no future, tout y est. Et les réalisateurs traitent comme d’habitude leur sujet avec humour et tendresse, ce qui est sans doute la meilleure manière qui soit. Le summum de la dérision c’est qu’ils rendent un honneur légitime à une culture qui de toutes façons se fout royalement des honneurs.

Bref, par son sujet Le grand soir est tout à fait à propos, dans l’air du temps et tout à fait intéressant. Reste que les réalisateurs ne vont pas plus loin que leur pitch. Après la première partie d’introduction, absolument réjouissante, ils n’ont plus grand-chose à raconter. Leurs personnages évoluent dans un décor proprement hallucinant (brillante idée que de nous embarquer une heure trente durant dans cette zone commerciale) mais n’ont aucune trajectoire. Les acteurs sont impressionnants : on parle beaucoup à juste titre de Benoît Poelvoorde mais Albert Dupontel également s’en tire admirablement. Reste que la mise en scène est minimaliste et que le scénario ne dépasse pas le feuillet A4. C’est un peu dommage, car on a envie de s’attacher aux personnages et on aimerait les voir vivre des aventures qui, sans être forcément rocambolesques, attirent un peu plus notre attention.

Ma note : **

Voir la critique plus enthousiaste de Dom sur Silence... Action !

commentaires

Wilyrah 16/06/2012


Pas intéressé, ni par ce film, ni par le Resnais. 

Mo5kau 17/06/2012


Même avis, excellente prestation de Poelvoorde, mais scénario pas assez abouti et mise en scène qui assure le minimu syndical...

copa738 17/06/2012


Comme toi, j'ai préféré largement la 1ère partie, car chacun y est à sa place. A la fin, Dupontel rejoint son frère, et Fontaine raconte son "secret" à ses fils : c'est de la péripétie inutile
^^'


Mais comme je suis très bon public, ma note est plus élevée que la tienne (il faut dire que le discours de Poelvoorde au supermarché m'a limite fait couler une larme).

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