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Les parapluies de Cherbourg (1963) Jacques Demy

par Neil 10 Juillet 2013, 05:55 1960's

Parapluies CherbourgFiche technique
Film français
Date de sortie : 19 février 1964
Durée : 1h31
Genre : amour contrarié
Scénario : Jacques Demy
Image : Jean Rabier
Musique : Michel Legrand
Avec Catherine Deneuve (Geneviève Emery), Nino Castelnuovo (Guy Foucher), Anne Vernon (Madame Emery), Marc Michel (Roland Cassard), Ellen Farner (Madeleine), Jean Champion (Aubin)..

Résumé
: Madame Emery et sa fille Geneviève tiennent une boutique de parapluies. La jeune femme est amoureuse de Guy, un garagiste. Mais celui-ci part pour la guerre d'Algérie. Enceinte et poussée par sa mère, Geneviève épouse Roland, un riche bijoutier. (allocine)

Mon avis
: comment réenchanter le monde

À sa sortie, Les parapluies de Cherbourg fut salué par la critique internationale, décrochant la Palme d'or au festival de Cannes. Et pourtant le film n'était pas gagné d'avance : les producteurs, frileux, contraignent Jacques Demy alors qu'il le prépare, à tourner d'abord un autre film qui sera La baie des anges. Car le long-métrage que prépare le réalisateur de Lola est atypique dans le paysage cinématographique français : non seulement c'est une comédie musicale mais qui plus est il est entièrement chanté, et ne contient donc aucun dialogue parlé. Il évoque de plus un événement tabou de l'époque, la guerre d'Algérie, même si elle ne fait que partie du contexte. On peut ajouter à cela que la vedette du film est Catherine Deneuve et qu'à l'époque elle n'était pas encore très connue du grand public. Au final, le film fut un succès aussi bien critique que public.

Heureux de travailler dans son garage, Guy est particulièrement en joie puisque ce soir il emmène sa fiancée Geneviève Emery voir Carmen à l'opéra. La jeune fille travaille avec sa mère, propriétaire d'un magasin de parapluies, et elle passe ses journées à se languir de son amoureux. Les deux tourtereaux passent une soirée magique et se promettent chacun l'amour éternel avant de se quitter. Le lendemain, Geneviève avoue à sa mère qu'elle n'a pas passé la soirée avec une amie, qu'elle aime Guy et qu'elle veut l'épouser. Cette nouvelle effraye Mme Emery, qui considère sa fille trop jeune pour se marier, et elle tente de la raisonner, lui faisant comprendre qu'elle ne connaît rien à l'amour et qu'elle ne sait pas ce qu'elle fait. D'autres soucis l'accablent d'ailleurs puisqu'elle a reçu une lettre lui enjoignant de payer ses dettes, ce dont elle n'a pas les moyens.

En fait Les parapluies de Cherbourg concrétisent un peu le rêve de tout film français que l'on peut voir sur les écrans. Car a priori le film ne raconte pas grand chose, juste une histoire simple comme dirait Claude Sautet. La mention de ce réalisateur n'est pas anodine tant il possède avec Jacques Demy un talent rare, celui d'apporter de l'ampleur à des histoires que l'on trouverait banales chez d'autres cinéastes. Ici les sentiments sont exacerbés, les couleurs sont saturés, nous sommes en présence d'un grand cinéma, qui s'assume et revendique son genre. Car rares sont les mélodrames français qui portent bien leur nom : Jacques Demy avait pour devise, en parlant des spectateurs « faites-les rire, faites-les pleurer », et c'est exactement ce qui se passe. Nous nous emballons pour les émois de Geneviève et de Guy, nous vivons avec eux leurs troubles et leurs malheurs.

Des malheurs et des mésaventures il y en a dans Les parapluies de Cherbourg. Le film est admirablement rythmé par les aventures de ses protagonistes et chaque scène apporte son lot de nouvelles, bonnes ou mauvaises. Il est également cadencé par les chansons de Michel Legrand, très entraînantes à l'image du célèbre Je t'attendrai. Mais la direction artistique ne s'arrête pas là, et les couleurs chatoyantes du film sont un plaisir des yeux : quand on pense que c'est le premier film colorisé de Jacques Demy, c'est assez impressionnant. L'interprétation de Catherine Deneuve ne fait que parachever la réussite, son innocence et son charme apportent une touche de fraîcheur indéniable qui nous font croire en son personnage dès le début. L'émotion nous étreint ainsi tout du long et l'on aimerait rester longtemps avec ces amoureux déçus.

Ma note : ****

Phil Siné
est également enthousiaste

commentaires

D&D 08/08/2013 00:43


Moi non plus, je ne résiste pas. La première fois que je l'ai vu, et c'était assez tard, je me suis vraiment pris une grosse grosse claque. C'est quand même hallucinant l'audace de ce film ! Je
suis pas sûr que les producteurs qui seraient aujourd'hui prêts à tenter des aventures hors-normes comme celle-là a pu l'être (et le reste) trouveraient maintenant assez d'argent pour le faire.
Je crains vraiment que non. 


Et par ailleurs, je trouve aussi que c'est une réussite totale, sur tous les plans, c'est juste dingue :-)))

Neil 14/08/2013 11:52



Je l'ai découvert également sur le tard (enfin là quoi :) ). Une vraie pépite, réjouissante et hors-norme, comme tu le dis.



Wilyrah 14/07/2013 11:25


Je l'ai vu en entier pour la première fois il y a quelques jours. Ton article tombe donc à pique. Je n'aurais pas dit mieux. 

Neil 21/07/2013 13:31



La ressortie du film permet de le redécouvrir, et c'est une très bonne chose



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