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Les femmes du sixième étage (2010) Philippe Le Guay

par Neil 22 Février 2011, 06:16 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 16 février 2011
Genre : bourgeois en rébellion
Durée : 1h46
Scénario : Philippe Le Guay et Jérôme Tonnerre
Image : Jean-Claude Larrieu
Musique : Jorge Arriagada
Avec Fabrice Lucchini (Jean-Louis Joubert), Sandrine Kiberlain (Suzanne Joubert), Carmen Maura (Conception), Natalia Verbeke (Maria), Lola Duenas (Carmen), Berta Ojea (Dolores)…

Synopsis : Paris, années 1960. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille coincé, découvre qu’une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit au sixième étage de son immeuble bourgeois. Maria, sa jeune bonne, lui fait découvrir un univers exubérant et folklorique à l’opposé des manières et de l’austérité de son milieu. (allocine)

Mon avis : Sous le vernis, ça craque

Le cinéma français a inventé un genre tout particulier qu‘on ne voit que très rarement ailleurs : la comédie de mœurs à portée (vaguement) politique. On peut dire que Les femmes du sixième étage entre dans cette mouvance, tout comme Les invités de mon père (mais on pourrait en citer d’autre). Le but du jeu est de parler des choses qui fâchent mais sur un ton badin et sous couvert de comédie. Le problème de ces films est qu’ils ont souvent le cul entre deux chaises : ne voulant pas forcer l’humour, on ne rit pas à gorge déployée, et ne voulant pas froisser la ménagère de moins de cinquante ans, on ne s’aventure pas bien loin dans la subversion.

Dans leur luxueux appartement parisien, Jean-Louis et Suzanne Joubert s‘engueulent avec leur bonne. Celle-ci trouve injuste que, juste après le décès de « la mère de Monsieur », Suzanne veuille réaménager l’appartement selon ses goûts. Ils la forcent à prendre la porte et bientôt la maison devient une porcherie. Sommée de trouver une femme de ménage en hâte, Suzanne engage Maria, la nièce de Conception, qui habite dans une chambre de bonne aménagée au sixième étage de leur immeuble. Très vite, et avec l’aide de ses amies espagnoles, Maria va s’imposer comme une perle indispensable à la bonne tenue de la maisonnée.

Avec Les femmes du sixième étage, on est en présence d‘un film français de bonne tenue, qui est avant tout porté par ses acteurs, en l’occurrence surtout ses actrices. Il faut noter en particulier la performance étonnante de Sandrine Kiberlain dans un rôle à contre emploi qu’elle maîtrise à la perfection. Elle assume pleinement la démesure de son personnage et se fond entièrement dedans, contrairement à un Fabrice Lucchini qui a tendance à en faire un peu trop et à imposer sa patte.

Signalons également une belle brochette d’actrices espagnoles toutes formidables, à commencer par Carmen Maura. Le ton est léger, on rit parfois de bon cœur et l’ambiance de l’époque est assez bien reconstituée. On sent bien ce qu‘a voulu faire Philippe Le Guay avec Les femmes du sixième étage. Montrer un France pré-soixante-huitarde, ou tout du moins une frange de sa population, à savoir les grands bourgeois parisiens. La satire est parfois mordante, souvent juste, mais frise également de temps en temps le ridicule.

Certains des personnages sont outrageusement caricaturés (ces deux nazis gosses sont des têtes à claques insupportables) et deux ou trois surenchères démagogiques plombent le récit. Celui-ci souffre également du traitement apporté par le réalisateur à une intrigue secondaire dont on voit bien qu’il veut donner de l’importance et ça ne prend pas : l’histoire d’amour qui est ainsi mise en valeur n’est pas crédible et Les femmes du sixième étage aurait mérité de s’en passer. Pour le reste, on passe un bon moment, sans doute assez vite oublié.


Ma note : **

Les femmes du sixième étage (2010) Philippe Le Guay
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commentaires

D&D 02/05/2011 03:43


Je crois que je vois le film un peu comme toi, à part pour Luchini que je trouve également excellent. Mais c'est intéressant cette idée de "cul entre deux chaises" que tu pointes. Je comprends bien
que le film marche et qu'il ne fâche pas grand monde, je n'arrive en revanche pas du tout à voir pour l'instant ce qui serait un tant soit eu remarquable...


Neil 02/05/2011 21:51



Remarquable je ne sais pas... peut-être sa simplicité dans l'humour, dont on a besoin (surtout en ce moment)



dasola 05/03/2011 20:52


Bonsoir, pour me remettre de Black Swan, aller voir Les femmes du 6ème étage fut bienvenu. J'en redemande des films comme celui-ci. Bonne soirée.


