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Le skylab (2011) Julie Delpy

par Neil 11 Octobre 2011, 05:10 En salles

Skylab.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 5 octobre 2011
Genre : tranche d’histoire
Durée : 1h53
Scénario : Julie Delpy
Image : Lubomir Bakchev
Avec Julie Delpy (Anna), Eric Elmosnino (Jean),  Aur Atika (Tante Linette), Vincent Lacoste (Christian), Noémie Lvovsky (Tante Monique), Bernadette Lafont (Mamie), Emmanuelle Riva (Mémé)…

Synopsis : Juillet 1979, pendant les vacances d’été dans une maison en Bretagne. A l’occasion de l’anniversaire de la grand-mère, oncles, tantes, cousins et cousines sont réunis le temps d’un week-end animé. (allocine)

Mon avis : Chronique de la France sous Giscard

Kezako Le Skylab ? Eh bien tout d‘abord c‘est le quatrième film réalisé par Julie Delpy et puis aussi c‘est une station spatiale. Donc, en 1969 les américains marchent sur la lune : jusqu’ici on a tout suivi. Suite à ça, un projet est lancé qui aboutira au lancement de la première station spatiale en 1973. Or six ans après l’orbite s’use (aucun jeu de mots) et elle arrive dans l’atmosphère. Panique générale, renforcée par le fait qu’aucun scientifique n’était fichu de nous dire où elle allait s’écraser. C’est de ce moment précis que nous parle le film de Julie Delpy. Enfin disons qu’il se passe le soir de l‘atterrissage de la station, éventuellement prévu en Bretagne : ça tombe bien, le film s’y passe.

Un couple et ses deux enfants sont dans l’Eurostar pour revenir en France. Elle est française, lui anglais, et ils n’ont pas réservé de « carré », ces quatre places réunies en vis-à-vis commun. La mère demande donc à des passagers installés dans cet espace s’ils ont la gentillesse d’échanger leurs places afin que la famille puisse jouer aux cartes. Rien n’y fait : les passagers du train sont têtus et ne veulent pas céder leur place. La famille s’installe donc dans leur espace prévu initialement et la mère s’abandonne à quelques rêveries. Elle se souvient tout particulièrement d’une journée à la campagne, où sa famille s’était réunie. Nous étions en 1979 et Albertine avait onze ans.

C‘est drôle comme Le Skylab ne parle de rien, et il le fait assez bien. Du scénario de Julie Delpy peu de choses sont spectaculaires : on mange, on parle, on boit, on rit. Les aînés font la sieste tandis que les plus jeunes s’éclatent sur la piste de danse et que les adultes se chamaillent, à propos de politique bien sûr. Tout dans une ambiance conviviale, champêtre et nostalgique : c’est très français. C’est marrant de voir d’ailleurs que la plus américaine des réalisatrices françaises ait eu envie de parler de sa jeunesse et d’une certaine époque, d’un moment particulier, qu’on peut qualifier de charnière, de l’histoire de France. C’est la veille de l’élection de François Mitterrand, mais c’est aussi dix ans après Mai 68. Tous les personnages sont d’ailleurs très marqués : à droite, à gauche, colonialistes, baba-cools ou anarchistes. Tous les stéréotypes sont là et ça se mélange bien, car c’est une peinture réaliste et sincère de cette époque.

La sincérité, voilà encore un adjectif qui caractérise Le skylab. On peut reprocher beaucoup de choses au film, en tout cas il n’y a aucune afféterie dans sa mise en scène, et tous ses dialogues sonnent vrai. Le fait que Julie Delpy se soit inspirée de sa propre enfance et de ses propres souvenirs joue sans doute beaucoup en cela. Alors sans doute idéalise-t-elle un peu trop cette époque, et sans doute le côté nostalgique peut agacer… tout comme il peut marcher chez certains ou certaines. On ressent toutefois une certaine lassitude dans certaines séquences qui ne semblent pas nécessaires (l’épisode de l’oncle para libidineux par exemple), et quelques scènes trainent un peu trop en longueur, même si c’est là la volonté de son auteure, qui veut se démarquer des productions efficaces mais trop aseptisées : c’est tout à son honneur. Seulement ça donne à son film une impression de rythme chaotique, ce qui n’empêche pas de francs moments de rigolade ou  d’émotion. Porté par un très joli casting (notons en particulier les heureuses prestations de Vincent Lacoste et d’Emmanuelle Riva), le film est très agréable.

Ma note : ***

commentaires

D&D 27/12/2011 01:58


Oh dis donc, j'avais déjà oublié cette sortie-là. Pas vu, donc. J'avais bien aimé son Two Days in Paris (si je ne me plante pas sur le titre). Bon ben, je pense que j'essaierai celui-ci,
alors. Et bonnes fêtes monsieur !

Neil 27/12/2011 16:15



Oui c'est bien le titre de son film d"avant. Pour moi celui-ci est une des meilleures comédies de l'année. Bonnes fêtes à toi aussi :)



Ashtray-girl 16/10/2011 22:50



Ah! Tu reconnais toi aussi que par moment, les séquences tombent un peu à plat! Sinon, je te rejoins sur ton ressenti positif par rapport à l'ensemble du film, très sincère dans sa démarche, et
très touchant au demeurant.



Neil 18/10/2011 17:16



Oui oui, certaines scènes sont malheureuses. Mais bon je vois tellement de comédies françaises pas réussies que celui-ci est tout de même au-dessus du lot.



Wilyrah 13/10/2011 11:08



Oui, on est d'accord sur la séquence inutile de l'oncle traumatisé et libidineux.



Neil 13/10/2011 21:15



C'est vrai, cette scène était dispensable. Mais bon c'est noyé dans pas mal de positif. :)



bobmorane75 13/10/2011 09:24



J'en pense comme toi, film sympa mais quelques longueurs et scènes peu utiles, mais impression générale sympa d'une époque.



Neil 13/10/2011 21:12



Oui, bonne retranscription de l'époque, et pas mal de bons moments.



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