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Ligne d'eau (2014) Tomasz Wasilewski

par Neil 8 Avril 2014, 05:17 Avant-Première

Ligne_Eau.jpgFiche technique
Film polonais
Titre original : Płynące wieżowce
Date de sortie : 14 mai 2014
Durée : 1h25
Genre : homosexualité mal assumée
Scénario : Tomasz Wasilewski
Image : Kuba Kijowski
Musique : Baasch
Avec Mateusz Banasiuk (Kuba), Marta Nieradkiewicz (Sylwia), Bartosz Gelner (Michal), Katarzyna Herman (Ewa), Miroslaw Zbrojewicz (Jacek), Izabela Kuna (Krystyna)...

Résumé
: Kuba, jeune homme sportif, semble promis à un brillant avenir. Il s'entraîne intensivement pour devenir champion de natation. Mais entre les compétitions, sa petite amie et sa mère possessive chez qui il vit toujours, il se sent prisonnier. Un soir il rencontre Michal, un garçon à la beauté troublante qui le fascine instantanément.

Mon avis
: désirs contrariés et emprise maternelle

Deuxième long-métrage de son réalisateur, Ligne d'eau s'inscrit dans le renouveau du cinéma polonais. On ne connaît pas bien en France In a bedroom, le premier film de Tomasz Wasilewski. Celui-ci, qui y commence tout juste à être programmé dans certaines séances spéciales, a pourtant été le film polonais le plus présent dans les festivals internationaux l'année de sa sortie (dixit le dossier de presse). Récemment est sorti en salles Aime et fais ce que tu veux, de la réalisatrice de Elles, une amie du cinéaste, et qui combinait homosexualité et religion dans un pays hautement catholique. On pense également à Ida, qui a connu un joli succès critique en France, même si Pawel Pawlikovsky n'est pas ce qu'on pourrait appeler un « jeune réalisateur », tout comme Agnieszka Holland, mais ils sont toujours là.

Sportif émérite, Kuba s'entraîne ardemment pour devenir champion de natation. Il retrouve sa petite amie Sylwia à la sortie de l’entraînement et vont ensemble à un vernissage où le jeune homme ne se sent pas vraiment à l'aise. Sortant fumer un joint, il rencontre un garçon qui lui demande si il peut en prendre quelques taffes, sous le regard courroucé de Sylwia. Il rentrent chez eux et Kuba a du mal à dormir ; il rejoint sa mère, Ewa, dans une autre pièce, qui regarde un film à la télévision. Le lendemain matin, celle-ci s'énerve parce que Sylwia prend tout son temps dans la salle de bain. Ewa ne tarde pas à dire à son fils qu'elle aimerait bien ne pas avoir la jeune femme sous son toit, mais Sylwia n'a pas les moyens de se prendre un appartement et Kuba a envie de vivre avec elle.

Les deux parties de Ligne d'eau ne sont équilibrées. Le début nous dépeint de façon assez laborieuse le quotidien de Kuba La mise en place du récit est fastidieuse et on se demande ce que veut bien exprimer le metteur en scène. On s'ennuie vaguement devant ces scènes déjà vues dans beaucoup de films étiquetés LGBT, entre les garçons tout nus sous la douche et les scènes où Kuba se fait sucer dans les toilettes, son visage en gros plan exprimant la jouissance avant qu'il ne rejette son partenaire lorsque celui-ci veut l'embrasser. Et puis au détour d'un dialogue anodin on apprend une donnée essentielle sur l'un des personnages principaux. Petit à petit, se tissent des relations plus compliquées qu'elles n'en avaient l'air au premier abord et l'on comprend mieux quel est le propos du film, beaucoup plus sombre qu'il n'y paraissait.

Et Ligne d'eau de nous dépeindre une Pologne conservative, malheureusement à l'image des clichés que l'on pouvait se faire. Ce n'est pas ici la religion qui domine mais nous avons l'aperçu d'une société matriarcale saisissante. À l'image d'un Mère et fils qui se déroulait à quelques encablures de là, on assiste à des rapports filiaux confondants, où la pauvreté ne fait que renforcer l'emprise d'une mère sur son fils. Celui-ci se voit contraint de renier sa personnalité dans une société polonaise où l'homophobie semble malheureusement bien présente. La force du propos relève un peu la mise en scène du film, assez plate, et l'interprétation des acteurs et des actrices, en particulier celle de la mère, fausse tout au long du film. On pourra cela dit apprécier la conclusion de ce long-métrage, particulièrement bien faite, et qui nous laisse pantois.


Ma note : **

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