Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les chansons d’amour (2007) Christophe Honoré

par Neil 11 Mai 2011, 05:31 2000's

Chansons_Amour.jpg
Fiche technique
Film français
Date de sortie : 23 mai 2007
Genre : amours blessées
Durée : 1h40
Scénario : Christophe Honoré
Image : Rémy Chevrin
Musique : Alex Beaupain
Avec Louis Garrel (Ismaël), Ludivine Sagnier (Julie), Grégoire Leprince-Ringuet (Erwann), Chiara Mastroianni (Jeanne), Clotilde Hesme (Alice), Brigitte Roüan (La mère)…

Synopsis : Toutes les chansons d'amour racontent la même histoire : "Il y a trop de gens qui t'aiment"... "Je ne pourrais jamais vivre sans toi"... "Sorry Angel". Les chansons d'amour racontent aussi cette histoire-là. (allocine)

Mon avis : C’est moi qui t’ai suicidé mon amour, moi qui t’ai ouvert les veines, je sais

Le moins que l’on puisse dire de Christophe Honoré c’est qu’il ne laisse personne de glace, même avec Les chansons d‘amour. Présenté en compétition officielle à Cannes, le film reçoit autant d’éloges que de quolibets. Reparti bredouille de la quinzaine, il se consolera par un bouche à oreille favorable, en particulier chez les jeunes… et les homos (les deux pouvant se cumuler). C’est que le film parle d’une certaine jeunesse, insouciante et amoureuse, qui n’aspire qu’à être heureux et libre. Libre d’aimer, insouciants et légers : c’est bien le paradoxe du film, qui arrive à tirer d’un propos si lourd une légèreté si naturelle.

Dans un appartement parisien, Julie aime Ismaël. Mais Ismaël aime aussi Alice, qui aime également Julie. Tous trois partagent le même lit, et tentent de mener à bien ce ménage à trois. Mais cela ne va pas sans difficultés : la mère de Julie, qui considère Ismaël comme son fils, ne comprend pas forcément ce qui se trame entre eux. Quant à sa sœur ainée, elle sent bien toute la dangerosité de cette relation. Et ce qui devait arriver se produit : la jalousie pointe son nez incidemment, et Julie ne se sent plus vraiment aimé par ce bel indifférent qui joue malgré lui à un jeu bien dangereux.

Au début des Chansons d‘amour, Christophe Honoré adopte ce ton de poseur qui a fait sa renommée, en particulier avec Dans Paris. Les mêmes démons reviennent l’obséder : un parisianisme élitiste, des références trop lourdes à porter… Malgré tout un changement de rythme apparait au détour d’une chanson : les références sont toujours là, mais pas les mêmes (on est passé de Truffaut à Demy). Ici cette artificialité qui pouvait nous agacer prend tout son sens ; la forme fait corps avec le fond, et la mise en scène se fluidifie. C’est là toute la magie de la comédie musicale, où les poses affectées des acteurs deviennent des vecteurs de leurs pensées et de leurs actes.

Et là où Les chansons d‘amour fait preuve d‘une audace merveilleuses, c‘est quand la comédie musicale devient tragique. Le spectateur est alors emporté dans un flot de sentiments mis en scène avec une fluidité admirable. La caméra se meut dans un Paris admirablement représenté (et je ne dis pas ça parce que c’est dans mon quartier), renforçant notre adhésion envers des personnages qui semblent si proches de nous. C’est d’ailleurs facilité par une troupe d’acteurs aériens qui savent si bien naviguer entre la futilité du quotidien et le désespoir des amours contrariées. Plaidoyer malgré lui pour la tolérance et la liberté, le film se révèle tout aussi convaincant dans le bonheur et dans le malheur. La vie passe et les amours trépassent (ou pas).

Ma note : ***

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

Squizzz 21/05/2011 00:25



J'ai découvert Les Chansons d'amour, il y a tout juste 2 semaines, et je suis totalement tombé sous le charme. Sans savoir grand chose sur le film, si ce n'est que c'était une
comédie musicale (pas un gage de qualité quand c'est made in France) et que ça parlait d'amour (merci le titre !), je ne savais pas à quoi m'attendre, et j'ai vraiment été transporté. Comme tu le
dis, Honoré mêle vraiment subtilement la gravité et la légèreté. J'aime aussi beaucoup ce côté un peu irréel, poétique que prend le quotidien. C'est l'effet de cette façon de filmer Paris,
l'impact de la comédie musicale aussi. Bref tout ça est vraiment charmant et enivrant, et je signe tout de suite pour Les Bien-aimés !



Neil 21/05/2011 21:30



La comédie musicale à la française avait beaucoup de charme dans les sixties, et avec des films comme celui-ci ou Jeanne et le garçon formidable. Pour Les
bien-aimés, j'ai vu quelques images et ça a l'air pas trop mal.



Phil Siné 13/05/2011 09:16



je vois que tu n'es pas un fan inconditionnel d'honoré (et du petit garrel ;) comme moi, mais c'est déjà bien que tu aies accroché à celui là, que je considère etre son meilleur pour
l'aspect comédie musicale... ("dans paris" avait déjà des façons de comédie musicale sans en être une... ;)


j'ai hate de découvrir "les bien aimées"



Neil 13/05/2011 20:59



Je suis encore dubitatif sur les films d'Honnoré. En tout cas Les bien aimés a un beau casting, ce sera une curiosité. Et quant à Louis Garrel... mouais... il
se la pète un peu non ?



Wilyrah 12/05/2011 19:49



Et si tu veux du constructif, je te renvoie aux critiques de Positif et AvoirAlire qui dénoncent tous les défauts insupportables de ce film et du cinéma de Honoré en général. Vive le cinéma bobo
bourré de lieux communs et de niaiserie...



Neil 13/05/2011 06:49



Je comprends tout à fait ces réticences. J'ai totalement haï Dans Paris, dont la projection a été l'une des plus pénibles que j'ai pu vivre. De même, je me suis mortellement
ennuyé devant Homme au bain. Concernant Les chansons d'amour, j'ai trouvé que ces poses affectées et ce parisianisme aigü m'ont franchement agacé au début,
jusqu'à ce que le film ne se mue en comédie musicale, où là j'ai enfin trouvé du sens dans cette mise en scène.



Wilyrah 12/05/2011 19:45



Je vomis ce film. Oui, rien que ça. Je sais, c'est incroyablement constructif.



Neil 13/05/2011 06:46



Yes, un peu de fight sur ces pages, ça fait du bien ^^



Haut de page