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Les contes de Canterbury (1972) Pier Paolo Pasolini

par Neil 26 Janvier 2011, 06:17 1970's

Contes_Canterbury.jpg
Fiche technique
Film italien
Titre original : il racconti di Canterbury
Genre : petits polissons
Durée : 1h58
Scénario : Pier Paolo Pasolini, d’après l’œuvre de Geoffrey Chaucer
Directeur de la photographie : Tonino Delli Colli
Musique : Ennio Morricone
Avec Franco Citti (Le Diable), Laura Betti (La femme du bain), Hugh Griffith (Gennaio Janvier), Josephine Chaplin (Maggio), Ninetto Davoli (Perkin),  Pier Paolo Pasolini (Geoffrey Chaucer)…

Synopsis : L’Angleterre au moyen-âge. Dans une auberge d’un faubourg de Londres, un écrivain assiste au récit d’une série d’histoires grivoises. (Allocine)

Mon avis : Paillardise et scatologie au pays du puritanisme aigu

Au début des années 70, Pasolini décide d‘adapter dans sa Trilogie de la vie une série de contes fondateurs de plusieurs pays : l‘Italie avec le Décaméron, l‘Angleterre avec Les contes de Canterbury et l‘Orient avec Les mille et une nuits. Pour ce deuxième, il s’inspire donc de l’œuvre de Chaucer, écrit au XIVème siècle et qui est considéré comme l’une des premières grandes œuvres de la littérature anglaise. C’est une série de 24 contes prononcés en vers par une poignée de pèlerins en route vers Cantorbery pour y visiter le sanctuaire de Thomas Beckett, archevèque de Canterbury qui fut canonisé en 1173. Mais tout ceci est bien loin du sujet qui nous occupe aujourd’hui.

Au moyen-âge se trouvent en Angleterre une foule de pèlerins en route vers la cathédrale de Canterbury. Pour distraire l’assemblée, l’aubergiste propose que chacun raconte une histoire, qu‘il consignera. L’écrivain Geoffrey Chaucer assiste à ces récits et nous les narre. La première est l’histoire de Janvier, un vieil homme qui décide de prendre épouse. Il choisit Mai, une jeune femme soumise qu’il se réjouit de déshonorer deux fois lors de leur nuit de noce. Mais la demoiselle est amoureuse du beau Damien, à qui elle donne rendez-vous pour faire l’amour dans le jardin de son époux Janvier. Subitement, celui-ci perd la vue et ne veut plus quitter sa frivole épouse.

Avec Les contes de Canterbury, nous avons clairement à faire à une œuvre légère et un tout petit peu pipi-caca. Pasolini s’en donne à cœur joie pour choquer le bourgeois, nous montrant des culs qui pètent, des femmes nues, des hommes qui font l’amour entre eux… C’est la débauche généralisée : tout le monde ne pense qu’au sexe et à la bonne chair, tout ça dans une bonne ambiance, totalement décomplexée. Il faut voir la scène où un jeune homme pisse du haut d’un escalier sur des bourgeois attablés qui s’offusquent d’abord puis en rigolent : le récit se situe à une époque où la morale et la pudibonderie n’ont pas encore fait tout leur office et où les esprits sont moins engoncés.

D‘un point de vue formel, Les contes de Canterbury n‘est pas la meilleure réalisation de Pasolini, autant le dire tout de suite. Le récit est brouillon, la mise en scène moins rigoureuse que d’habitude. Le réalisateur s’est fait plaisir et entend divertir le spectateur tout autant. Il garde tout de même cet esprit frondeur qui lui fait dépasser les limites des convenances traditionnelles (la scène finale de l’Enfer avec ce diable fripon est assez osée) et ne manque pas de souligner quelques rapports de classe. Les bourgeois sont ainsi ridiculisés et l’on sent une certaine volonté de dénoncer certaines injustices (il ne manque pas, par exemple, de montrer la décapitation d’un homme du simple fait de son homosexualité). Les contes de Canterbury est donc le divertissement un peu provocateur d’un trublion iconoclaste qui se fiche bien du qu’en dira-t-on. Et ça c’est assez sympa.

Ma note : **

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commentaires

D&D 05/04/2011 13:45


Ben tiens, à propos de bouquins, ça fait plus de dix ans que celui-là est dans la pile d'attente, si j'ose dire. J'ai peut-être même déjà lu dix pages, mais je n'en suis plus sûr... Par ailleurs,
et malgré ton billet, je ne parviens pas à "revoir" des images de ce film que j'ai pourtant vu, il y a plus de dix ans aussi. Je pense être passé totalement à côté en fait...


Neil 05/04/2011 15:55



Plus de dix ans : joli score. Tu me diras, moi ça fait à peu près le même temps que je me promets de lire La recherche et je repousse à chaque fois. Par flemme, par peur de ne
pas aimer, par bêtise...
Et quant au film, on peut légitimement oublier Les contes de Canterbury (et ça me fait mal au coeur de dire ça d'un film de Pasoloni mais bon...)



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