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Les chaussons rouges (1948) Michael Powell et Emeric Pressburger

par Neil 20 Avril 2010, 07:43 1940's

    Chaussons Rouges
Fiche technique
Film britannique
Date de sortie : 10 juin 1949
Titre original : The red shoes
Genre : conte de ballerine
Durée : 2h13
Scénario : Emeric Pressburger, d’après l’œuvre d’Hans Christian Andersen
Photographie : Jack Cardiff
Musique : Brian Easdale
Avec Moira Shearer (Victoria Page), Anton Walbrook (Boris Lermontov), Marius Goring (Julian Craster), Ludmilla Tcherina (Irina Boronskaja), Leonide Massine (Grisha Ljubov), Robert Helpmann (Ivan Boleslawsky)…

Synopsis : Vicky, danseuse, et Julian, compositeur, sont engages dans une troupe de ballet. Tyrannique, le directeur pousse Vicky a s'identifier a l'héroïne du ballet "Les Chaussons rouges"… (Allociné)

Mon avis : Aimer ou danser, il faut choisir

Il est écrit dans le petit manuel du pédé illustré qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie Les chaussons rouges. Tu m‘étonnes : du mélodrame, du ballet, de l’amour, de la tragédie et du conte de fée… on peut pas trouver mieux pour une midinette. Et - qui l’eut cru - le film est cité par des cadors comme Scorsese ou De Palma dans leur panthéon cinématographique. Pourtant, quoi de plus différent que Taxi driver ou Scarface que le film de Powell et Pressburger ? Y aurait-il donc anguille sous roche, Les chaussons rouges serait-il plus qu’un musical larmoyant pour jeune fille en fleur ? On approche, on approche…

Victoria Page assiste avec sa tante, Lady Neston, à la première d’un ballet dirigé par le célèbre Lermontov, avec la non moins célèbre danseuse étoile Irina Boronskaja. A cette même soirée assiste avec ses amis Julian Craster pour pouvoir applaudir l’œuvre originale de son professeur de musique. Quelle ne sera pas sa surprise quand il verra que ledit professeur a tout pompé sur son élève. Quant à Lermontov, invité par La Neston à une petite sauterie, il aura une révélation de choix en la personne de Victoria Page, qui ne rêve que d’une chose : devenir ballerine. A la faveur du désistement de son étoile, il va engager Victoria et Julian pour son prochain opus, qu’il rêve grandiose.

Et c‘est là qu‘on devine le lien entre tous ces cinéastes qui se réclament des Chaussons rouges, au-delà du magnifique traitement en Technicolor dont bénéficie l’œuvre. Car le film nous parle avant tout d’engagement artistique, de ferveur. Si Lermontov se déleste si facilement de la Boronskaja c’est qu’elle a succombé à la passion amoureuse, et ne pourra donc plus accéder à la perfection artistique. C’est ce dévouement qu’il attend de Victoria, avec une rigueur maniaque. Il ne lui pardonnerait pas de faillir au culte de la danse, de l’art, fut-ce pour une histoire d'amour. Un artiste ne peut pas avoir de vie privée s’il veut parvenir au summum, c‘est du moins sa conception du métier. Et Scorsese d’avouer qu’il se reconnait un peu dans ce portrait de dictateur malgré lui.

La pièce maîtresse des Chaussons rouges est un ballet de 17 minutes qui nous est proposé en plein milieu du film. N’étant pas particulièrement friand de danse classique - et c’est pourtant pas faute d’en avoir été nourri par ma mère - j’ai été absolument subjugué par cet intermède éblouissant techniquement et riche de symboles. Car là où se mélangent l’histoire dans la fiction et la réalité se trame le cœur même de l’intrigue. Moira Shearer, espoir du ballet britannique récupérée par le cinéma, donne ici toutes ses tripes et nous transporte dans un tourbillon d’émotions.  Quant à Anton Walbrook, il incarne toute la droiture de son personnage avec une intensité proche du cinéma réaliste des années 30. Les décors sont splendides, les couleurs riches et chatoyantes, on est ici dans la pleine époque d’un certain type de cinéma, alors à son apogée et toujours aussi éternel aujourd'hui.

Ma note : ****

commentaires

ideyvonne 22/10/2011 17:37



Il est repassé sur le câble y'a pas très longtemps et je me suis fait un plaisir de le revoir! D'ailleurs juste avant le film il y avait une interview de Scorsese qui trouve à ce film toutes les
beautés cinématographiques



Neil 23/10/2011 09:41



C'est drôle cette passion que Scorsese a pour le film : il a pourtant l'air tellement loin de son univers. Mais c'est bien !



Eeguab 24/04/2010 15:18


Somptueux, qui transcende les univers,faisant du spectateur à première vue très éoigné(dont je fais partie)un ardent défenseur des Chaussons.
Pas une raison cependant pour attribuer à Andersen, Pressburger et Cardiff une quelconque responsabilité dans Tout ce qui brille.


Neil 25/04/2010 10:15



Jolie pirouette finale. Nombreux sont les défenseurs du film et pourtant éloignés de son univers. Une gageure de qualité.



dasola 22/04/2010 09:53


Bonjour Neil, le film est à mon programme de fin de semaine. C'est beau les reprises sur grand écran. Bonne journée.


Neil 24/04/2010 11:36



Ah, bonne idée dasola. Je pense que tu vas apprécier. Bonne journée à toi aussi



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