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Le passé (2013) Asghar Farhadi

par Neil 1 Juin 2013, 05:42 En salles

Passe.jpgFiche technique
Film iranien
Date de sortie : 17 mai 2013
Durée : 2h10
Genre : secrets de famille
Scénario : Asghar Farhadi
Image : Mahmoud Kalari
Musique : Evgueni Galperine et Youli Galperine
Avec Ali Mosaffa (Ahmad), Bérénice Bejo (Marie), Tahar Rahim (Samir), Pauline Burlet (Lucie), Elyes Aguis (Fouad), Sabrina Ouazani (Naïma)...

Résumé
: Après quatre années de séparation, Ahmad arrive à Paris depuis Téhéran, à la demande de Marie, son épouse française, pour procéder aux formalités de leur divorce. Lors de son bref séjour, Ahmad découvre la relation conflictuelle que Marie entretient avec sa fille, Lucie. Les efforts d'Ahmad pour tenter d'améliorer cette relation lèveront le voile sur un secret du passé. (allocine)

Mon avis
:mensonges encombrants et secrets et étouffants

On peut dire que Le passé est un peu le film des premières fois pourAsghar Farhadi. Compte-tenu de la censure exercée actuellement en Iran, le cinéaste s'est exilé en France et y a tourné pour la première fois dans une langue qui n'est pas la sienne, et avec des acteurs locaux. Il a ainsi dû coller à l'ambiance du pays et également s'habituer au phrasé des acteurs afin d'être au diapason avec eux. Pour la première fois également il a été sélectionné au Festival de Cannes, lui qui était plus un habitué de la Berlinale. Le film y est remarqué et le palmarès lui réserve une belle surprise, en l'occurrence un prix d'interprétation féminine pour Bérénice Béjo. L'actrice empoche ainsi sa deuxième consécration après le César obtenu pour  The artist, film qui avait permis à Jean Dujardin d'obtenir le prix d'interprétation masculine au festival de Cannes deux ans plus tôt.

À l'aéroport, Marie vient chercher Ahmad qui arrive d'Iran et qu'elle n'a pas vu depuis longtemps. Ils se sont quittés il y a quatre ans et Ahmad est là pour signer les papiers du divorce. Arrivant dans le pavillon de banlieue dans lequel ils ont jadis vécu, Ahmed embrasse la petite Léa et découvre Fouad, le fils du compagnon actuel de Marie, avec qui elle habite. Ahmad n'était pas au courant, et il propose à Marie que comme convenu elle le dépose dans un hôtel. Mais celle-ci n'en a pas l'intention et elle organise sa maison pour la venue de son invité. En pleins travaux de peinture, la cohabitation ne s'annonce pas vraiment de tout repos, et la jeune femme doit à peine arrivée laisser Ahmad garder les enfants le temps qu'elle aille chercher sa fille Lucie au lycée.

En regardant Le passé, on pense forcément au film précédent d'Asghar Farhadi : mêmes thématiques sur la famille et le rôle de chacun à l'intérieur, mêmes variations autour des secrets et des mensonges et de leurs effets dévastateurs. Dans ce film, le réalisateur semble multiplier les rebondissements, qui sont certes servis par un scénario au cordeau mais qui par leur profusion lassent un peu. On a l'impression que le film, d'une tension assez impressionnante, est destiné à aller crescendo vers une résolution finale qui, en plus d'être un peu convenue, ne résout finalement pas grand chose. Alors bien sûr, c'est le propos même du film que de nous proposer une situation inextricable, et qui en se compliquant ne fait qu'empirer. Mais on a tout de même l'impression de se trouver à la fin un peu comme deux ronds de flancs, ne pouvant que constater « tout ça pour ça ».

Rien n'est concrètement mal fait dans Le passé. La direction artistique y est soignée, la mise en scène propre et l'interprétation ne dénote pas. Mais rien n'y est non plus formidablement enthousiasment. On y sent la patte d'un auteur qui sait y faire, en particulier au niveau du scénario et des dialogues, mais qui a l'air tout de même un peu de reproduire un système efficace. Donc on passe un agréable moment, malgré deux ou trois rupture de rythme, devant le film, mais l'on se demande parfois si le fait qu'Asghar Farhadi soit à la réalisation n'influence pas les dithyrambes que l'on entend à droite ou à gauche sur le film. Bérénice Béjo s'y montre tout à fait correcte, sans briller particulièrement : de là à dire que c'était la meilleure interprétation féminine du festival de Cannes 2013, on peut se poser la question.

Ma note : **

Le bleu du miroir
est un peu plus enthousiaste

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