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Les amants passagers (2013) Pedro Almodóvar

par Neil 20 Avril 2013, 05:34 2010's

Fiche technique
Film espagnol
Date de sortie : 27 mars 2013
Titre original : Los amantes pasajeros
Duré : 1h30
Genre : fantaisie aérienne
Scénario : Pedro Almodóvar
Image : José Luis Alcaine
Musique : Alberto Iglesias
Avec Javier Cámara (Joserra), Cecilia Roth (Norma), Raúl Arévalo (Ulloa), Lola Dueñas (Bruna), Carlos Areces (Fajas), Blanca Suárez (Ruth)...


Synopsis: Des personnages hauts en couleurs pensent vivre leurs dernières heures à bord d’un avion à destination de Mexico : une panne technique met en danger leur vie. Les pilotes s'efforcent de trouver une solution avec le personnel de la tour de contrôle. Le chef de la cabine et les stewards tentent d'oublier leur propre désarroi et se donnent corps et âme pour que le voyage soit le plus agréable possible aux passagers, en attendant que la solution au problème soit trouvée. (allocine)

Mon avis : le rire comme remède à la crise

Il a été beaucoup dit, mais ce n’est pas inutile de le rappeler, que Les amants passagers fait beaucoup penser à la période de la Movida chez Pedro Almodóvar. Pour les plus jeunes qui d’aventure liraient ces lignes, la Movida correspond à un mouvement culturel qui a caractérisé l’Espagne au début des années 1980. Le général Franco meurt en 1975 et avec lui s’achève une dictature sanglante où la liberté d’expression n’était pas vraiment de mise. La jeunesse artistique espagnol rêve de démocratie et se libère des contraintes, produisant des œuvres chamarrées et débridées. Dans le cinéma, les comédies loufoques d’Almodóvar font un carton, puis le cinéaste s’assagit au début des années 1990 en fournissant des œuvres plus mélancoliques. Il semblerait que la crise que subit l’Espagne de plein fouet lui donne aujourd’hui des idées de légèreté.

Sur une piste d’envol, deux employés au sol s’activent pour finaliser la préparation du vol 2549 de la compagnie Península. La femme heurte accidentellement un de leurs collègues puis au cours de leur conversation elle annonce à l’homme qu’elle est enceinte. Dans l’avion, les stewards et les hôtesses de l’air révisent avec les passagers les gestes de sécurité à effectuer en cas de problème. Une heure et demi plus tard, l’un d’entre eux, Joserra, discute avec les pilotes de l’avion de la situation critique à laquelle ils font face : l’avion tourne en effet autour de Tolède car un des trains d’atterrissage est bloqué. Aucune piste n’est accessible et Joserra commence à paniquer, tandis que les hôtesses de l’air sont endormies, anesthésiées avec les passagers de la classe éco. Restent les passager business qu’il faut divertir pour ne pas qu’ils s’inquiètent outre mesure.

On peut dire à plusieurs niveaux que Pedro Almodóvar se lâche dans Les amants passagers. Tout d’abord car il revient à ses premières amours et à la comédie barrée qu’il avait un peu laissée de côté depuis quelques années. Le genre du mélodrame dont il est devenu maître n’est plus vraiment d’actualité, il convient de s’amuser franchement autour de personnages déjantés qui nous offrent des prestations d’anthologie. Ainsi la chorégraphie des trois stewards est excellente, et les péripéties graveleuses dont les passagers sont des victimes plus ou moins consentantes sont souvent hilarantes.

Dans tous les coins ça parle crument, ça baise et ça boit, sans compter les substances illicites qui sont ingurgitées. La transgression est de mise, et cela se confirme avec le caractère über gay dont le film se fait l’étendard, et le réalisateur ibérique par là même, ce qui est une première, non pas qu’il fut jusque là dans le placard mais il a rarement porté si haut les couleurs du rainbow flag. Seulement sous la surface humoristique des Amants passagers se cache une mélancolie larvée, que l’on voit poindre dans les dernières images nous montrant un aéroport de La Mancha vide.

Cette infrastructure flambant neuve et qui n’a quasiment pas servi symbolise sans doute pour le réalisateur la crise que vit actuellement l’Espagne. Et l’on revoit alors les séquences des Amants passagers sous un œil différent. Les voyageurs favorisés s’amusent en business tandis qu’on endort les autres passagers de la classe éco, un financier sans scrupule tente de fuir le pays tandis que son empire s’effondre sont autant d’indices nous faisant comprendre la réalité de la situation. Porté par un casting de qualité, le film parvient à nous attacher à ces personnages avec un scénario qui pourtant ne tient que sur quelques lignes : la prouesse est remarquable. Voici donc la bonne dose d’humour dont on avait besoin en ces temps moroses.


Ma note : ****

Voir l'avis un poil plus mitigé de mymp

Les amants passagers (2013) Pedro Almodóvar
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commentaires

D&D 30/05/2013 00:50


Ah tiens ! Bon ben du coup, j'ai pas lu le billet parce que je n'ai pas vu le film et que je vois juste qu'il t'enthousiasme assez. C'est le premier Almodovar que je ne vais pas voir depuis très
longtemps... Ben finalement, j'essaierai un jour (quand je serai de meilleure humeur :-) )

Neil 30/05/2013 22:32



Bah je suis un des rares à m'enthousiasmer pour le film. Je le trouve vraiment très intéressant, il raconte plus de choses qu'il n'en a l'air.



Marcozeblog 01/05/2013 14:35


A part le côté ûber gay qui est effectivement hyper sympa, les petites histoires des passagers m'ont pas mal emmerdé. Un film qui fait quand même plaisir

Neil 07/05/2013 13:51



Moi j'ai bien été pris même par les histoires secondaires. Un film qui fait plaisir, exactement. :)



ASBAF 20/04/2013 09:59


Si c'est ça le remède contre la crise, on y est pour un bout de temps.

Neil 21/04/2013 21:33



Au contraire :)



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