Partager l'article ! Les bien-aimés (2011) Christophe Honoré: Fiche technique Film français Date de sortie : 23 août 2011 Genre : saga romanesque ...
Comment je les ai critiqués... (ma vie textuelle)

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 23 août 2011
Genre : saga romanesque
Durée : 2h19
Scénario : Christophe Honoré
Image : Rémy Chevrin
Musique : Alex Beaupain
Avec Chiara Mastroianni (Véra), Catherine Deneuve (Madeleine), Ludivine Sagnier (Madeleine jeune), Louis Garrel (Clément),
Milos Forman (Jaromil), Paul Schneider (Henderson)…
Synopsis : Du Paris des sixties au Londres des années 2000,
Madeleine, puis sa fille Véra vont et viennent autour des hommes qu’elles aiment. Mais toutes les époques ne permettent pas de vivre l'amour avec légèreté. Comment résister au temps qui passe et
qui s'attaque à nos sentiments les plus profonds ? (allocine)
Mon avis : Aimez qui vous voulez
Une fois de plus, Moije (comme l‘appelle D&D) prend la
parole pour partager une expérience, celle d‘aller voir Les bien-aimés en avant-première. Expérience intéressante que de voir les films avant leur sortie ; et les distributeurs
l’ont bien compris, qui les développent de plus en plus, les films partant parfois en tournée provinciale. L’UGC Ciné Cité des Halles étant le cinéma français accueillant le plus de spectateurs, les films attendus y
sont souvent projetés la veille de la sortie, parfois avec, cerise sur le gâteau, tout ou partie de l’équipe du film. N’escomptez pas avoir de place en arrivant à la dernière minute, ni être bien
placé si vous n’arrivez pas une demi-heure avant. Peut-être est-ce le prix à payer pour voir, fébriles avant la sortie de leur dernier bébé, Catherine et Chiara,
Ludivine et Christophe.
Les clientes affluent dans cette petite boutique de chaussures où Madeleine est vendeuse. Après une journée fatigante de plus,
sa patronne l’appelle alors qu’elle est à la réserve afin de pouvoir fermer le magasin. Madeleine craque : elle cache cette petite paire de talons hauts rouge qu’elle convoite depuis tellement
longtemps. Elle rentre chez elle à pied, ravie, et contemple ces nouvelles chaussures qui lui vont si bien. Soudain un inconnu l’accoste et lui demande ses tarifs ; choquée, Madeleine reste sans
voix. Quand il insiste, elle fait dans sa tête un calcul, et décide bien vite que ce sera le prix à payer pour arrondir ses fins de mois. Elle devient alors une occasionnelle, comme elle le
racontera plus tard à sa fille, car en 1964 les mœurs étaient presque propices à une légèreté que Madeleine veut assumer.
Avec Les bien-aimés, Christophe Honoré abandonne enfin ses afféteries et ses mines de poseur. On
l’attendait depuis longtemps ce film, où, libéré du lourd héritage de ses ainés cinématographique, le réalisateur prenne son envol. Le film est une grande fresque sur l’amour, car au final c’est
bien le sujet principal de ses films. Et qu’y a-t-il de plus cinématographique qu’une histoire d’amour ? Ici elles sont plusieurs, comme les personnages, comme les époques. Le temps passe et les
sentiments trépassent ; à moins que ce ne soit le contraire. Les filles sont légères, certes, mais magnifiques : comme quoi certains hommes parviennent à montrer des femmes belles, libres et
heureuses, parfois frivoles, souvent tristes aussi. Juste des personnes humaines, complexes et fragile, mais surtout aimantes… et aimables.
Car Les bien-aimés porte bien sont nom : elles ont été aimées, Madeleine et Vera, et elles ont aimé. Aimé à
la folie et à la déraison, comme pour mieux capter l’essence de la vie. Cette vie qui passe et qui nous abîme tous, qui nous blesse et nous étreint parfois. Si Christophe Honoré commet
certaines maladresses, son film possède la délicatesse de ses imperfections, et recèle quelques moments de grâce peu communs. Il raconte la vie et les sentiment, par le biais de la comédie
musicale, genre idéal pour une telle entreprise. Il s’aide de ses fidèles : Ludivine Sagnier, la divine Chiara Mastroïanni et un Louis Garrel enfin plus naturel qu‘à
l‘accoutumée. Il s’offre aussi le luxe de travailler avec la grande Catherine Deneuve dans un rôle taillé sur mesure, et avec des seconds rôles irrésistibles comme Michel
Delpech ou Milos Forman. Le film de la maturité diront certains, peut-être, en tout cas un bien beau mélodrame, sensible et vibrant.
Ma note : ****
Commentaires