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Les rencontres d’après minuit (2013) Yann Gonzalez

par Neil 22 Octobre 2013, 05:31 Avant-Première

Rencontres_Minuit.jpgFiche technique
Film français
Date de sortie : 13 novembre 2013
Durée : 1h32
Genre : partouze bavarde
Scénario : Yann Gonzalez
Image : Simon Beaufils
Musique : M83
Avec Niels Schneider (Matthias), Kate Moran (Ali), Nicolas Maury (Udo), Fabienne Babe (La star), Éric Cantona (L’étalon), Julie Brémond (La chienne)...

Résumé : au cœur de la nuit, un jeune couple et leur gouvernante travestie préparent une orgie. Sont attendus La Chienne, La Star, L’étalon et L’Adolescent.

Mon avis : la chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres

Le premier long-métrage de Yann Gonzalez, Les rencontres d’après minuit, fut présenté en mai 2013 à la Semaine de la critique du festival de Cannes. Le pitch du film ainsi que son casting hétéroclite, où figurent aussi bien Éric Cantona que Béatrice Dalle, Fabienne Babe et Niels Schneider, lui assurent alors une réputation de « film à voir » que les premières projections ne tardent pas à confirmer. Il faut dire que le réalisateur, journaliste de formation, n’en est pas à ses premières armes : plusieurs de ses court-métrages avaient déjà été sélectionnés à la Quinzaine des réalisateurs. Au moment d’écrire le scénario de ce premier long-métrage, Yann Gonzalez était plongé dans la lecture de la romancière lesbienne des années 1920 Mireille Havet, à qui il a emprunté pour son titre le nom d’un de ses livre non publié.

Dans un bois, une jeune femme qui tente de réanimer son compagnon inanimé fait appel à sa gouvernante, un travesti prénommé Udo, de le branler. Matthias émerge et tous les trois retournent dans leur appartement où ils attendent des invités. Udo est particulièrement excité à l’idée de participer à une nouvelle orgie en présence d’inconnus, tandis que Matthias commence à éprouver de la lassitude. Il demande à sa compagne Ali si elle l’aime toujours malgré tous ces corps échangés de soir en soir. Ali le rassure et chacun se prépare à la soirée, qui en se maquillant un peu plus, qui en mettant de la musique ou en préparant des cocktails. La sonnette retentit et la première invitée arrive : il s’agit de La Chienne, une jeune femme visiblement en grande forme qui attend beaucoup de cette débauche à venir.

Étrange objet que ces Rencontres d’après minuit, où se mêlent psychanalyse et fantastique, crudité et poésie. Ici le sexe est tout autant fantasmé, sublimé qu’ardemment désiré. Les sept personnages que l’on croise ne sont là que pour une seule chose, et pourtant ils vont se livrer bien plus qu’ils ne l’auraient imaginé. Chacun représente un cliché mais ils ont tous une profondeur toute autre. Ce qui les rejoint c’est cette fêlure qui les fait rechercher ce plaisir charnel, par addiction ou par nécessité. Tour à tour, ils et elles vont s’exhiber non pas physiquement, même si l’on ne manque pas de voir la bite de l’étalon - une prothèse fièrement portée par un Éric Cantona en verve -, mais moralement. Car c’est par la parole qu’ils et elles mettront leur âme à nu, sans obscénité aucune, et tenteront de panser leurs plaies communes.

Le dispositif théâtral des Rencontres d’après minuit se fait donc – parfois lourdement – ressentir. Plus par manque de moyens qu’autre chose, Yann Gonzalez assume avoir essayé de tirer partie de cet artifice, intégrant quelques références cinématographiques qui ont bercées son enfance. Les séquences oniriques ou de flashbacks sont toutefois particulièrement bien réussies, il s’y dégage une poésie parfois surréaliste non dénuée de charme. Chaque interprète a l’occasion de faire une belle prestation, et l’on retient tout particulièrement Nicolas Maury, absolument divin-e et Fabienne Babe qu’on avait malheureusement presque oubliée. Le tout est saupoudré d’humour, certaines répliques étant assez mémorables, et emprunt d’une délicatesse qui nous cueille au moment où l’on ne s’y attend pas.

Ma note : ***

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