Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Maurice (1987) James Ivory

par Neil 24 Septembre 2013, 05:44 1980's

Maurice.jpgFiche technique
Film britannique
Date de sortie : 9 décembre 1987
Durée : 2h20
Genre : amours interdites

Scénario : Kit Hesketh-Harvey, d'après l’œuvre d'Edward Morgan Forster
Image : Pierre Lhomme
Musique : Richard Robbins

Avec James Wilby (Maurice Hall), Hugh Grant (Clive Durham), Rupert Graves (Alec Scudder), Mark Tandy (Risley), Ben Kingsley (Lasker-Jones), Denholm Elliott (Le docteur Barry)..

Résumé
: quelques années avant la Première guerre mondiale, la découverte par un jeune bourgeois londonien, intelligent et sensible, Maurice, de ses affinités particulières avec un être de son sexe, Clive. Les tourments et les luttes qui en découlent dans une société victorienne et enfin la victoire de pouvoir assumer en toute honnêteté sa différence.

Mon avis
: inclinations scandaleuses et désirs assumés

Vers la moitié des années 1980, James Ivory s'est attelé à l'adaptation cinématographique de plusieurs romans d'E.M. Forster, dont Maurice. Juste auparavant figurait en bonne place Chambre avec vue, qui obtint l'Oscar de la meilleure adaptation, tout comme un peu plus tard Retour à Howard's end, celui-ci ayant en prime un Oscar pour Emma Thompson. En l’occurrence Maurice ne fut publié qu'à titre posthume, son caractère autobiographique étant par trop sulfureux pour l'époque où il fut écrit. Il faut dire que Forster était un homosexuel assumé, qui tomba amoureux d'un jeune égyptien de dix-sept ans, d'une classe sociale inférieure à la sienne. Éduqué à Cambridge, il ne cessa dans ses écrits de promouvoir la diversité sociale et ses convictions d'humaniste laïc.

Un groupe d'élèves jouent au cerf-volant sur une plage tandis que leur professeur prend à part Maurice, l'un d'entre-eux. Il juge nécessaire de l'entretenir au sujet des troubles qui vont bientôt l'animer et de son corps qui va changer. Il en vient même à dessiner sur le sable un schéma, que les parents d'une famille bourgeoise aperçoivent et s'en offusquent. Quelques années plus tard, Maurice se retrouve étudiant à l'université de Cambridge et se lie d'amitié avec un groupe de jeunes gens, dont plus particulièrement Risley et Clive. Faisant de plus en plus connaissance avec ce dernier, il se découvre une attirance avec le jeune homme, qui s'avère très vite réciproque. Clive développe alors toute un discours selon lequel leur amour ne peut être que platonique, et par là-même atteindre la perfection.

A priori, on ne peut considérer plus classique que Maurice : adaptation d'un écrivain britannique du début du XXème siècle, costumes et décors d'époque sont de mise. Mais regardons de plus près ce qu'il nous raconte, à savoir le passage à l'âge adulte d'un anglais « de bonne famille » qui se découvre des attirances homosexuelles. Ne nous emballons pas, ce n'est pas non plus un portrait de débauché que nous dépeignent Forster et Ivory, simplement celui d'un jeune homme qui tombe amoureux de garçons. Et l'on voit bien, avec le personnage de Risley, qui se voit condamné pour outrage aux bonnes mœurs, que cette attitude ne plaît pas aux canons de la société de l'époque. Reste que le côté sulfureux reste présent, ajouté par le fait que le héros sera attiré par un garçon d'écurie, ce qui est peut-être encore plus outrageant.

Mais ce que l'on retient de Maurice c'est encore plus la douceur avec laquelle James Ivory traite ses personnages et la sensualité avec laquelle il décrit ces histoires d'amour. La photographie de Pierre Lhomme n'y est pas étrangère, lui qui travailla pour certains des plus grands noms du cinéma français, dont Jean-Paul Rappeneau et un certain Patrice Chéreau. Les corps masculins sont ici mis en valeur tandis qu'en apparence les conventions sociales empêchent tout débordement public d'affection. Nous retrouvons avec plaisir un Hugh Grant en début de carrière incarnant parfaitement les contradiction d'un personnage au final assez tragique tandis que James Wilby, que l'on pourra retrouver notamment dans Gosford park, trouve ici l'un des rôles les plus marquants de sa carrière.

Ma note : ***

commentaires

Marcozeblog 09/10/2013 18:23


Purée, ce que j'avais aimé ce film quand je l'avais découvert à une époque où voir un film de ce genre était une rareté attendue. Je crois me souvenir que non seulement cela ne se faisait pas,
mais surtout les jeunes gens en question risquait gros dans l'Angleterre victorienne ou post-victorienne. Bien à toi.

Neil 12/10/2013 11:21



Moi je n'avais jamais vu jusqu'à maintenant. C'est vrai que le message du film est fort, et qui plus est bien amené. Les acteurs sont en particuliers très bons. Bien à toi.



D&D 01/10/2013 13:40


Je me souviens davantage de Wilby dans Howards End qui doit être le Ivory que je préfère. J'ai essentiellement oublié Maurice, je me rappelle vaguement de Rupert Graves que j'ai
l'impression de n'avoir presque jamais revu depuis. Peut-être à revoir, à l'occase...

Neil 01/10/2013 14:12



C'est vrai que Rupert Graves s'est fait relativement discret depuis quelques temps. Quant à mon Ivory préféré... il faudrait que je le revoie mais j'avais été fort impressionné
par Les vestiges du jour.



Eeguab 25/09/2013 07:49


Pour moi, toute la trilogie Ivory-Forster est admirable de bout en bout.Bonne journée.

Neil 25/09/2013 15:24



Bonjour Eeguab, je suis tout à fait d'accord avec toi : ce sont trois films magnifiques, comme beaucoup de ceux réalisés par Ivory.



Haut de page