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Ma part du gâteau (2010) Cédric Klapisch

par Neil 1 Avril 2011, 05:35 2010's

Fiche technique
Film français
Date de sortie : 16 mars 2011
Genre : antagonisme manichéen
Durée : 1h49
Scénario : Cédric Klapisch
Image : Christophe Beaucarne
Musique : Christophe Minck
Avec Karine Viard (France), Gille Lellouche (Steve), Audrey Lamy (Josy), Jean-Pierre Martins (JP), Raphaëlle Godin (Mélody), Zinedine Soualem (Ahmed)…

Synopsis : France, ouvrière, vit dans le nord de la France, à Dunkerque avec ses trois filles. Son ancienne usine a fermé et tous ses collègues se retrouvent comme elle au chômage. Elle décide de partir à Paris pour trouver un nouveau travail. Elle va trouver un stage pour devenir femme de ménage. (allocine)

Mon avis : Chéri, j’ai rétréci les conflits sociaux

La tentation sociale gagne tôt ou tard une bonne partie des metteurs en scène français. C’est une caractéristique bien de chez nous, et que ne dément pas Ma part du gâteau. D’ailleurs Cédric Klapisch a souvent incorporé à ses films quelques petites références sociales plus ou moins bien senties, et qui s’intégraient généralement à ses scenarii. Ici la volonté est claire de vouloir faire avec cet essai sur la crise financière une parabole de la société française actuelle. Le personnage féminin, qui s’appelle France, travaille au début du film dans une usine de Dunkerque. On l’oppose à Steve qui a travaillé comme trader à Londres. Elle est pauvre, lui riche :  n’en jetez plus, on a compris le message.

Alors que sa fille fête son anniversaire, France avale des comprimés et tente de se suicider. Il faut dire qu’elle vient de se faire virer de son usine de Dunkerque et ne sait pas comment elle va rebondir. Rentrée de l’hôpital, elle essaye de garder quelques enfants mais se rend vite compte qu’il lui faut passer à la vitesse supérieure. Sur les recommandations d’un jeune du quartier, elle part à Paris pour suivre une formation de femme de ménage. Là elle se met à travailler pour Steve, trader qui vient de rentrer de Londres et habite dans un somptueux appartement. On lui a promis que si d’ici un an il a réussi à monter une structure sur place, il pourra revenir en Angleterre et prendre une place de dirigeant.

C‘est un manque total de finesse qui caractérise le plus Ma part du gâteau. Absolument tout dans ce film est caricatural, c’en est même à se demander si Cédric Klapisch ne l’a pas fait exprès. La lutte des classes est non seulement grossière mais aussi totalement virtuelle : on veut bien que le cinéma soit aussi là pour provoquer des situations qui ne pourraient pas arriver dans la vie, seulement là c’est complètement surréaliste. On pourrait dénombrer le nombre de détails du film qui ne sont pas crédibles tandis que les autres sont soit inutiles soit lourds.

On voit venir des situations grosses comme une maison et on est effarés devant des personnages transparents et dont l’absence d’épaisseur empêche tout mouvement d’empathie, encore moins d’identification du spectateur. Les acteurs de Ma part du gâteau ne sont pas à blâmer : Karine Viard a beau se dépêtrer elle n’arrive pas à donner un semblant de chair à cette pauvre France qui en fait beaucoup mais n’existe pas vraiment. Le message est clair, et cette fin absolument lamentable ne fait que l’appuyer lourdement.

Il y a les gentils et les méchants, mais les méchants ont peut-être un peu d’humanité et puis les gentils quelque part il rêvent un peu d’être méchants. Euh, oui, certes, c’est pas faux. Et ce manichéisme bon enfant dégouline dans toutes les scènes de Ma part du gâteau. Même les scènes comiques (qui font rire la salle, on l’accorde au réalisateur) glacent d’effroi quand elle tentaient de s’attaquer à des stéréotypes en ne faisant que les renforcer. Il ne reste donc pas grand-chose à sauver de ce gâteau indigeste et de surcroit sans grande saveur.


Ma note : °

Ma part du gâteau (2010) Cédric Klapisch
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commentaires

Squizzz 03/04/2011 14:42


Le côté too much de la fin est assumé par Klapisch, avec ce basculement dans l'illégalité du personnage de Karin Viard, à bout. C'est un rapprochement avec les séquestrations de patron qui se sont
multipliées ces dernières années. Après c'est pas forcément fait avec délicatesse, et c'est amplifié pour faire plus cinématographique, mais l'idée de base est là. Quant à l'image du trader, que
j'ai trouvée très caricatural en regardant le film, Lellouche et Klapisch ont affirmé après la projo en avoir pourtant lissé les traits par rapport à la réalité. Je connais pas de trader, donc je
peux pas dire où est la vérité !


