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Le locataire (1976) Roman Polanski

par Neil 4 Avril 2014, 05:44 1970's

Locataire.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 26 mai 1976
Titre original : The tenant
Durée : 2h06
Genre : étrange immeuble
Scénario : Gérard Brach, d’après l’œuvre de Roland Topor
Image : Sven Nykvist
Musique : Philippe Sarde
Avec Roman Polanski (Trelkovsky), Isabelle Adjani (Stella), Melvyn Douglas (Monsieur Zy), Shelley Winters (la concierge), Bernard Fresson (Scope), Jo Van Fleet (Madame Dioz)...


Résumé: Trelkovsky, d'origine juive polonaise, travaille dans un service d'archives et se lie difficilement avec ses collègues. Il visite un appartement inoccupé dans un quartier populaire de Paris et la concierge lui apprend que la locataire précédente s'est jetée par la fenêtre quelques jours auparavant. Trelkovsky s'installe dans l'appartement. Mais il est bientôt victime de multiples vexations de la part de ses voisins... (allocine)
Mon avis : putain c´qu´il est blême, mon HLM…

Dans la carrière de Roman Polanski, Le locataire fait figure de charnière. D'une part parce qu'il clôt la trilogie dite « des appartements maléfiques », qui avait commencé avec Répulsion et s'est poursuivie avec Rosemary's baby. D'autre part parce qu'à partir de là, même si il avait déjà exploré plusieurs genres, le réalisateur va encore faire évoluer son cinéma en l'ouvrant vers des directions qu'il n'avait pas alors exploré, comme le romantisme ou bien le film d'aventure, qui lui amèneront un public de plus en plus élargi. Il adapte ici un roman de l’iconoclaste Roland Topor, qui avait quelques années auparavant co-signé le film d’animation La Planète sauvage, et qui colaborera par la suite à plusieurs petits bijoux de la télévision des années 1980 tels que Palace ou bien Téléchat.

Arrivant dans la cour d'un immeuble, Trelkovsky toque à la porte de la concierge qui met du temps à répondre. Il souhaite, comme le lui a conseillé un ami, visiter un appartement en location, mais la femme se montre réticente, rétorquant qu'elle a d'autres choses à faire. Elle s'exécute finalement moyennant finance et lui détaille en montant les escaliers les conditions de la location, lui conseillant après la visite d'aller voir monsieur Zy, le propriétaire, qui habite en dessous. Elle lui raconte également que l'ancienne locataire, mademoiselle Choule, s'est défenestrée quelques jours plus tôt et se trouve à l'hôpital, dans le coma. Trelkovsky s'en émeut et demande pourquoi, alors qu'elle est toujours vivante, l'appartement se trouve en location. Ce en quoi la concierge lui répond qu'elle doute fortement que la jeune fille en réchappe.

Regarder Le locataire seul chez soi par une soirée d'orage est une expérience dont on risque de se souvenir. L'atmosphère inquiétante que réussit à instiller Roman Polanski de façon progressive est du meilleur effet, qu'on se le dise. Et pourtant aucune créature maléfique ne traîne dans les parages, on peut même considérer que, en regardant les choses de façon rationnelle, il n'y a pas de quoi avoir peur des comportements isolés des personnages. Seulement voilà, la somme de ces agissements parvient, grâce à une ambiance sonore particulièrement bien orchestrée, à installer le malaise. On pense beaucoup au Corbeau si on observe de plus près les habitants de cet immeuble qui se scrutent et se dénoncent pour un rien, ce qui amène une réflexion anachronique sur l'Occupation.

Les références sous-jacentes contenues dans Le locataire se révèlent d'autant plus intéressante lorsqu’on prend en compte l'expérience personnelle de Polanski et de sa famille durant la Seconde guerre mondiale, qu’il développera par la suite dans Le pianiste. Sublimé par la photographie de Sven Nykvist, le film est gorgé d’inserts paranoïaques et de visions cauchemardesques sur les univers urbains contemporains. Cette étrange ambiance est renforcé par le fait que le film, dont l’action se passe dans Paris, soit tourné en anglais, et que certains de ses acteurs, français, soient doublés. L’ensemble du casting est d’ailleurs étrangement et agréablement hétéroclite puisqu’on y retrouve les magnifiques Melvyn Douglas etJo Van Fleet dans l’un de leurs derniers rôles respectifs, mais aussi les formidables Isabelle Adjani et Shelley Winters. Bref, nous avons ici affaire à l’un des meilleurs Polanski.

Ma note : ****

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commentaires

DnD 18/07/2014 10:41

Bonjour Neil,
Voilà très certainement un film que j'ai vu "trop tôt". Idem pour "répulsion". Te lire me fait réaliser que le revoir sera une toute autre expérience. J'attendrai donc la bonne occasion.
Bon week-end !

neil 19/07/2014 10:36

Bonjour D&D, le film est une expérience assez fabuleuse : je le mets très haut dans la filmographie de Polanski. Bon week-end !

Ygor Parizel 21/06/2014 12:47

Très éclectique ton site. Tu voyages à travers toutes les époques et provenances, comme moi. Grand film Le locataire.

neil 21/06/2014 13:21

Oui, je ne me limite pas (ou peu). Et quand j'ai un coup de cœur comme ici j'aime en faire profiter les lecteurs.

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