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Les bêtes du sud sauvage (2012) Benh Zeitlin

par Neil 7 Décembre 2012, 06:30 Avant-Première

Betes_Sud.jpgFiche technique
Film américain
Date de sortie : 12 décembre 2012
Titre original : Beasts of the Southern Wild
Durée : 1h32
Genre : Initiation enfantine
Scénario : Benh Zeitlin, d’après l’œuvre de Lucy Alibar
Image : Ben Richardson
Musique : Dan Romer
Avec Quvenzhané Wallis (Hushpuppy), Dwight Henry (Wink), Pamela Harper (Little Jo), Levy Easterly (Jean Battiste), Gina Montana (Miss Bathsheeba), Lowell Landes (Walrus)…

Résumé : Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père. Brusquement, la nature s'emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d'aurochs. Avec la montée des eaux, l'irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue..

Mon avis
: Le conte de la communauté après la tempête

Depuis qu’il a été présenté à Sundance au début de l’année, Les bêtes du sud sauvage cumule les prix dans divers festivals. Évidemment, c’est le film qui a décroché la Caméra d’or à Cannes, puis il a glané le Grand prix du Festival de Deauville et encore un prix au Festival international du film de Londres. C’est formidable, tout le monde s’emballe pour un premier film qu’on pourrait qualifier de conçu par Benh Zeitlin « avec sa bite et son couteau ». Il a trouvé la jeune actrice principale en Louisiane, où elle allait à l’école, tandis que l’acteur qui interprète son père est boulanger. Son scénario, il le puise dans Juicy and delicious, la pièce de théâtre d’une de ses meilleures amies, Lucy Alibar. Il y ajoute quelques références à l’actualité, entre l’ouragan Katrina et la fonte des glaces, et le tour est joué.

Dans le Bathtub, un bayou de Louisiane, vit en autarcie une communauté d’irréductibles, au-delà de la digue qui les sépare du monde civilisé. La jeune Hushpuppy y séjourne avec son père Wink et tous leurs amis. La bonne ambiance est de rigueur malgré les désastres naturels réguliers qui menacent tout ce petit monde. Un jour qu’elle n’arrive pas à trouver son père, Hushpuppy brûle accidentellement l’abri de fortune dans lequel ils habitent tous les deux, sa mère n’étant plus là. Une grosse tempête est cependant en train d’arriver et beaucoup de personnes se préparent à quitter le bayou. Hushpuppy trouve refuge chez des amis qui ne comptent pas partir et c’est là que son père la retrouve et la ramène chez eux. Il lui construit un refuge pour les empêcher de sombrer tandis que l’eau montera fatalement durant la nuit.

Durant l’ensemble des Bêtes du sud sauvages, nous sommes quasiment en permanence dans la tête de la jeune héroïne. C’est elle qui commente tout ce qui se passe, avec une voix off un peu maladroite à la longue, et la caméra est pratiquement toujours située à hauteur d’enfant. Le procédé de mise en scène est renforcé par quelques séquences oniriques qui matérialisent les fantasmes de la petite fille et ses peurs enfantines, symbolisées par ces aurochs qui figurent également les funestes augures pesant sur ce petit groupe de doux-dingues. Tout cela est très métaphorique, mettant en avant le fait que nous sommes bien en présence d’un conte sur la vie contemporaine, mais c’est un tout petit peu sur-symbolique. On comprend bien où veut en venir le réalisateur, sa démarche est honnête mais u peu trop appuyée.


On n’a pas grand chose à reprocher aux Bêtes du sud sauvage. L’idée de base est intéressante, le sujet d’actualité est brûlant et Benh Zeitlin a bien raison de nous montrer des images qui n’ont pas cours régulièrement dans le cinéma américain. Le réalisateur s’intéresse à juste titre à des populations et à des territoires des États-Unis qui ont besoin de visibilité mais au bout du compte on peut se demander quelle est la justification de tout cet engouement critique. Peut-être est-ce de la bonne conscience d’occidentaux qui voient les limites de leur système économique, ou bien est-ce dû aux thématiques écologiques qui traversent l’œuvre. Reste que le film est bien fichu, pas forcément très passionnant mais au moins ne tire pas en longueur. En tout cas on sent du potentiel dans ce réalisateur qui, on l’espère, fera parler de lui par la suite.

Ma note : ***

commentaires

D&D 31/01/2013 10:38


Ben tu vois, là, j'ai marché. D'ailleurs je suis allé le revoir assez vite. J'ai trouvé le film inégal, et son ouverture assez encombrée, mais assez vite je me suis senti comme au diapason et ça
m'a compètement passionné, au-delà des défauts ou trous d'air. 

Neil 11/02/2013 00:00



Ah oui effectivement nous n'avons pas eu la même appréciation. J'ai trouvé pour le coup le film assez "savant".



Flow 28/12/2012 12:53


Je partage ton avis. Ce n'est guère passionnant mais on est tout de même emballé. Un ovni assez étrange...

Neil 29/12/2012 10:20



On est emballé, un peu. Tout du moins on respecte le travail remarquable opéré par le réalisateur, mais sans plus.



princécranoir 27/12/2012 18:32


3 étoiules quand même pour un film "pas très passionnant". ben mon vieux, c'est les soldes avant l'heure !

Neil 29/12/2012 10:19



Ben oui je sais pas ce qui m'a pris... en même temps c'est un "petit trois étoiles" ^^



ASBAF 13/12/2012 23:23


Le délire autour de ce film c'est que même si le film est chiant, moche et mal foutu, des gens lui mettent quand même 3 étoiles.

Neil 14/12/2012 14:50



C'est à moi que tu parles ? #denirostyle



ffred 09/12/2012 18:58


Oui, voilà, c'est le mot : pas très passionnant... :)

Neil 12/12/2012 10:27



Non, pas vraiment, comprends pas l'emballement général...



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