Neil 03/04/2011 18:19



Je comprends bien l'idée de Klapisch, mais il ne va même pas au bout : cette image finale est pour moi horrible moralement. Elle sous-entend une bassesse de la nature humaine, alors même
que le réalisateur, ne nous présentant que ce contre-champ, fait mine de ne pas juger. Au contraire, je le trouve assez condescendant envers ses personnages...



Jérémy 03/04/2011 13:18


Je te trouve trop sévère ! :b
Même si les maladresses du film semblent évidentes, 'Ma Part du gâteau' reste pour moi une chronique sociale assez honnête...


Neil 03/04/2011 18:15



Dans les chroniques sociales, je trouve comme le dit Franka que les cinéastes anglais abordent les questions avec beaucoup plus de finesse...
Mais je ne suis pas un anti-Klapisch, dont certains films me paraissent très intéressants (Paris en particulier).



Franka 03/04/2011 12:30


Franchement, moi je n'ai vraiment pas adhéré à la fin .
Le côté hooligan "couteau entre les dents" des ouvriers licenciés décidés à se faire justice (?)eux-mêmes par la mise à mort (ou au moins peut-on envisager un sévère tabassage) du responsable me
choque autant que le cynisme odieux et invraisemblable du trader qui se vante sans vergogne auprès de la femme avec qui il vient de coucher d'être celui qui a mis tous ses collègues sur le
carreau.
Rien ne tient debout là-dedans. Tout est grotesque, nous sommes si loin , si loin, des merveilleux et délicats (et pourtant si justement cruels, eux) films britanniques sur la crise et les
licenciements dans les villes sinistrées du nord de l'Angleterre.
Seule touche de vraisemblance un peu touchante : le pétage de plomb de France /Karin Viard, fragilisée et sur le fil du rasoir (suicide du début) , qu'un choc de trop fait basculer dans la folie
(enlèvement du gamin + sourire du plan final pour le cas où on n'aurait pas compris ).


Neil 03/04/2011 18:13



Je suis d'accord avec toi sur cette fin que je trouve ridicule, et je suis encore plus "méchant" : elle est pour moi à l'image de tout le film, outrancière et peu réaliste.
Je n'adhère même pas à la détresse du personnage de France : on part au début du postulat selon lequel elle est en grave dépression, et puis cet aspect là est complètement gommé. Les deux
personnages ont je trouve trop peu d'épaisseur, je ne suis pas arrivé à éprouver de la sympathie ou de l'empathie pour eux.



Squizzz 03/04/2011 12:01


Je suis d'accord sur le côté caricatural de tout le début du film, et le côté mille fois vu du choc des cultures, mais la fin se détache justement de ça (pas de happy end), et ouvre au débat là où
tout le reste du film l'avait laissé en retrait à trop faire dans le cliché.


Neil 03/04/2011 18:09



Il n'y a pas de happy end au sens de la comédie romantique, et effectivement c'est une des choses à mettre au crédit de Klapisch. Mais sa fin ne me convainct pas non plus.



Franka 03/04/2011 10:38


Bon moi j'ai passé un moment bizarre, faut dire que ma fille a servi (parmi d'autres) de conseiller technique sur le film.
Donc j'étais intéressée. Parfois j'ai ri, le plus souvent j'avais envie de bondir, et évidemment j'ai trouvé ça odieusement caricatural.
Sans parler que la fin lourdingue qui met grave mal à l'aise.
Mon commentaire : rendez-nous le vrai Klapish !


Neil 03/04/2011 18:08



Il faut dire  en plus que moi je n'ai pas ri pendant le film. Les moments où la salle riait m'ont rendu mal à l'aise, nottament la scène où Karine Viard fait sa formation et qu'elle prend
l'accent d'une fille de l'est.
Et j'avais oublié que J. avait été conseillère technique sur le film : je pense voir en particulier la scène où ses conseils ont dû être particulièrement utiles.



Wilyrah 02/04/2011 14:53


Que tu es sévère !

Tu as changé de système de notation ?


Neil 02/04/2011 22:20



Je n'ai vraiment pas aimé le film...
Oui j'ai modifié la façon dont je publie mes notes, je trouvais ça plus lisible et plus facile.



dasola 01/04/2011 19:59


Bonsoir Neil, bien que j'aime beaucoup Karin Viard, pas tentée pour ce film en particulier et je trouve les sorties récentes peu marquantes. Et en plus, j'ai d'autres préoccupations: j'ai déménagé
et donc très occupée. Bonne soirée.


Neil 01/04/2011 22:38



Les sorties récentes ne sont pas extraordinairement intéressantes. Donc je comprends tout à fait qu'avec de telles occupations tu ailles moins au cinéma. Bonne soirée



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