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Le nom des gens (2010) Michel Leclerc

par Neil 14 Janvier 2011, 06:42 2010's

Nom_Gens.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 24 novembre 2010
Genre : militantisme original
Durée : 1h44
Scénario : Baya Kasmi
Directeur de la photographie : Vincent Mathias
Musique : Jerôme Bensoussan
Avec Jacques Gamblin (Arthur Martin), Sara Forestier (Bahia Benmahmoud), Zinedine Soualem (Mohamed Benmahmoud), Michèle Moretti (Annette Martin), Jacques Boudet (Lucien Martin), Carole Franck (Cécile Benmahmoud)…

Synopsis : Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats... (allocine)

Mon avis : Indignez-vous !

C‘est quand même pas banal de réaliser Le nom des gens quand on s‘appelle Michel Leclerc. Le comble c’est de nommer son personnage principal Arthur Martin : y a pas plus commun, et il le sait. Drôle d’idée quand même, et encore plus drôle est l’autre personnage principal du film : une fille qui couche avec des mecs de droite pour les « convertir ». Une vraie militante qui s’enthousiasme pour un rien et qui est de tous les combat, ça existe encore de nos jours ? Eh bien oui, et c’est bien en ça que Le nom des gens capte l’air du temps. En ces temps de contestations où un vieux résistant dit aux jeunes cons que nous sommes : Indignez-vous !, on sent qu’il se passe quelque chose dans la France d’aujourd’hui. Oh, une petite vague peut-être, mais qui sait… ?

Si Arthur Martin a un nom aussi banal, il le doit un peu à sa mère. Les parents de celle-ci sont morts déportés et elle a été recueillie dans un orphelinat. Elle a dû changer de nom (Cohen ça passait pas trop à l’époque) et plus tard a épousé un de ses amis à la fac. Toute contente de récupérer le nom de Martin, elle ne se doute pas que le fait de prénommer son fils Arthur pourra lui jouer des tours plus tard. Invité d’une émission de radio, Arthur rencontre une folle furieuse qui l’invective en pleine émission. En la croisant plus tard dans les couloirs, il se fait inviter pour boire un café par cette jolie demoiselle qui se nomme Bahia Benmahmoud.

Il y a bien longtemps que je n‘avais pas entendu une salle rire autant pendant un film. Près d’un mois après sa sortie, Le nom des gens a toujours autant de succès et ça fait plaisir à voir. Car les comédies françaises fines et bien fichues ça ne court pas les rues malheureusement. Le film a cette simplicité et cette fraîcheur qui fait qu’on lui pardonne bien des choses. La caricature pourrait le plomber, et pas du tout : les évènements comiques s’accumulent, les personnages sont chargés mais on accepte ces petits défauts comme faisant partie du genre. Si on s’amuse des situations loufoques dans lesquelles sont plongés les personnages c’est car souvent la plume est belle et que les circonstances sont très bien décrites.

Au fond, Le nom des gens est un film daté, dans le sens qu‘il porte en lui le reflet d‘une époque. En l’occurrence, nous sommes grossièrement entre 2001 et 2007, la gauche est encore au pouvoir au début du film mais pas pour longtemps. Arthur Martin est jospiniste et Bahia Benmahmoud est militante. Et c’est agréable de voir des personnages qui croient en quelque chose. Quelque soit cette chose en laquelle on croit, il faut y croire et c’est un peu le message que nous délivre entre les lignes Michel Leclerc. Il s’appuie pour cela sur des acteurs au mieux de leur forme, en particulier Sara Forestier enfin libérée de ses tics et la formidable Michèle Moretti. Les jeux de mots fusent, les références à la période récente font mouche et le film sait également ménager des instants d’émotion. En bref on passe un très agréable moment en le regardant

Ma note : ***

commentaires

Denis 06/05/2011 20:44



Je n'ai pas le coeur a gauche comme certains de vos lecteurs :) et je remarque une certaine incoherence dans votre jugement.

Vous avez mis en effet 7/10 a Police (de Pialat) qui vaut de l'avis general largement plus, et vous mettez 7.5 a ce "Nom de gens" qui est un film certes sympathique mais clairement sans
ambition...

Harmonisez vos notes mon vieux, revisez si besoin vos jugements passes mais faites quelque chose car l'incoherence est ici flagrante !



Neil 07/05/2011 10:00


Bonjour Denis, J'assume totalement ma partialité :) Ce blog n'a aucune ambition de refléter une quelconque unanimité dans les choix des critiques (dont l'homogénéité me semble de plus en plus
incertaine...) Je n'avais pas été particulièrement bluffé par Police, contrairement sans doute à d'autres amateurs chevronnés de Pialat, dont je ne fais pas particulièrement partie. Cependant je
lui avais préféré L'enfance nue, par exemple qui m'avait plus touché. La critique est souvent affaire de sensibilité, selon moi... je suis navré si mon humble avis vous a déplu : il ne reflète
peut-être que ma propre opinion, mais je l'assume. :)


Phil Siné 16/01/2011 18:11


film formidable en effet, et plein d'idées merveilleuses... et ne désespérons pas, toutes les révolutions ont commencé par des petites vagues... le film redonne du baume au coeur et c'est déjà
beaucoup ! :)


Neil 16/01/2011 21:35



Tu a raison : motivés, motivés, soyons motivés ^^
Cela dit, ce genre de film donne la patate et ça fait du bien.



dasola 15/01/2011 09:59


Bonjour Neil, oui, ce film est rafraîchissant avec une interprétation aux petits oignons, même J Gamblin m'a convaincue. Bon samedi.


Neil 15/01/2011 14:39



Bonjour Dasola, effectivement Gamblin est très bon dans son rôle, et il n'en fait pas des masses comme souvent il a tendance à faire.



pierreAfeu 15/01/2011 00:20


Eh oui, un bien joli qui fait du bien à nos cœurs de gauche ;-)


Neil 15/01/2011 14:38



C'est vrai que ce petit côté militant est bien réjouissant



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