Neil 07/03/2011 21:58



Ah c'est sûr que c'est pas la même ambiance. Le film est assez agréable à regarder. Bonne soirée, Dasola.



Christophe 01/03/2011 22:56


Le genre de film que je vais voir un peu à reculons, car avec un tel sujet le risque est grand de tomber soit dans la caricature, soit dans un sentimentalisme facile, voire les deux. Et force est
de constater que Philippe Le Guay n’évite pas complètement ces pièges, alignant quelques clichés sur la France de l’époque, sur les univers qu’il dépeint, opposant avec une complaisance un brin
démagogique la chaleur d’un milieu populaire à l’esprit étriqué d’une bourgeoisie amidonnée. Et comme il se doit, la seconde (du moins Jean-Louis) se laissera finalement gagné par la simplicité et
la joie de vivre du premier.

Pourtant, au fil des minutes, ma réticence est peu à peu tombée, en sorte que je me suis laissé prendre par cette comédie charmante, traitée avec sincérité, et qui par instant m’a fait pensé -toute
proportion gardée, bien sûr !- à La règle du jeu. Il faut dire que cette fable est portée par d’excellents interprètes. Fabrice Luchini, dans un registre plus sobre que d’habitude, est au diapason
de son personnage. Tout comme les actrices espagnoles, en tête desquelles on peut citer Natalia Verbeke, craquante, ou Nuria Solé (Teresa), qui, avec sa perruque blonde, m'a rappelé Magdalena
Rivero (Penélope Cruz), l’héroïne d’Etreintes brisées, d’Almodóvar.

Après Poupoupidou et Angèle et Tony, le cinéma hexagonal nous offre donc une nouvelle jolie surprise. Presque trop beau pour être vrai…


Neil 02/03/2011 09:44



J'y allais aussi un peu à reculons mais finalement c'était une bonne surprise.



Pyrausta 25/02/2011 09:34


avec legerete certains sujets sont abordes et c'est ce qui donne au film un peu l'aplomb dont il a besoin.Tres bien interprete (contrairement à toi,je pense que Lucchini est plutot soft) c'est un
bon moment où l'on peut oublier les laideurs de l'existence grace à l'humour.
l'histoire d'amour..pas tres credible c'est vrai mais c'est mignon.Quant aux 2 gamins,2 vraies têtes à claques,un peu stéréotypés, mais est ce si peu??Perso j'en ai connus "en vrai" et
malheureusement..il n' y a pas mal de ressemblances...


Neil 26/02/2011 11:03



J'en ai connu aussi quelques uns mais là je trouve que les gamins sont mal dirigés. Enfin ce n'est qu'un détail, le film est globalement très sympa.



Phil Siné 23/02/2011 13:27


j'ai trouvé ça sympa aussi, mais le fond politique m'a paru pas assez développé... et l'histoire d'amour ne m'a pas convaincu moi non plus !


Neil 23/02/2011 15:44



Exactement : on ne s'aventure pas beaucoup au niveau de l'engagement politique. Mais il est sympa, globalement.



Squizzz 22/02/2011 23:20


Je l'ai vu y'a déjà un petit moment, et j'en garde encore un bon souvenir (je ne l'ai pas oublié, ce qui est bon signe !). Une comédie sympathique, qui je pense n'avait pas de grosses ambitions
satirique, mais plus de retranscrire les mœurs d'une époque et d'un milieu. Le Guay connaît ses limites, contrairement à certains réalisateurs. Par contre, je trouve que le film joue plutôt par
rapport à la moyenne des films de ce genre. Mais je te rejoins totalement sur l'histoire d'amour, sans intérêt et surréaliste. Elle aurait du être à sens unique.
Sandrine Kiberlain est effectivement surprenante, mais j'ai aussi bien aimé Lucchini, dans un rôle plus à son image, il est vrai.


Neil 23/02/2011 15:43



Oui, le film retranscrit bien l'époque, et il est globalement au-dessus de la moyenne.



Franka 22/02/2011 08:52


D'accord avec les deux têtes à claque, ces gosses jouent mal (ou sont mal dirigés) , c'est insupportable... mais pour le reste, j'ai touvé ce film décalé très réjouissant. Entrée dans la salle un
peu par hasard pour des questions d'horaire, j'en suis sortie toute pimpante ...


Neil 22/02/2011 17:11



Oui je les aurais baffé ces mioches... Sinon effectivement c'est un film plaisant, sans plus mais c'est déjà ça.



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