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Le tombeau des lucioles (1988) Isao Takahata

par Neil 31 Janvier 2019, 05:16 1980's

Fiche technique

Film japonais

Date de sortie (France) : 19 juin 1996

Titre original : Hotaru No Haka

Genre : guerre animée

Durée : 1h25

Scénario : Isao Takahata, d’après l’œuvre d’Akiyuki Nosaka

Musique : Yoshio Mamiya

Avec les voix de Tsutomu Tatsumi (Seita), Ayano Shiraishi (Setsuko), Yoshiko Shinohara (La mère), Akemi Yamaguchi (La tante)…

 

Synopsis : Japon, été 1945. Après le bombardement de Kóbe, Seita, un adolescent de quatorze ans et sa petite sœur de quatre ans, Setsuko, orphelins, vont s'installer chez leur tante à quelques dizaines de kilomètres de chez eux. Celle-ci leur fait comprendre qu'ils sont une gêne pour la famille et doivent mériter leur riz quotidien. Seita et sa petite sœur se réfugient alors dans un bunker désaffecté en pleine campagne et vivent des jours heureux illuminés par la présence de milliers de lucioles. Mais bientôt la nourriture commence cruellement à manquer…(Allociné)

 

Mon avis : On savait, on savait, que ça n'allait pas durer…

 

Ce film est encore un mythe plus de trente ans après sa sortie. Et pour cause : Le tombeau des lucioles est le film qui consacrera Isao Takahata et lui ouvrira les portes à l’international. Et pourtant il a fallu huit ans pour qu’il sorte en France, dans un quasi-anonymat. Aujourd’hui, il est un des films d’animation les plus téléchargés vendus en DVD ; comme quoi… Il faut dire que maintenant les films de Takahata sont attendus au tournant (voir le succès de Pompoko). Tout que comme ceux de son compatriote Hayao Miyazaki, avec qui il a créé le studio Ghibli en 1984.

Dés le début du film, le spectateur est prévenu : nous sommes en 1945 et le héros, Seita, est mort et nous parle d’outre-tombe. Son fantôme rejoint celui d’une petite fille et un long flash-back nous entraîne quelques mois plus tôt à Kobe. Un bombardement est imminent et tous les habitants vont se réfugier dans les abris. Seita et sa sœur Setsuko partent avant leur mère qui doit les rejoindre plus tard. Quand les enfants la retrouvent, elle souffre de graves blessures et ne survivra pas. Seita et Setsuko vont vivre chez leur tante paternelle, une femme de prime abord sympathique mais qui se révèlera odieuse. Laissés pour compte, les deux orphelins vont devoir survivre seuls.

 

Rarement dessin animé (pour ceux qui sont de l’ancienne école) n’a été aussi dur et aussi réaliste que Le tombeau des lucioles. Les premières images du bombardement de Kobe sont (paraît-il) d’une terrifiante véracité. Isao Takahata n’hésite pas à souligner la noirceur de son récit par des images chocs qui marquent les esprits. Des corps ensanglanté gisent dans les décombres, des bombes s’écrasent sur des civils en panique. Le contraste des couleurs, les lumières et la qualité du dessin renforcent le réalisme parfois hallucinant du film de Takahata. Inspiré par la propre histoire d'Akiyuki Nosaka, l'auteur de la nouvelle La tombe des lucioles, le réalisateur n’omet aucun détail de la vie quotidienne en temps de guerre.

Et ces évènements nous semblent encore plus cruels qu’ils nous sont racontés par l’intermédiaire de deux personnages de 4 et 14 ans. L’un est une fillette et l’autre est un adolescent bien obligé de grandir trop vite et de passer à l’âge adulte à vitesse grand V. Tout ce qui va leur arriver nous semble du coup encore plus atroce, injuste, impitoyable. Rien ne leur est épargné et pourtant, au travers de moments d’une poésie incroyable, le monde de l’enfance réparait comme par magie. La superbe scène des lucioles qui donne son nom au film est à ce titre absolument magnifique, sorte de pause entre toutes les horreurs qui nous sont assénées (après coup, il semble pourtant que cette scène révèle une réalité encore plus terrible). Et la réalité refait surface, l’histoire poursuit son implacable et tragique chemin. La beauté des dessins, le réalisme des situations, l’absence de manichéisme et la poésie d’ensemble font du tombeau des lucioles un film à part, inclassable et à ne pas rater.

 

Ma note : ****

Le tombeau des lucioles (1988) Isao Takahata
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commentaires

Benoît 18/04/2010 00:38


Je crois que c'est le seul animé sur lequel j'ai pleuré. Un vrai chef-d'oeuvre :)


Neil 18/04/2010 10:43



J'ai résisté à verser une larme jusqu'au bout. C'est vraiment un film très touchant.



Eeguab 17/04/2010 07:57


Peu familier des dessins animés japonais j'ai beaucoup aimé Le tombeau des lucioles.Par contre j'ai vu mon premier Miyazaki Le voyage de Chihiro qui ne m'a plu que par intermittences.


Neil 17/04/2010 09:32



Ah oui ? J'ai beaucoup aimé Chihiro. Essaye peut-être Mononoke, que je trouve encore supérieur.



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